22/05/2017

Cannes 2017 : détournement de Godard

Redoutable.jpgLe Redoutable est un film qui veut se faire aimer. Et qui y parvient. A contrario, l'oeuvre de Godard, puisque c'est de lui qu'il est question dans ce film de Michel Hazanavicius tiré d'un roman d'Anne Wiazemsky, ne cherche pas spécialement à plaire. En clair, elle (en fait JLG) ne cherche pas vraiment un rapport avec un public qui ne lui préexiste pas forcément. Dans cette perspective, les démarches de l'un et de l'autre s'opposent. Mai 68 et la post Nouvelle Vague revus (mais pas corrigés, ou alors si peu) par un cinéaste féru de pastiches, de relectures de l'histoire du cinéma (globalement le muet avec The Artist, qui convoquait les fantômes de John Gilbert et de Clara Bow), de saynètes amusantes et en léger décalage avec la conformité de la reconstitution usuelle, suggèrent une proposition de cinéma en quête de complicité avec le public. L'humour qui en découle est réel, Louis Garrel drôle et paradoxalement crédible en Godard (là où l'écueuil guettait, ce que tout le monde attendait/craignait), le film est généreux en petites phrases, et assez iconoclaste avec le mythe, si tant est qu'on puisse parler de mythe à propos du réalisateur de Rolle, qui semble fulminer que Le Redoutable existe - mais encore une fois, les on dit... Tout cela forme un métrage plutôt sympa et inattendu, qui transforme en comédie un matériau qu'on aurait pu supposer plombé.


carré.jpgSinon, comme je n'ai pas envie de perdre mon temps à évoquer The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach (navet Netflix et punition pour ses abonnés présents ou futurs), je me contenterais de citer un autre film découvert ce jour en officiel, Carré 35 d'Eric Caravaca. Et d'évoquer ces images d'archives, parmi d'autres, dont des films super 8 des parents du réalisateur, qui cherche ici à percer le mystère autour d'une soeur née et morte avant sa naissance, images, donc, de propagande nazie montrant des enfants souffrant de différentes et horribles maladies. Du passé naît le malaise, et ce documentaire convoque une gamme suffisamment éclectique d'émotions pour qu'on puisse, à son propos, parler de réussite. Un distributeur suisse y prêtera-t-il attention? Ce n'est hélas pas gagné.

00:29 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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