06/08/2017

Locarno 2017: les vieux babouins du cinéma suisse

lucky.pngLocarno Festival, vendredi 4 août, jour 3

La majorité des festivaliers que je croise aujourd'hui n'étaient pas nés lorsque je vins à Locarno pour la première fois, il y a environ trente ans.  Tous ne prennent pas de selfies et la plupart sont sympas. En revanche, les vieux babouins du cinéma suisse qui m'ignoraient en ce temps-là continuent à tirer une tronche d'enterrement pas possible lorsque je les salue. Promis, l'an prochain, je lâche les noms.
En compétition, Lucky (photo 1) a ses adeptes. L'acteur John Carroll Lynch, passé derrière la caméra, y dirige Harry Dean Stanton et David Lynch (sans lien de parenté connu), invoquant fatalement et notamment les influences de Paris, Texas et de The Straight Story. La connivence film/spectateur se veut tout sauf fortuite, et je me demande si un paysan grincheux du Limousin ou du Gros-de-Vaud provoquerait semblable hilarité chez un public festivalier acquis à une cause dont il ignore tenants et aboutissants. Qu'importe, le film, arpentant un territoire connu, brigue prix et récompenses sans le proclamer. En aura-t-il? Je n'en ai cure, au fond.
La remarque pourrait valoir pour Wajib, de la Palestinienne Annemarie Jacir, qui installe un procédé filmique ayant fait ses preuves et consistant à placer ses deux personnages - père et fils - dans une voiture et de les suivre dans autant de visites nécessaires à la préparation d'un mariage. Film de mouvement et de paroles, fluide mais sans ampleur, ce Wajib multithématique évite la caricature et ses héros ne sont jamais schématiques. Ni passionnant ni déshonorant.
Sur la Piazza, on découvre la veille de sa remise de prix la performance inattendue d'un Mathieu Kassovitz en boxeur déchu (c'est un peu plus subtil que ça, mais c'est l'idée), dans Sparring (photo 2), premier long-métrage du comédien Samuel Jouy. Pari difficile, comme chaque fois avec le genre, de venir après tous les autres films de boxe en espérant proposer un regard nouveau. Le film peine à décoller, vers l'émotion ou la tragédie, et ne se risque pas davantage sur les sentiers du naturalisme.
De retour de la projection, fuyant comme quelques autres cette musique de kéké diffusée à pleins tubes devant le PalaCinema pour singer l'idée de la fête (Ibiza, dégage du Tessin!), je tombe en Piazza sur le nouvel opus d'Hélène Cattet et Bruno Forzani, Laissez bronzer les cadavres, futur film de l'année du mensuel Mad Movies. La première demi-heure m'achève et me permet au moins de réaliser que c'est tout sauf ma came.

sparring.jpg

17:24 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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