31/08/2017

Mostra de Venise 2017 : monstres amours

shape.pngLe secret n'était pas si bien gardé et la créature amphibienne qu'un laboratoire détient dans ses sous-sols en pleine guerre froide vite découverte par une jeune femme muette qui y travaille comme nettoyeuse. A partir de cette trame fantastique prometteuse, Guillermo Del Toro se balade et nous balade dans une sorte de voyage à travers les genres où rien de ce qui est attendu ne surgit, le récit s'amusant à déjouer des codes fictionnels de plus en plus mouvants. Il y a donc une part de folie dans un film extrêmement contrôlé et surtout bien plus intéressant que les pénibles tentatives minées de son auteur dans ces pataugeoires qu'étaient Crimson Peak ou Pacific Rim. Mélange d'horreur, de comédie musicale, de tragédie et de comédie, The Shape of Water répond parfaitement au paradoxe de son titre, "la forme de l'eau", puisque celle-ci n'en a aucune. C'est tout sauf informe, d'un formalisme redoutable, fort bien joué - Michael Shannon peut-il camper autre chose qu'un salaud? La réponse est non et c'est définitif -, et ça ne cherche surtout pas à être plus malin que ce que ça raconte. Aucune chance d'avoir le Lion d'or, on s'en doute.
insult2.jpgPlongée dans le film à sujet avec The Insult de Ziad Doueiri, dans lequel un mot mal placé - l'insulte du titre - vire pour ainsi dire à l'affaire d'état (soit au procès) entre un réfugié palestinien et un Libanais. Le cas d'école et le cirque médiatique qui l'accompagne permet à son metteur en scène de filer la parfaite métaphore politique et de recueillir des salves d'applaudissements lorsque se conclut son métrage, démonstration en trois actes dûment scénarisés qui bien sûr fit son effet. Oui, le cinéma sert aussi à évoquer ce qui va mal dans le monde, on le sait. Honorable et plus si affinités.
humanflow.pngMême chose ou presque avec Ai Weiwei et son documentaire fleuve sur les réfugiés, Human Flow. L'artiste chinois, figure majeure de l'art contemporain, d'ailleurs honoré à la Biennale de Venise en 1999, entreprend un voyage pour tenter de comprendre l'humanité actuelle et de s'interroger sur la valeur des droits humains. On transite par les quatre coins du monde, flot ininterrompu d'hommes en partance, succession de titres explicatifs, d'images magnifiques, beau travail quelquefois réalisé par des drones, récurrence de plans de son auteur au centre du monde et de son dispositif. Souvent fascinant, parfois discutable, en somme. Et trop long, les 2 heures 40 du film ne se justifiant absolument pas.

23:15 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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