17/01/2018

En 2017, je suis revenu aux sources du cinéma

Caligula.jpgLoin de moi l’idée de faire un bilan de l’année cinéma écoulée, c’est un exercice que je n’aime ni pratiquer ni lire, et surtout pas lorsqu’une année s’achève. Pas plus que je n’apprécie son complément, la prospective, trop spéculative pour présenter un réel intérêt. Je me contenterai donc ici, comme une page arrachée à ces agendas obsolètes que trop souvent nous jetions, avant qu'ils se numérisent, de rappeler que 2017 aura été marquée par mon désir de retourner - parce que les jours sont comptés, parce qu’on ne sait jamais, parce qu’etc - dans deux festivals qui me sont chers. Bologne et Pordenone. «Il cinema ritrovato» et «Le giornate del cinema muto». Trop amples pour être détaillées, les rétrospectives accueillies par chacune de ces manifestations sont majoritairement des découvertes. Films perdus, retrouvés, exhumés, restaurés, tirés de l’oubli, puis redonnés à un public. Il faudrait tout citer, saouler le lecteur avec des noms dont il ignore tout, étaler non pas une culture mais une liste de choses – en l’occurrence de films – vus, souvent même plus revus depuis 100 voire 120 ans. Il faudrait, oui, et je l’évoquerai d’ailleurs de temps en temps, comme une piqûre de rappel gratuite.

Pour ce billet, je ne citerai de Bologne que la splendeur presque baroque du Caligula d’Ugo Falena (1917), récemment ressorti des limbes, avec une Stacia (de) Napierkowska (ci-dessus) dont on peut enfin saisir l’impact sur les scènes et les écrans de ce temps-là. Sa danse y est sublime. Et de Pordenone, la découverte du seul film ayant survécu de ceux tournés par Anna Fougez, diva moins connue que d’autres comme Menichelli ou Borelli, soit Fiore selvaggio de Gustavo Serena (1921) (ci-dessous). Une présence dont on perçoit une sorte de mystère que le film retransmet de manière imparfaite, témoin impuissant d’un monde en déliquescence auquel les formes géométriques de Serena (le cinéaste fut le principal artisan de la gloire de Francesca Bertini) confèrent une élégance graphique qui est tout à fait symptomatique du muet italien des années 20, amorce de son chant du cygne et de la fin du divisme. A ce propos, savez-vous que plus de 90% de la production cinématographique mondiale, des débuts à nos jours, est totalement introuvable sur Internet ?

fougez.jpg

19:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"A ce propos, savez-vous que plus de 90% de la production cinématographique mondiale, des débuts à nos jours, est totalement introuvable sur Internet ?"

Mais quelle horreur !

Que font donc les cinémathèques ? Ne numérisent-elles pas ces perles dont l'obsolescence des supports est connue ? Ou ne disposent-elles pas des moyens de faire connaitre au grand public leurs trésors ?

Écrit par : Pierre Jenni | 17/01/2018

Les commentaires sont fermés.