15/02/2018

Berlinale 2018: chiens, stars et déchets

isledogs.jpgUn habitué des ouvertures de festival. Une fois à Cannes, avec Moonrise Kingdom. Deux fois à Berlin, avec The Grand Budapest Hotel, et cette année, avec Isle of Dogs. Wes Anderson, cinéaste pratique, auteur fonctionnel, censé plaire à d'exigeants publics festivaliers prompts à s'enfiévrer pour des panouilles gorgées de star. Isle of Dogs, second film d'animation du sieur Anderson, après un Fantastic Mr. Fox résolument passé inaperçu. Animation en volume pour film étrange, situé dans un Japon futuriste et au milieu de chiens formant communauté sur une île servant de déchetterie. Avec un gosse cherchant à récupérer son clébard, des références appuyées à Kurosawa et une espèce de délire fantaisiste un peu trop contrôlé pour être tout à fait honnête. Il y a de la métaphore et c'est brillant. Et surtout conscient de l'être. Et puis il y a des stars. Bill Murray, Jeff Goldblum, Edward Norton, Liev Schreiber, Scarlett Johansson, Greta Gerwig. Enfin, stars, on s'entend. Toutes alignées derrière le micro de voix off méticuleusement enregistrées en studio. Mixage parfait des graves et des aigus. Pas de révérbération. Oscar du meilleur son? Ce ne serait pas mérité. Le cinéaste appliqué et maître de son art, presque fier d'aboutir à une telle cohérence, pas loin de se prendre pour un artiste de l'ukiyo-e, a ouvert la Berlinale et sa compétition. Ouverture sans risques. Applaudissements, bonnes critiques. Escorté de vedettes qui font leur cinéma en conférence de presse, Anderson est finalement un bon élève. Mais au palmarès, il ne mérite pas même une mention.

23:31 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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