17/02/2018

Berlinale 2018: sans Huppert, rien ne va plus

eva_5985.jpegD'Eva, roman écrit par James Hadley Chase en 1945, Joseph Losey avait tiré un film en 1962. Il y avait Jeanne Moreau, Venise, des salles de jeux et Stanley Baker qu'on aimait détester. Sans relire le roman de Chase ni revoir le film de Losey, Benoit Jacquot nous en livre une nouvelle version, variation hédoniste sur le thème de la manipulation et de la séduction. Il y a Isabelle Huppert, Annecy, des salles de jeu et Gaspard Ulliel qu'on a malgré tout un peu de peine à détester. Affublée d'une perruque, très souvent, Huppert mène la danse et le film, qu'on le veuille ou non. Avec n'importe qui d'autre - et penser que Charlotte Gainsbourg avait été pressentie un temps pour le rôle me procure quelques frissons d'effroi -, le film se casserait totalement la gueule. Mais cet Eva tient la route. Ulliel demeure crédible et Huppert royale. Moyennement apprécié à la Berlinale, ce qui est généralement bon signe.


dovlatov.jpgDe Dovlatov Sergueï, ici joué par Milan Maric, on - c'est-à-dire "je" - ne savait rien, sans doute par paresse. Le nouveau film d'Alexey German Jr. se charge de combler cette lacune avec ce portrait en mouvement d'un écrivain russe exilé dont l'oeuvre revêt aujourd'hui une importance qui ne semble pas discutable. En mouvement, car Dovlatov est tout sauf statique et figé dans cette fiction qui se centre sur le début des années 70, décennie où l'écrivain sera systématiquement rejeté. En mouvement, car il ne s'agit jamais d'un biopic que ce film largement choral où le groupe supplante souvent l'individu dans des plans composites probablement hérités du père du cinéaste. De German Jr., Dovlatov est déjà le quatrième long-métrage. L'oeuvre commence à se dessiner. Ce film le confirme avec une outrance tenue et plaisante.

23:25 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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