05/05/2018

Ils nous ont quittés en mars 2018

assia.jpgDe ces deux personnalités suisses disparues en mars, les médias du pays n’ont guère parlé, trop occupés à on ne sait quelles babioles. L’Argovienne Lys Assia, morte à 94 ans, fut à la fois la première gagnante de l’Eurovision en 1956, et la seule Suissesse l’ayant réellement remporté, puisque Céline Dion, victorieuse pour notre drapeau en 1988, est plutôt Québécoise, comme chacun le sait. Après Refrain, le titre délicieusement suranné qui permit à Lys Assia d’accéder à un semblant d’immortalité, la chanteuse revint deux fois de suite tenter sa chance au concours. Elle termine huitième en 1957 et deuxième en 1958, derrière le Français André Claveau, alors doué pour faire dormir les téléspectatrices. Jusqu’en 1962, elle publie plusieurs disques et se produit aussi bien en Europe qu’en Amérique du Sud et au Japon. Puis elle passe à autre chose, vaque aux affaires de son mari. Mais les aléas de la vie seront rudes pour le couple. Un accident de voiture en 1995 coûte la vie à son époux et cloue Lys Assia pour quelques mois sur une chaise roulante. Au terme de ces malheurs, elle s’installe à Cannes et décide de reprendre sa carrière, tentant même à deux reprises, en 2012 et 2013, de représenter à nouveau son pays à l’Eurovision. Mais elle est éliminée lors des phases préliminaires.

dietrich.jpgLe Glarissois Erwin C. Dietrich, mort à 87 ans, fut à la fois un producteur et réalisateur unique et l’acquéreur de la société de distribution Elite-Film AG (fondée en 1928), devenue aujourd’hui Ascot Elite, premier distributeur indépendant de Suisse. D’abord acteur, puis scénariste, il montre son appétence pour le cinéma d’exploitation érotique dès le début des années 60. Comme producteur, sa filmographie est impossible à détailler, tant les titres s’y télescopent dans un joyeux délire où les pseudonymes en recouvrent parfois d’autres, cachant des montages financiers plus ténébreux que la conjecture de Hodge, ce qui n’est pas peu dire. Dietrich produit beaucoup, réalise passablement, collabore avec Jess Franco (17 fois selon wikipédia, mais qui pourrait en être sûr ?) et José Bénazéraf, traverse les zones sinistrées et chaotiques du bis, voire du Z, particulièrement celle de l’érotisme, puis signe quand même quatre succès avec des films de mercenaires, tel Nom de code : Oies sauvages (1984) et son improbable casting. Coproducteur ensuite de deux films de Ferreri, il fut le premier à bâtir un multiplexe dans notre pays, le Capitol à Zurich. Il faudra bien un jour qu’un livre soit dédié à ce personnage si singulier, créateur d’un empire dont s’occupent aujourd’hui, via la société Ascot Elite, ses enfants, Karin Dietrich et Ralph Dietrich, auxquels j’adresse mes condoléances si d’aventure ils me lisent.

Voici la liste des principaux disparus du cinéma et de la culture du mois de mars.

Lys ASSIA, chanteuse suisse (3 mars 1924 - 24 mars 2018).
Stéphane AUDRAN, actrice française (8 novembre 1932 - 27 mars 2018).
Luigi DE FILIPPO, acteur italien (10 août 1930 - 31 mars 2018).
Erwin C. DIETRICH, réalisateur et producteur suisse (4 octobre 1930 - 15 mars 2018).
Geneviève FONTANEL, actrice française (27 juin 1936 - 17 mars 2018).
Stephen HAWKING, scientifique et écrivain britannique (8 janvier 1942 - 14 mars 2018).
André S. LABARTHE, critique de cinéma et réalisateur français (18 décembre 1931 - 5 mars 2018).
Christophe SALENGRO, acteur français (9 août 1953 - 30 mars 2018).

 

19:43 Publié dans Hommages, rétrospective mensuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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