08/05/2018

Cannes 2018, coup d'envoi introspectif

silver.jpegIl y a quelques années, je m'étais promis de tenir en tout cas jusqu'à mon 40e Festival de Cannes. Puis d'écrire un livre qui résumerait toutes ces années de cinéphilie et d'errance, de gloutonnerie et de débordements, sans épargner ni les uns ni les autres, ni les attaché.e.s de presse ni les confrères ni les stars ni les vedettes oubliées. J'en suis encore assez loin, ignorant si je pourrai toujours venir au festival dans les conditions relativement idéales qui sont les miennes depuis quelques éditions, question de catégorie de badge. Pour cela, il s'agit de conserver le même média (ou un autre analogue) et le même rythme d'écriture, quasi quotidienne. Et dans le cas contraire, de persévérer malgré les vicissitudes et les aléas.
En 2004, j'avais décidé de ne plus revenir l'année suivante. Et puis juste après la projection d'Old Boy, de Park Chan-wook, j'ai subitement changé d'avis, je ne sais toujours pas pourquoi. Je ne puis pourtant pas affirmer qu'il s'agisse là de l'un de mes films de chevet, même si j'aime beaucoup, et ma décision comportait sans doute une bonne part d'irrationnel. Aujourd'hui, l'appétit demeure, malgré des auteurs que j'aime moins que d'autres et des sujets qui me laissent relativement indifférents. Je me réjouis de découvrir le nouveau Godard, ce Livre d'image au singulier. De voir à quoi ressemble la Leningrad de Kirill Serebrennikov dans Leto. De comprendre ce qui meut le suractif Hirokazu Kore-eda, déjà de retour avec Shoplifters, après un Third Murder vénitien.
De confirmer le talent du jeune David Robert Mitchell avec Under the Silver Lake (photo), qui n'était pas né la première fois que je suis venu à Cannes. De me consoler de la disparition brutale de Steven Yeun en saison 7 de The Walking Dead en le retrouvant dans Burning, de l'excellent Lee Chang-Dong. De vérifier si Yann Gonzalez est aussi prometteur qu'il y a cinq ans avec Un couteau dans le coeur, résurrection de la mythique Anne-Marie Tensi sous les traits de Vanessa Paradis. C'est avec tout cela que je vais tâcher de vous accompagner dans les jours qui viennent, sur ce blog à la première personne comme dans les colonnes de la Tribune. J'aurai tout le temps d'en faire le bilan le reste de l'année. Le cinéma ne s'arrête jamais.

00:28 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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