11/07/2018

Locarno 2018, et nos rétines ont déjà le vertige

liberty.jpgAvant d'aborder Locarno, dont le programme vient d'être dévoilé, avant de découvrir les films qui y seront présentés, autant de titres dont on ne sait rien, on peut lire ce que dit Carlo Chatrian de cette édition, qui sera également sa dernière en tant que directeur artistique, puisqu'il s'envolera ensuite pour prendre les rênes de la Berlinale. Placée sous le signe de l'humanisme, son introduction au programme 2018 allèche surtout parce qu'elle fait preuve de gourmandise. Une fois de plus, il y dresse des passerelles entre le présent du cinéma et son passé. Evoque Mae West (égérie de l'un des films de la rétrospective McCarey) en parlant du dernier film de Julio Bressane, Seduçao da carne, en section "Signs of Life". Cite Irene Dunne (autre muse de McCarey) en brandissant Mary Kay Place , actrice de Diane de Kent Jones, en compétition. Evidemment, il sait de quoi il parle. Il a vu et sélectionné les films, nous pas. Donc on ne peut que lui faire confiance, ou pas. Après, nos sensibilités (et goûts) mettront peut-être à mal ces choix, peu importe. En attendant, c'est sur ce contrat de confiance, tacite, que se dessinent les contours d'un festival qu'un premier et rapide coup d'oeil suffit déja à affoler nos rétines.
vent oberli.jpgSur la Piazza, il y aura Laurel et Hardy en ouverture - le célèbre Liberty (1929, photo du haut), l'un des innombrables courts de McCarey qui ont assis la réputation du tandem -, suivi d'une comédie, Les Beaux Esprits de Vianney Lebasque. Puis dans le désordre, on y verra le dernier Spike Lee primé à Cannes, BlacKkKlansman, le début d'une série signée Bruno Dumont, Coincoin et les z'inhumains, assorti d'un Léopard d'honneur décerné à son auteur, et les derniers films de Bettina Oberli (Le Vent tourne, photo), Delépine/Kervern, Ethan Hawke (qui recevra un prix), Denis Rabaglia ou Antoine Fuqua pour l'action testostéronée. En compétition, on peut déjà citer Radu Muntean (avec Alice T.), qui sait généralement ce qu'il filme, Hong Sangsoo (Hotel by the River), plus actif que jamais, Thomas Imbach pour les Suisses (Glaubenberg), Yolande Zauberman qui se fait rare (M), et le déjà intrigant La Flor de Mariano Llinas, production argentine dont la durée déjoue a priori toute classification, puisque le film fait 815 minutes, soit un peu plus de... 13 heures. En section Cinéastes du présent, on prendra des nouvelles de Virgil Vernier (Sophia Antipolis), pendant qu'à la Semaine de la critique, on retrouvera Nicolas Wadimoff avec L'Apollon de Gaza. Mais je ne vais pas continuer à lister des titres ou des invités dont vous trouverez sans peine l'énumération sur le site du festival, et encore moins chercher à en tirer des angles thématiques, démarche obsessionnelle chez les journalistes, il sera bien temps d'en reparler dès le 1er août, jour d'ouverture de cette 71e édition. Pléthorique, curieux, contrasté, revigorant, profus et désenchanté. C'est ainsi qu'on espère, tout à fait secrètement, Locarno 2018. Buona visione!

14:48 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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