31/08/2018

Mostra 2018, Cuaron chez Netflix et Lanthimos de retour

Ce seront plutôt des notes, plus proches des tweets que des longs textes, que je rédigerai dans mes billets pendant la 75e Mostra. Ceux qui connaissent le rythme chronophage de ces gros festivals savent très bien à quel point le temps peut manquer. Dans ce même ordre d'idées, je ne parlerai dans mon blog, du moins lors des premiers jours, que des films de la compétition, à de rares exceptions près. Les choses devraient s'éclaircir en deuxième semaine.


ROMA d'Alfonso Cuaron


roma.jpgLe cinéma était expérience collective. Rassemblement de spectateurs dans le noir d'une salle obscure, partage d'émotions, comme vous voudrez. Dimension qu'un visionnement sur un écran de télé exclut, forcément. En passant directement à cette case, les productions Netflix ne sont pas destinées au visionnement collectif. ROMA était alors peut-être un trompe l'oeil. Un film d'auteur comme on en concevait il y a une vingtaine d'années. Un noir et blanc léché pour chroniquer la vie d'une famille mexicaine des années 70. Il y a de beaux plans, d'étranges décors, des chiens partout, et la naissance tire-larmes d'un bébé mort-né. Netflix a son idée du cinéma d'auteur. Cuaron y correspond visiblement. Je ne surprendrai personne en lui préférant Gravity, projeté ici-même en 2013.


The Favourite de Yorgos Lanthimos


favourite2.jpgLe sentiment que depuis quelques films, l'auteur grec s'était perdu. Que seule sa prétention surnageait, dans des opus d'inégal intérêt et pas tous sortis. The Lobster, Mise à mort du cerf sacré. Et puis le revoici avec un film en costumes. L'Angleterre rigide du début du XVIIIe siècle, la reine Anne, supposément lesbienne pour les besoins du scénario (dans la réalité historique, je ne sais pas et je m'en fiche), et deux femmes, l'équation Emma Stone + Rachel Weisz, qui rivalisent pour s'attirer ses faveurs. Vachard, cynique, le résultat est jouable à la fois comme film à costumes et dans le registre comique. Un rythme trépidant pour un conte altmanien qu'on se surprend presque à apprécier.


The Mountain de Rick Alverson


Mountain.jpgTye Sheridan (ci-dessus), qui est partout mais dont personne ne connaît le nom, joue ce jeune homme introverti d'une Amérique des fifties qu'on peut préférer filmée par des Douglas Sirk ou des Frank Tashlin. Jeff Goldblum, qui jouit d'un statut culte sans avoir fait grand-chose pour cela, est ici le témoin d'un monde dont il s'avérera exclu. Denis Lavant et Udo Kier y font de curieuses apparitions. The Mountain a tout du film à subir une ovation à Sundance. C'est pourtant à la Mostra qu'il atterrit. On ne sait pas vraiment pourquoi, tant son manque de personnalité, d'enjeu, de sens de l'écriture, sont flagrants. Tye Sheridan y est intrigant. Je n'ose pas imaginer ce que serait l'objet sans lui.

15:41 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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