01/09/2018

Mostra 2018: Assayas, les Coen, le remake de "Suspiria", celui de "A Star Is Born" et Mike Leigh!

Assayas, les Coen, Mike Leigh, Luca Guadagnino et David Oelhoffen briguent la compétition avec des fortunes diverses pendant que Lady Gaga tente de nous convaincre de ses dons d'actrice (dans l'atroce A Star Is Born) - plus à côté de la plaque, je cherche encore.


Doubles vies d'Olivier Assayas


assayas.jpgOù il est question des milieux bobos de l'édition parisienne, mais surtout du rôle du numérique et des changements manifestes que cela peut entraîner dans les moeurs des lecteurs. C'est un Assayas mineur, clairement refusé à Cannes pour ce motif-là (supposition dont je n'aurai jamais la confirmation), mais loin d'être négligeable tant l'affaire se tient. Des dialogues bien écrits, puis bien dits par des comédiens comme Juliette Binoche, Guillaume Canet ou Vincent Macaigne, pour un film qui maintient un mode allègre dans un registre intimiste volontairement souligné par la mise en scène la plus basique qui soit. Tout pour plaire à Venise.


The Ballad of Buster Scruggs de Joel et Ethan Coen


coen.jpgL'histoire de l'Ouest divisée en six chapitres, ou plutôt six sketches d'inégal intérêt. Une leçon de savoir-faire avant tout dans ce film anecdotique produit par Netflix qui pense sans doute revisiter le western. L'impression que les Coen se fourvoient.


A Star Is Born de Bradley Cooper (hors-compétition)


cooper2.jpgJe m'attendais à ne pas aimer, mais pas à détester à ce point. Encore plus mauvais cinéaste que comédien - et Dieu sait si la barre était haute - l'horrible Bradley Cooper signe le troisième remake d'un classique qu'on tente chaque fois de relifter en pire. Mise en scène au rouleau-compresseur, montage au sécateur, direction d'acteurs au lance-flammes: je conseille au sieur Cooper d'ouvrir une quincaillerie, il y sera plus efficace. Lady Gaga, dans le rôle titre le plus menteur de la décennie, est un peu moins expressive qu'une boîte d'endives passée de date. Hideux dans tous les sens du terme.


Peterloo de Mike Leigh


leigh.jpgCeux qui ont étudié l'histoire britannique connaissent le massacre de Peterloo, 1819. Les autres l'apprendront en visionnant cet opus particulièrement académique et gonflant dans lequel Mike Leigh se croit obligé de tout expliquer par le détail, sans supposer une seconde que les débats de la Chambre des Lords ne sont pas tous indispensables à notre confort réceptif. Son film le plus ennuyeux depuis Topsy-Turvy.


Suspiria de Luca Guadagnino


suspiria.jpgJ'en connais en tout cas un qui a aimé (s'il lit ce billet, je le salue) mais j'en ai surtout vu des centaines qui détestent, dont certains qui crient au scandale. Remake raté d'un classique d'Argento, ce néo-Suspiria mélange l'Allemagne nazie, le procès de la bande à Baader et la danse contemporaine dans ce qu'elle a de plus laid. Les comédiennes, dont Tilda Swinton et Dakota Johnson, sont ridicules, le film est amphigourique et redondant dans sa vision de l'horreur, et on se demande quelle mouche a piqué Guadagnino, qui n'a pour l'instant signé qu'un seul film réussi, Call Me by Your Name. Presque aussi ennuyeux que le Mike Leigh. Hasard ou coïncidence (de programmation), les deux films durent plus de deux heures trente chacun.


Frères ennemis de David Oelhoffen


freres2.jpgManuel et Driss, deux potes d'enfance qui ont grandi dans la même cité. L'un est devenu flic, l'autre deale et se retrouve embarqué dans des mauvais coups. Puis la tragédie intervient dans un film solide et standard qui permet à Reda Kateb et Matthias Schoenaerts de se livrer à un face-à-face viril et captivant. Presque trop mainstream pour la compétition vénitienne, mais est-ce un problème?

23:28 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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