03/09/2018

Mostra 2018, Audiard planplan, Nemes transcendant

Voici peut-être enfin, bien sûr après The Favourite de Yorgos Lanthimos, un autre candidat au Lion d'or 2018. Ce n'est pas Jacques Audiard, qui tente de faire l'Américain en livrant une copie propre. So what?

The Sisters Brothers de Jacques Audiard


Sisters-Brothers.jpgPourquoi Jacques Audiard a-t-il éprouvé le besoin, l'envie ou la nécessité d'aller tourner un western aux Etats-Unis, avec des acteurs américains? Si on lui posait la question, le cinéaste aurait (a) sans doute une réponse. Le seul problème, c'est que je ne la vois pas, ne la sens pas dans son film (et cela sans parler d'un titre pas possible qui donne surtout envie de fuir). Que je n'assiste qu'à une vague leçon de maîtrise pas si bien scénarisée que ça - l'histoire de ces deux frères tueurs à gage n'est pas véritablement transcendante -, avec une direction d'acteurs décevante et des prestations de Joaquin Phoenix, John C. Reilly et Jake Gyllenhaal sans grand relief. Une sorte de bon travail à l'arrivée, assuré par un bon élève qui rend une copie satisfaisante, mais qui ne se dépasse pas pour tout pulvériser. C'est le défaut des premiers de classe. Au-delà d'une certaine limite, ils se confondent tous.


Napszallta (Sunset) de Laszlo Nemes


sunset.jpgLe principe à l'oeuvre dans ce deuxième film - ô combien attendu - de Laszlo Nemes, est au fond le même que celui palpable dans Le Fils de Saul. Dans un cas comme dans l'autre, on suit en caméra portée son héroïne, ici Irisz, campée par une formidable Juli Jakab (photo), cadrée au niveau du cou, le plus souvent de dos et en mouvement, histoire de dévoiler si possible en plan-séquence ce qu'elle voit et l'histoire qu'elle traverse, en l'occurrence le basculement de l'empire austro-hongrois de 1913 vers le premier conflit mondial sur lequel va s'achever le film. Le travail de la caméra est prodigieux et étourdissant, même si l'on devine l'armada de figurants et d'assistants qui oeuvrent hors champ pour assurer la réussite des plans. Le plus embêtant, c'est que dans sa volonté de relire la grande Histoire sous le prisme de la petite, du destin individuel (ici la quête d'un frère), Nemes fait preuve d'une ambition qui le dépasse et finit par nuire à sa narration, et à la clarté avec laquelle elle devrait jaillir. Cela n'enlève rien au choc esthétique que le film propose, qui lui permet d'ailleurs de se poser comme un candidat solide - le premier à mon sens de cette année - au Lion d'or.


What You Gonna Do When the World's on Fire? de Roberto Minervini


what-you-gonna-do-when-the-worlds-on-fire.jpgAprès The Other Side, documentaire choc de 2015, radiographie d'une Amérique raciste et perturbante, il paraissait difficile de faire mieux. Et en effet, ce film sur le black power s'avère sans surprise, presque impersonnel dans sa manière d'aborder son sujet comme cent autres films militants. Un beau noir et blanc mais pas de supplément.


At Eternity's Gate de Julian Schnabel


eternity.jpgLes fictions sur Van Gogh sont déjà légion. En voici une de plus dont la particularité est son interprète, Willem Dafoe, crédible en peintre qui se coupe une oreille. Pour le reste, le métrage est succinct, sommaire et peu généreux. A peu près l'inverse des tableaux du peintre hollandais. D'où un hiatus pas forcément des plus heureux.

23:57 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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