06/11/2018

Un coup de coeur au GIFF, "Wij", attention film choc

wij.jpgMalgré une déconstruction narrative et chronologique pas forcément nécessaires, Wij (We) de Rene Eller est ce genre de choc salutaire qu’on attend tous en compétition cinéma au GIFF. Collation d’actes répréhensibles et le plus souvent à caractère sexuel commis par une bande d’ados auxquels le récit ne trouve pas d’excuses, le film ne tente pas d’imposer une psychologie rigide ou didactique, ni même et surtout pas une morale, qui viendrait escamoter la dureté implacable des actes gratuits et manichéens qui nous éclatent à la gueule. Tout cela est sans espoir et d’une noirceur presque totale. Dans la lignée de Pasolini et Larry Clark, n’ayons pas peur des comparaisons audacieuses, même si j’exagère un peu. Un film formidable dont on ne ressort pas indemne.

21:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Dites-moi: ces jeunes vont-ils balancer des pierres sur les voitures qui passent en contrebas?

Écrit par : Daniel | 07/11/2018

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Non, c'est plus insidieux, mais ils vont bel et bien provoquer un grave accident.

Écrit par : Pascal | 07/11/2018

J'avais horreur de Pasolini, cinéaste fasciste comme rarement vu. La complaisance qu'il a eu pour filmer et diriger "les 120 jours de Sodome" m'horrifie encore aujourd'hui. Alors quoi ? "Un film formidable dont on ne ressort pas indemne."
Formidable ? Expliquez-nous svp un peu ces frontières inexplorées par nous où se sont baladé les Einsatzkommando, les tueurs fous des camps croates, les Khmers rouges, etc, etc...
Qu'est-ce que la cruauté humaine a de fascinant pour vous ? De si "formidable" ?

Écrit par : Géo | 07/11/2018

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Géo n'a pas tort: on autorise et on encense au cinéma ce qu'on dénonce aujourd'hui de plus en plus fort dans la société. Bonjour la schizophrénie.

Je comprends le besoin d'explorer les limites, c'est dans l'histoire humaine. Je comprends même l'occultation de la morale pour prendre du recul sur des faits et examiner ce qui pourrait échapper à nos jugements. Cependant je pense qu'à un certain point cette occultation devient complice de la corruption de l'âme et du coeur. Et de la pensée. Pourtant je déteste les "ordres moraux" et les intégrismes de tous poils qui prêchent la purification et la rédemption collective.


On ne ressort pas indemne? Cette idée suscite de nombreuses pensées.

Cherche-t-on donc simplement le shoot exceptionnel? Comme shoot il y a moins malsain. Le réalisateur sait en tous cas manier le buzz. C'est le spectacle!

Je n'ai pas vu le film donc je ne peux rien en dire. Mais votre billet et la comparaison avec Pasolini ne me laisse pas indemne. J'ai tenté de voir "Salo ou les 120 journées...". Je suis sorti pendant la séance. Je n'ai pas supporté. Aujourd'hui encore je ne me sens pas prêt à tenter un nouveau visionnement. Il y avait quelque chose de trouble, extrêmement trouble, entre une possible complaisance du réalisateur et son possible désir de faire horreur pour qu'aucune morale, aucun super héros, ne vienne apaiser la souffrance du spectateur. C'est quand-même très ambigu.

Alors si ce film est comparable, s'il montre le même genre de sadisme que Salo et ses enfants exprimant peut-être, par la longueur de la séquence, la profondeur du désespoir de Pasolini, ou sa propre ambivalence devant des faits, entre désir et dégoût. Hypothèse.

Je vous lis et je vois que vous tentez d'écrire avec un certain recul, sans plaquer de jugement moral. Je respecte. Mais bon, je n'irai pas voir. Je veux rester indemne de cela. Il y a assez d'autres choses par quoi je suis touché, et je ne cherche pas le shoot de l'année.

Écrit par : hommelibre | 07/11/2018

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Oups, avant-dernier paragraphe mal construit.

Écrit par : hommelibre | 07/11/2018

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Faut-il rechercher ce dont on sait d'avance qu'on n'en sortira pas indemne?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/11/2018

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"Non, c'est plus insidieux, mais ils vont bel et bien provoquer un grave accident."
Un vélo?
Imaginons que des sombres crétins reproduisent ce qui se passe dans le film. Case prison pour le réalisateur pour apologie du crime?

Tant qu'on sait que les acteurs se relèvent après le tournage d'une séquence, il est possible de relativiser. Mais les films à 99% nous montrent à quel point nos sociétés sont décadentes et véhiculent une idéologie à vomir avec assassinats, violence, sexe, vengeance, dans une totale gratuité. Malgré le rappel de la boucherie de la grande guerre, l'être humain semble bien vouloir s'accommoder d'une nouvelle boucherie, réelle ou virtuelle.

Écrit par : Daniel | 07/11/2018

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Très instructifs, ces échanges de commentaires.

Leur lecture à elle seule révèle une relation à la réalité et à son esthétisation qui vaut réflexion.

Cela dit, comme toujours, merci à Pascal de l’approche qu’il nous livre de films qu’il a aimés, moins ou pas du tout.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 07/11/2018

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"Non, c'est plus insidieux, mais ils vont bel et bien provoquer un grave accident."
Ouais, j'ai compris comment! Désolé, mais ça, c'est plutôt hilarant! Et les automobilistes fautifs, car ils ne respectent pas le code.
Autrement dans une scène on se croirait à Genève à 4h du mat à la sortie d'une boîte.
Quand je disais sexe et violence, on y est. Si la jeunesse est à cette image, il y a du souci à se faire. Les parents sont responsables de l'éducation de leurs mioches.
Se pourrait-il que vous ayez dramatisé votre conclusion?
Le film est tiré d'un livre...

Écrit par : Daniel | 07/11/2018

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