Maud Wyler : «Je n’aurais pas envie de mettre des lunettes noires pour sortir»

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wyler.jpgCette rentrée est un peu la sienne. A l’affiche depuis une dizaine de jours dans Perdrix, d’Erwan Le Duc, et bientôt dans Alice et le maire, de Nicolas Pariser, Maud Wyler s’est délectée de cette interview cash et moi aussi. On y parle de ses origines suisses, de la jalousie, de Marie-Antoinette et de cinéma. Notamment.

 

Hormis Perdrix, on te verra bientôt dans Alice et le maire. Ton actualité est donc riche. Tu ne préfères pas quand les sorties sont plus espacées ?

Sans compter que je joue aussi Marie-Antoinette dans un téléfilm qui sera diffusé sur Arte en octobre. Si je réponds oui, je sors un argument d’attachée de presse. Cela fait des années que je fais ce métier et certains croient encore que j’émerge.


Perdrix est un film résolument fantaisiste. Comment as-tu travaillé ce registre ?

Il y a six ou sept ans qu’Erwan Le Duc travaille sur ce film. C’était assez studieux, en fait. Il a fallu que nous nous apprivoisions en tant qu’êtres humains. Ne pas s’embarquer dans des principes, ni avoir des attitudes prédéterminées. Nous sommes tous sauvages, à la base.

Voudrais-tu un rôle qui soit un grand succès ? Ou préfères-tu ne pas être trop médiatisée ?

Mon désir n’est clairement pas à cet endroit-là. La médiatisation me fait même assez peur, j’adore tellement la vie. Je n’aurais pas trop envie de mettre des lunettes noires pour sortir. La notoriété te permet d’accéder à de meilleurs rôles, mais il y a un prix à payer.

Perdrix marque-t-il un tournant dans ta carrière ?

Clairement, oui. Je le sentais déjà sur le tournage. Le plateau appartenait aux acteurs. Erwan était à l’écoute de nos propositions.

T’arrive-t-il d’être jalouse d’autres comédiennes ?

Non, mais je me souviens, il y a quelques années, que je venais de tourner plusieurs films. Et en me promenant dans la rue, je découvre Leila Bekhti en une d’un magazine. Je me rappelle de l’avoir enviée. Je m’en suis voulue d’être jalouse. Je me suis surtout fait peur toute seule.

Te demande-t-on souvent si tu es parente avec le cinéaste William Wyler ?

Tout le temps. Et le pire, c’est que je n’en saurai jamais rien. Nous avons le même nom, et tous les deux une origine suisse. Pour le moment, personne n’a encore enquêté.

Il y a de fortes chances que vous soyez parents. Tu sais que dans un arbre, le nombre d’ascendants croît extrêmement vite ?

Sans doute, mais franchement, je ne pense pas que je percerai cette énigme un jour.

Tu ne trouves pas que le niveau des interviews est en général médiocre ?

Eh bien pour une fois, avec mon personnage de Juliette dans Perdrix, j’ai beaucoup moins d’interviews qui sombrent dans la minauderie. On ne m’a pas encore demandé quelle crème de jour je mets, par exemple, et c’est une grande victoire.

Quelle question te met en rage ?

Je n’aimerais pas qu'on me pose des questions sur mon père.

Et quelle question rêves-tu qu’on te pose ?

Duras détestait le mot rêve. Et je comprends bien ce qu’elle voulait dire. J’aime la rencontre. Une rencontre en soi est un rêve.

Si tu as carte blanche pour dire ce que tu veux, que dirais-tu ?

Je parlerais de mon rapport à la Suisse, qui me bouleverse. Ma famille m’apporte beaucoup. J’ai pris le nom de ma mère et je tiens ici à exprimer ma reconnaissance à Clarisse et Jean-Jacques Wyler, mes grands-parents.

A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adressait à toi. Il s’agit de Grand Corps Malade. Sa question : Est-ce que tu penses que dans vingt ans, tu feras encore le même métier ?

Je me le souhaite et rien ne me ferait plus plaisir. J’aimerais aussi que ma fille soit heureuse.

Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

Est-ce que la vie que vous vivez est véritablement la vôtre ? C’est une question que pose Fanny Ardant dans Perdrix.

Lien permanent Catégories : Cinéma, Interviews cash 1 commentaire

Commentaires

  • Bonjour,
    Dans "Le Masque et la Plume" (France-Inter), le critique et romancier Eric Neuhoff - qui publie ces jours le pamphlet virulent et drôle "(très) Cher cinéma français" - a fait sa demande en mariage à la lumineuse Maud Wyler. On le comprend. Elle lui a répondu dans Vertigo (RSR) qui a reçu Eric Neuhoff tout récemment. C'est charmant et ça met un peu de baume au cœur des amoureux déçus du cinéma français.
    A écouter :
    https://www.rts.ch/play/radio/vertigo/audio/linvite-eric-neuhoff-tres-cher-cinema-franais?id=10644670
    Bien cordialement

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