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  • Et pendant ce temps, sur la lune, tout va bien

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    lune.jpgCe cratère lunaire est humain. En avril 1972, deux astronautes américains de la mission Apollo 16 font quelques pas sur la lune, dans le sillage des pionniers qui les y ont précédé. Ils ont alors deux buts. Explorer les hauts plateaux lunaires, et notamment ceux de la région du cratère Descartes, afin de sonder leur origine volcanique. Et accessoirement larguer l'accélérateur de Saturn V, cela afin de mesurer l'activité sismique à l'oeuvre sur notre satellite. Jusqu'au 3 décembre 2015, le point d'impact de cet accélérateur n'avait pas été localisé. Le voici donc, 43 ans plus tard, intact, défiant l'éternité, révélé sur ce cliché mis en ligne par la NASA il y a quelques jours. Rappelons qu'Apollo 16 était la cinquième et avant-dernière mission lunaire comprenant un séjour sur la lune. Elle avait notamment permis d'infirmer, sur la base de prélèvements d'échantillons, l'origine volcanique des formations géologiques observées. 

    Lien permanent Catégories : Astrophysique, Sciences 2 commentaires
  • Dans "Messidor", la désillusion, la fuite et une certaine Suisse de 1978

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    messidor.jpgLes choses auront sans doute vieilli. Gestes et vêtements, décors et comportements. On ne se révolte pas aujourd’hui comme on le faisait dans les années 70, héritières de ces utopies nées à la tombée des années 60. On ne filme plus pareil non plus. Les deux adolescentes de Messidor, sans doute naïves et agaçantes par certains aspects, salvatrices par leur liberté éclatant à chaque plan, leur glissement progressif dans la délinquance, leur errance dans une Suisse moins primitive qu’on voulait nous le faire croire, la gesticulation de corps et de tentations (le viol, le jeu, le meurtre) au cœur d’une fiction respirant l’air pur et la montagne, les contrastes d’un monde pérenne au sein duquel la société ne bouge pas partout pareillement, les cris de joie à flanc de coteaux et les balades improvisées dans l’arrière-pays, tout ça, symbole d’un temps déjà loin, s’invite dans le film que met alors en scène Tanner. Plus âpre, plus noir, plus pessimiste encore que La Salamandre ou Charles mort ou vif, Messidor (réalisé en 1978, puis sorti en 1979, et même auréolé cette année-là d'un Ours d'or au Festival de Berlin), avec son titre renvoyant à un mois républicain, le dixième, celui des grandes récoltes (dans l’histoire, il s’agit en réalité du prénom que l’une des héroïnes se donne), suggère l’amertume et l’échec, la désillusion et la fuite. Ce que dit Tanner, c’est qu’il n’est plus possible de faire machine arrière et que l’horizon est barré, sans espoir. Le paradoxe, c’est que son film demeure solaire malgré tout, porteur d’une vivacité bondissante. Du moins dans mon souvenir. Revoir le film aujourd’hui change-t-il cette donne ? Rien ne l’exclut.

    Messidor passe en ce moment aux cinémas du Grütli dans le cadre du cycle "Alain Tanner - un cinéaste du lieu".

    Lien permanent Catégories : Cinéma, Festival de Berlin 1979 2 commentaires
  • Dans "Les Cowboys", obstruction et décadrage

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    cowboys.jpgUn instant qui chavire, du flou dans la perspective. Cadrage peu usuel, maladresse assumée, esthétique à l’élégance discutable. Ce plan des Cowboys de Thomas Bidegain n’est pas d’une lecture aisée. Sa triple profondeur n’y est pas étrangère. Au centre de l’image, un couple qui danse. Veste en jeans et chapeau, ambiance country. Mais rien de très datable. Quand et où se trouve-t-on ? Le champ des possibles est large, imprécis. Au fond de l’image, l’orchestre joue. Chanteuse, guitariste, ambiance champêtre. Faute d’attention, notre regard s’égare d’un personnage à l’autre. Perception à son tour perturbée par une sorte de structure abstraite qui vient obstruer l’image, comme un cadre dans le cadre. Motif opaque, amorce indistincte pour un point de vue altéré et lointain qui suggère un observateur caché, le fantôme d’une présence qui fait obstacle au réel, même si celui-ci est filtré par le regard de la caméra. Il serait facile de voir dans cet emboîtement suggéré une métaphore de ce que dit le film – remake de La Prisonnière du désert de John Ford, Les Cowboys raconte l’histoire d’un homme recherchant sa fille partie dans un réseau salafiste. Trop facile. Mais l’esthétique ici à l’œuvre ne se prête guère à la relecture ou à l’interprétation. Elle répète juste que l’immanence, au cinéma, n’est au fond qu’affaire de mise en scène.

    Les Cowboys est actuellement à l’affiche en salles.

    Lien permanent Catégories : Cinéma, Festival de Cannes 2015 0 commentaire