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  • Voici une galaxie née "peu de temps" après le Big Bang

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    galaxie.jpgScruter l’espace lointain ou remonter le temps. Deux manières de dire la même chose, du moins en astrophysique. Même s’il se fait vieux – plus de 20 ans – le télescope spatial Hubble continue à détecter quelques données intéressantes. Ainsi le 4 mars apprenait-on qu’il avait capturé les images d’une galaxie lointaine, GN-z11. Sa particularité ? Il s’agit de la galaxie la plus lointaine jamais observée. Située à 13, 4 milliards d’années lumières, elle est presque aussi vieille que l’univers, qui est apparu il y a 13, 8 milliards d’années. En fait, GN-z11 serait née environ 400 millions d’années après le Big Bang, c’est-à-dire extrêmement tôt dans l’histoire du cosmos. Pour dater avec précision cette naissance, les scientifiques se servent de différents outils et examinent notamment le décalage (spectral) vers le rouge de l’objet observé. Plus une galaxie est éloignée de nous et plus sa lumière s’étire vers l’extrémité du spectre lumineux. Plus elle est rouge, plus elle est distante, et donc ancienne.

    Jusqu’alors, c’était EGSY8p7 qui détenait le record de la galaxie la plus éloignée. De 13, 2 milliards d’années lumières pour une naissance estimée à 570 millions d’années après le Big Bang. Quant à GN-z11, elle serait vingt-cinq fois plus petite que la Voie lactée et ne présenterait que 1% de sa masse stellaire. Elle formerait donc des étoiles vingt fois plus vite que la Voie lactée (du moins au moment correspondant à son observation, rien n’indique en effet qu’elle existe encore, même si j’emploie le conditionnel présent). D’où sa luminosité intense qui lui a permis de se faire repérer par Hubble. Le télescope spatial James Webb, qui remplacera Hubble, sera opérationnel dès 2018. Mais même à notre échelle, cela paraît encore loin.

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  • "Dans l'espace, personne ne vous entend crier"

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    ondes.jpgVoici une vue d’artiste illustrant comment le Soleil et la Terre courbent l’espace-temps. Accrédité depuis cent ans au moins, ce modèle n’est pas de la science-fiction et vient à peine de recevoir une stupéfiante confirmation. Annoncée il y a un mois, la détection d’une vibration de l’espace-temps, soit une onde gravitationnelle, provoquée par la collision de deux trous noirs situés à environ 3,4 milliards d’années, a en effet confirmé les théories émises par Einstein en 1916 concernant la relativité générale. Un pas de géant pour l’astrophysique, ouvrant des champs encore inédits pour l’astronomie gravitationnelle, vaste laboratoire du futur pour les physiciens qui planchent là-dessus. Preuve que les objets massifs courbent l’espace-temps – les images de la boule posée sur un drap tendu, ou des ondes générées par la chute d’un caillou sur un étang plane, en suggèrent une approche comparative -, et que ce dernier est en quelque sorte élastique, laissant se propager des ondes gravitationnelles qui parviennent à distordre les distances. Déjà repérées auparavant, notamment en 1978 à travers la rotation de deux pulsars, ces ondes n’avaient encore jamais été ressenties sur Terre. Grâce à deux interféromètres, l’Américain LIGO et le franco-italien VIRGO, qui ont traqué et mis au jour ces précieuses données, c’est désormais chose faite.

    Mais d’où viennent au juste ces ondes ? Observation et calculs donnent la réponse. Les deux trous noirs incriminés ont des masses respectives de 29 et 36 fois celle du soleil. Or à l’arrivée, leur collision ne rassemble plus qu’une masse de 62 fois celle de notre astre. Le calcul est vite fait : 29 + 36 = 65. Il manque en somme l’équivalent de trois masses solaires pour que le compte soit bon. Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, celles-ci ne se sont pas évaporées, mais se sont transformées en énergie, celle justement des ondes gravitationnelles, corollaire direct d’une loi physique bien connue stipulant, via l’équation la plus célèbre de l’histoire du monde (E = mc2), que masse et énergie sont deux formes de la même entité et que l’une, dans certaines conditions, peut devenir l’autre. La question de la nature de l’espace-temps se pose alors forcément. Est-elle fractale ? Mystère. J’y reviendrai dans quelque temps via une approche purement mathématique. En attendant, on continue à scruter le ciel et les dépêches scientifiques.

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  • Ils nous ont quittés en février 2016

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    Eco.jpgMoins meurtrier que le mois de janvier, février aura néanmoins vu le départ de quelques grands, et notamment d’Umberto Eco (photo), immense écrivain et philosophe italien, gourmet du savoir qui pouvait aussi bien parler des Brigades rouges que d’Honoré d’Urfé. Pour diverses raisons, et entre autres la Berlinale, je n’ai pas eu le temps de consacrer des billets individuels aux quelques personnalités qui endeuillèrent le septième art ces dernières semaines. En voici un condensé, suivi de la liste des principales personnalités de la scène culturelle qui nous ont quittés le mois passé.

    zulawski.jpgAndrzej Zulawski est décédé à l’âge de 75 ans durant le Festival de Berlin. Je l’avais croisé pour la dernière fois l’été passé à Locarno (c’est d’ailleurs Carlo Chatrian, son directeur, qui m’a annoncé son décès durant la Berlinale), où il était venu présenter son ultime film, ce Cosmos frapadingue et délirant dans lequel on retrouvait aussi bien les qualités que les tics du cinéaste. Assimilé, pour les trois quarts de la presse française, au statut d’ex-compagnon de Sophie Marceau, Zulawski laisse derrière lui une œuvre hybride marquée du sceau de l’hystérie et de la déraison. Capable du meilleur (L’Important c’est d’aimer, 1975, grand titre dans la carrière de Romy Schneider) comme du pire (L’Amour braque, 1985, livré sans aspirine à l’époque), le cinéaste polonais aimait travailler dans l’excès. Pourtant, au contraire de son cinéma, l’homme était plutôt calme. Ce faux provocateur était également écrivain. Il avait consacré deux livres à sa rupture avec Sophie Marceau.

    dupeyron.jpgDe François Dupeyron, on gardera le souvenir de plusieurs beaux films révélant aussi bien son amour des stars (Deneuve et Depardieu dans Drôle d’endroit pour une rencontre, son premier long, en 1988) que de la France rurale des déclassés (C’est quoi la vie ? en 1999). Auteur de La Chambre des officiers en 2001, adaptation d’un roman de Marc Dugain, qui lui valut cette année-là une sélection officielle à Cannes, le cinéaste ne cessera par la suite de ramer pour monter d’autres projets, la plupart se voyant refuser les avances sur recettes et autres aides étatiques indispensables aux créateurs du septième art. Son ultime film, Mon âme par toi guérie, sorti en 2013 dans une indifférence scandaleuse, en souffrira beaucoup et sera même ensuite refusé dans la plupart des festivals, ce qui en dit long sur l’aveuglement de certains sélectionneurs. Il y confiait à Grégory Gadebois, génial, un rôle stupéfiant de magnétiseur dépassé par le don dont il a hérité. Des dix long-métrages tournés par Dupeyron, à condition d’inclure Trésor, qu’il a terminé en lieu et place de Claude Berri, décédé au début du tournage, Mon âme par toi guérie est assurément le meilleur et son chef d’œuvre. Il sera forcément réévalué un jour. François Dupeyron est décédé à l’âge de 65 ans.

    kennedy.jpgEnfin, impossible de ne pas toucher un mot ici de cet éternel acteur "de second plan" que fut George Kennedy, qu’on vit depuis 1962 dans un nombre incalculable de films souvent importants. D’une longue carrière dans l’armée, il avait conservé un physique robuste. De westerns en films catastrophe, il écuma bon nombre de grosses productions américaines avec un sens du timing qui lui valut même un Oscar de meilleur acteur dans un second rôle pour Luke la main froide (Stuart Rosenberg, 1967), dans lequel il rivalise de présence avec Paul Newman. George Kennedy nous a quittés à l’âge de 91 ans.

     

     

     

     

    Principaux disparus de février 2016 en culture :

    Juliette BENZONI, romancière française (30 octobre 1920 – 7 février 2016).

    Aldo BUFI LANDI, acteur italien (7 avril 1923 – 2 février 2016).

    Tony BURTON, acteur afro-américain (23 mars 1937- 25 février 2016).

    François DUPEYRON, réalisateur français (14 août 1950 – 25 février 2016).

    Umberto ECO, écrivain italien (5 janvier 1932 – 19 février 2016).

    Valérie GUIGNABODET, réalisatrice française (9 mai 1965 – 23 février 2016).

    George KENNEDY, acteur américain (18 février 1925 – 28 février 2016).

    Eric KRISTY, romancier et chanteur français (16 avril 1951 – 2 février 2016).

    Harper LEE, romancière américaine (28 avril 1926 – 19 février 2016).

    Carlo NELL, chanteur et comédien français (9 juin 1926 – 7 février 2016).

    Jean RABIER, directeur de la photographie français (24 avril 1927 – 15 février 2016).

    Douglas SLOCOMBE, directeur de la photographie britannique (10 février 1913 – 22 février 2016).

    VANITY, chanteuse et actrice canadienne (4 janvier 1959 – 15 février 2016).

    Maurice WHITE, chanteur et compositeur américain (19 décembre 1941 – 4 février 2016).

    Andrzej ZULAWSKI, réalisateur et écrivain polonais (22 novembre 1940 – 17 février 2016).