12/07/2016

La planète aux trois soleils existe, on l'a détectée

3soleils.jpgLà-bas, il y a trois levers et couchers de soleils par jour. Là-bas encore, les jours en question excèdent l’échelle de vie humaine et durent chacun plusieurs centaines de nos années terrestres. Et il y fait environ 580°C (température de surface). Nous sommes sur HD131399Ab (tout à gauche sur cette vue d’artiste ci-dessus), à environ 320 années-lumière de la terre, dans la constellation du Centaure. Pas très loin ? Non, mais hors de portée, du moins à une échelle non relativiste. Cette exoplanète présente la particularité de posséder, donc d’orbiter autour de, trois soleils, ou étoiles. Via un instrument infrarouge lui permettant de détecter les signatures de jeunes planètes, le Very Large Telescope du Chili, sis dans les Andes, a permis de localiser cette singulière planète. Ce monde inconnu aux orbites a priori instables et au système sans doute lui aussi instable. Pour l’heure, plusieurs scénarios orbitaux se dégagent – il serait fastidieux de les détailler ici, aussi je ne le ferai pas -, et une quasi certitude, l’orbite que décrit cette planète possède une importante excentricité. Elle devrait même l’éjecter du système, mais ce n’est pas le cas. L’observation de tels systèmes dits à étoiles multiples, qui semblent beaucoup plus fréquents qu’on ne le suppose, revêt une importance capitale pour la compréhension des processus de formation planétaire, car il s’agit de cas extrêmes qui témoignent de la variété des systèmes existants. D’où l’importance d’en trouver et d’en observer d’autres, ce qui devrait être de plus en plus souvent le cas, vu l’inflation des moyens d’observation dont dispose désormais la communauté scientifique.

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11/07/2016

Aux confins de l'univers, Persée soulève un nouveau mystère

persee.jpgEn astrophysique, pas une semaine ne passe sans qu’une observation ne vienne contredire, voire démentir une théorie. En voici un nouvel exemple, connu depuis quelques jours. Lancé en janvier 2016, le satellite Hitomi (japonais, vous aurez deviné) devait sonder les trous noirs et les amas de galaxies dans l’univers «lointain». Mais il a rendu l’âme un mois après son départ, victime d’une panne. Juste avant, il a eu le temps de se tourner vers Persée (vue d’artiste ci-dessus). Persée est un amas de galaxies particulièrement brillant situé à environ 250 millions d’années lumière de la Voie lactée, donc très loin dans le passé. En son centre, il contient une galaxie elliptique énorme connue sous le nom de NGC 1275 ou Perseus A, laquelle héberge un trou noir supermassif. A l’intérieur d’icelui, plusieurs centaines de millions de masses solaires accrétant de la matière (la captant, si vous préférez).

Le tout est censé produire d’immenses bulles de matière chaude, et ce plasma devrait être turbulent, chaotique, enregistrant des vitesses élevées. Le hic, c’est qu’il n’en est rien. Le plasma bouge peu, et les vitesses mesurées (et cartographiées avec précision) avoisinent les 164 km/s. Et seuls 4% de l’énergie thermique de l’amas sont provoqués par cette turbulence. En clair, il y a quelque chose à l’intérieur des amas de galaxies qui pour l’heure échappe à la compréhension et aux théories scientifiques. Rappelons ici que 80% de la masse des amas, qui contiennent pour certains plusieurs centaines de galaxies, est constituée de matière noire. Les observer peut donc aider à percer le mystère de cette matière noire. Mais avec Hitomi, non seulement on ne perce rien, mais on agrandit le mystère. Pour en savoir davantage, il va falloir missionner d’autres satellites. Ils s’appelleront Euclid et Athena. J’aurai tout le temps de vous en reparler.

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Euro 2016, finale - Portugal-France (1-0) : Bleu comme l'enfer!

Ronaldo-mes.jpgLe foot est-il un sport juste ? Durant 109 minutes, les Bleus ont été ramenés à leur condition première, celle d’une équipe vulnérable. Battable. Une équipe comme les autres, sans surhommes ni superpouvoirs. Pas championne de facto. Ont-ils supposé que parce qu’ils jouaient à domicile, soutenus par un public tenant à plein son rôle de douzième homme, les choses iraient de soi ? Ont-ils pensé que la sortie sur blessure et en larmes, après 23 minutes, de la star du Portugal, Ronaldo (photo), allait leur donner de la confiance, voire leur faciliter les choses et leur permettre d’accéder à la victoire sans trop de souci ? Ont-ils fait péché d’orgueil en se prenant déjà pour les rois du monde ? Le premier quart d’heure du match leur a été favorable. Puis la sortie de Ronaldo a créé une sorte d’impulsion chez des Portugais tout à coup plus serrés en défense, plus dangereux dans leurs rares occasions – et pourtant, on a tellement peu vu Lloris. Du côté des Bleus, il y avait du mou dans la gâchette. Les stars, sans réussite, n’y étaient pas. Sissoko a fait un match remarquable, Gignac a raté une occasion de deux centimètres, la paire Griezmann-Giroud s’est avérée impuissante, Pogba et Matuidi peinaient à faire monter leurs coéquipiers. Additionnez, distillez tout cela. Petit à petit, le piège s’est refermé. Faisant les affaires d’un Portugal pourtant si peu séduisant sur l’ensemble de cet Euro. Un Portugal sans sa star, mais avec Eder, rentré en cours de deuxième période, et crucifiant Lloris à la 109e pour le seul but de cette finale mollassonne. Et surtout avec Rui Patricio, gardien vigilant sans lequel la France aurait mené au score plus d’une fois. Un Portugal au parcours in fine peu convaincant, ne faisant pas toujours le jeu, accédant à cette place sans réellement la mériter (peu importe que certains ne soient pas d’accord, puisque, je sais, seul le résultat compte), brandissant, - telle la Grèce en 2004, face justement au Portugal - ce trophée pour la première fois de son histoire. Lisbonne explose, et sur les Champs-Elysées, c’est la soupe à la grimace. Mathématiquement, chaque équipe de cet Euro à 24 avait une chance sur 24 de gagner la compétition. Mais football et mathématiques ne font pas forcément bon ménage, même si les liens qu’entretiennent ces deux disciplines sont plus étroits qu’on ne le pense (un billet futur y reviendra). Sauf que la science du ballon rond n’est pas exacte. Et donc non, le foot n’est pas un sport juste. Et c’est aussi pour cela qu’on l’aime. Ou qu’on le déteste.

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