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  • Ils nous ont quittés en août 2016

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    butor.jpgEn littérature, le XXe siècle compte peu de classiques. Une centaine, peut-être un peu plus ? La Modification en fait assurément partie. Oeuvre-phare de Michel Butor et de ce mouvement qu’on nomma Nouveau roman, roman écrit entièrement à la seconde personne du pluriel, il suscite une admiration totale ou un rejet épidermique. Il cache un nombre tentaculaire d’autres écrits, centaines d’essais sur l’art ou la littérature, poésie, textes expérimentaux, quatre romans seulement. Butor aurait eu 90 ans dans deux jours. Il ne les fêtera pas. Comme quelques autres listés ci-dessous dans mon billet mensuel dédié aux disparus de la culture et des arts, il est décédé au mois d’août.

    Kenny BAKER, acteur britannique (24 août 1934 - 13 août 2016).

    Michel BUTOR, écrivain français (14 septembre 1926 - 24 août 2016).

    Steven HILL, acteur américain (24 février 1922 - 23 août 2016).

    Arthur HILLER, réalisateur canadien (22 novembre 1923 - 17 août 2016).

    David HUDDLESTON, acteur américain (17 septembre 1930 - 2 août 2016). 

    George KACZENDER, réalisateur canadien (19 avril 1933 - 24 août 2016).

    Françoise MALLET-JORIS, romancière franco-belge (6 juillet 1930 - 13 août 2016).

    Jacqueline PAGNOL, actrice française (6 octobre 1920 - 22 août 2016).

    Marc RIBOUD, photographe français (24 juin 1923 - 30 août 2016).

    Sonia RYKIEL, couturière et designer française (25 mai 1930 - 25 août 2016).

    Gene WILDER, acteur américain (11 juin 1933 - 29 août 2016).

  • Mostra de Venise 2016: Kusturica et Bellucci, couple de la quinzaine

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    milky-road.jpgEmir Kusturica et Monica Belluci. Mariés. Le couple est improbable. Dans une certaine mesure, le film aussi. Mais sans le son, l’image seule ne situe rien. Ou pas grand-chose. Depuis Promets-moi en 2007, et si l’on excepte la parenthèse documentaire Maradona en 2008, Kusturica n’avait rien tourné. Et on avait fini par oublier, un peu, cette hystérie qui lui sert de style, ce débordement constant de cris, de chants, de danses, d’animaux. Et dans On the Milky Road de fusillades, puisque le contexte de cette tragique histoire d’amour est la guerre des Balkans. Alors oui, le film réveille et secoue, mais saoule aussi très rapidement. Du foisonnement surgit la cacophonie, l’assourdissement, et ce trop plein de sens qui étouffe toute tentative de parabole dans l’œuf. Le style Kusturica devient caricature de lui-même, et cet excès ne prête que trop rarement à sourire.

    THE-WOMAN-WHO-LEFT.jpgEnfin, l’ultime candidat au Lion d’or, The Man Who Left de Lav Diaz, est le seul que je n‘ai pu voir, ayant déjà quitté la Mostra. Mais après les presque neuf heures du précédent, A Lullaby to the Sorrowful Mystery, qui concourait à Berlin en février de cette année (mais quand trouve-t-il le temps de tourner tous ces plans ?), celui-ci a une durée de court-métrage avec seulement 226 minutes au compteur. On attendra l’intégrale en DVD pour voir si l’œuvre du cinéaste philippin tient la route.

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  • Mostra de Venise 2016 : dans "Paradise", victimes et bourreaux à la même enseigne

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    paradise.jpgOn se croirait presque dans L'Année dernière à Marienbad. Sauf que pas du tout. La pureté de l'image, la géométrie induite par les lignes et les ombres, cet azur immaculé, ces costumes, l'apparente légèreté des personnages, ce transatlantique dénudé comme seul accessoire, tout cela est bien trompeur. Cet homme à la droite de l'image est un monstre. L'un de ces officiers nazis qui se pensait "Übermensch", croyait à la solution finale et a envoyé des milliers de Juifs dans les chambres à gaz. Dans Paradise, Andreï Konchalovsky trace le destin de trois personnages voués à la mort qui se croisent dans le contexte du conflit de 39-45. Chacun va se retrouver au paradis et se confesser face caméra, lors de séquences étranges, montées comme des plans dont subsisterait l'amorce en fin de bobine. Se confesser mais pas forcément se repentir. Si le contexte est banal, la manière dont Konchalovksy le raconte l'est moins, par son refus de tout clivage, de tout a priori. Comme s'il s'agissait de rappeler que même les pires êtres humains sont aussi des hommes, qu'ils peuvent aimer et désirer, avoir des enfants, apprécier la peinture, la musique et la littérature. La tenue du film - superbe noir et blanc, académisme forcé, mélange des formats -, loin de la résoudre, accentue cette ambiguïté dialectique. Paradise force l'admiration sans évacuer le malaise. Son audace sera-t-elle payante?


    giorni.jpgCes quatre jeune filles sont les héroïnes insignifiantes de Questi giorni de Giuseppe Piccioni, autre mauvais film italien de la compétition vénitienne. D'un portrait de groupe en forme de récit initiatique, on n'aura droit qu'à des séquences convenues, des dialogues idiots et des idées de scénario tirées par les cheveux. Je sais bien qu'il faut un quota de productions italiennes en concours à la Mostra, mais de là à sélectionner de telles inepties (avec Piuma, traité ici-même il y a trois jours)... C'est à se demander s'il y a encore des cinéastes compétents en Italie.

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