01/02/2017

Sommes-nous perdus dans l'univers?

vierge.jpgPréoccupation légitime, notre position dans l’univers rappelle notre petitesse. A si petite échelle, nous ne sommes rien, ou presque. Rappelons ici quelques généralités ultrabasiques qui devraient éviter plusieurs confusions gênantes que j’entends souvent se propager de loin en loin lors de conversations, les gens confondant volontiers galaxies, système solaire, amas et autres objets célestes. Dans l’univers, les objets procèdent par inclusion (l’analogie avec les diagrammes de Venn est possible mais néanmoins, je la déconseille), avec une dimension temporelle en prime dont je ne tiendrai pas vraiment compte dans ce court billet.

Notre Terre fait partie d’un groupe de planètes (huit confirmées à ce jour) gravitant autour d’une étoile unique, le soleil. L’ensemble compose notre système solaire. Les étoiles (et par la force des choses tout ce qui gravite autour) se regroupent ensuite dans des galaxies. Il en existe de différentes formes, elliptiques ou spirales, par exemple. La nôtre s’appelle la Voie lactée. Il s’agit d’une galaxie spirale barrée, ainsi nommée parce que son noyau présente une barre de faible extension. Elle se compose de 100 à 400 milliards d’étoiles (vraisemblablement autour des 120) et son diamètre équivaut à 100 000 années lumière. Mais les choses ne s’arrêtent pas là.

Les galaxies se regroupent ensuite dans des amas, eux aussi de différentes formes. La Voie lactée appartient à ce qu’on appelle le Groupe local, qui englobe une soixantaine de galaxies et dont le diamètre est d’environ 10 millions d’années-lumière. Les amas se rassemblent eux-mêmes en superamas. Le Groupe local, tout comme la galaxie d’Andromède (dont le nom fait rêver), font ainsi partie du superamas de la Vierge (indiquée sur la représentation ci-dessus), à ne pas confondre avec l’amas de la Vierge, qui est quant à lui «proche de nous». Son diamètre ? Environ 110 millions d’années lumière. Et au-delà ? Rien ou d’autres superamas. En d’autres termes, il s’agit là des plus grandes structures connues de l’univers.

Sauf que le superamas de la Vierge, ainsi que celui de l’Hydre-Centaure et celui du Paon-Indien, sont à leur tour contenus dans un plus vaste superamas connu sous le nom de Laniakea (soit paradis incommensurable en hawaïen), dont j’avais commenté ici même une vue d’artiste il y a plus d’un an. Son diamètre mesure environ 500 millions d’années lumière. Toutes les galaxies qu’il contient ont en commun de converger vers ce qu’on nomme le Grand Attracteur, zone dévoilant une anomalie gravitationnelle de l’espace intergalactique. Le Grand Attracteur se déplace lui-même vers le superamas de Shapley, lui-même tout près du Vide du Bouvier, région contenant moins de galaxies que d’autres, vous l’aurez deviné si vous avez lu jusque là. Dans l’univers visible, formé il y a un peu moins de 14 milliards d’années, il y aurait autour des 10 millions de superamas, 25 milliards d’amas et 30 milliards de trillions d’étoiles. Et dire que nous sommes peut-être tout seuls dans cette immensité.

20:34 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |