24/04/2015

"Hacker", quand la paranoïa s'affiche

nous.jpgSur l'affiche française de Hacker, déclinaison du modèle international (voir plus bas), "on" vend clairement le film sur sa tête d'affiche, Chris Hemsworth. Visage grave taillé à la serpe, mèches rebelles artistiquement placées sur un front soucieux, et photogénie intacte en dépit de la dramaturgie. Avec le titre français du film, son nom est le plus large de ce visuel. Mais juste au-dessus, une ligne nous rappelle que le métrage est réalisé par Michael Mann, dont on cite même trois autres films, Heat, Collateral et Révélations. Les autres images de l'affiche ne peuvent quant à elles être décodées qu'après visionnement de l'oeuvre. Séquence de ballet nocturne asiatique, des personnages brandissant des torches comme s'ils étaient en procession, et en dessous, un autre ballet, de tireurs cette fois, toujours dans une ambiance nocturne mais dans un lieu impossible à identifier. Et puis il y a cette phrase d'accroche, "Nous n'avons plus le contrôle", constat anxiogène d'un monde où la paranoïa devient une réalité presque tangible et contre laquelle il n'y a plus moyen de lutter. Promesse aussi d'un récit traitant de la perte et des dérives qui s'ensuivent - si nous n'avons plus le contrôle, c'est quelque part que nous l'avons perdu. Sur l'affiche américaine de Blackhat, cette phrase est la même, comme on peut le voir ci-dessous.

we.jpg"We are no longer in control". Traduction quasi littérale, donc. Et pourtant pas toujours. Sur d'autres modèles de l'affiche, voici ce qu'on peut lire:

you.jpg"You are no longer in control". Soit, littéralement, "Vous n'avez plus le contrôle". De nous à vous, ou de vous à nous, le glissement, s'il ne modifie pratiquement pas le sens général ni le sentiment de paranoïa qui est à l'oeuvre, conditionne en revanche différemment celui qui lit ou voit la phrase en question. Le nous est inclusif là où le vous demeure purement exclusif. Le nous concerne tout le monde, acteurs comme spectateurs du monde, le vous n'implique en revanche plus que les seconds. C'est visiblement la première option qui a été retenue. Dans le monde entier? Pas forcément. Voici par exemple un modèle italien sur lequel on peut lire "Sempre connessi".

sempre.jpgCe qui signifie... "Toujours connectés". Neutre (trop), efficace (pas assez) et sobre (pas tant que ça). Question de point de vue, comme toujours.

Hacker est actuellement à l'affiche (c'est le cas de le dire) aux cinémas du Grütli.

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10/12/2014

"La French", arrêt sur générique

la-french.jpgCe visuel se décline sur plusieurs affiches de La French. Il est standard et s'inspire des modèles américains sur lesquels les principaux acteurs du générique d'un film se retrouvent cités dans une succession de portraits en forme de vignettes. Quelque chose frappe, cependant. Aucun des six noms ici mentionnés ne correspond à la photo qui se trouve juste en dessous. Pour l'expliquer, il faut rappeler que la position - taille, importance, ordre - au générique d'un comédien (et bien sûr sur les affiches du film) se négocie fréquemment par contrat. Dans La French, Dujardin arrive forcément en tête de liste, suivi de Gilles Lellouche. Et leurs noms sont bel et bien dans le bon ordre ci-dessus. Mais pour les photos, une autre logique prévaut. Celle de la centralité. Les têtes d'affiches d'un film sont forcément au centre. De l'intrigue, du produit, et donc des instruments de promotion. Tel ce visuel. D'où la présence de Dujardin et Lellouche au milieu.

On notera également que chacune des vignettes ci-dessus reproduit une scène d'action du film et non un simple portrait de celle ou celui qui la joue. Les acteurs y sont en situation, parfois même en pleine course - c'est le cas de Céline Sallette en 2 et Benoît Magimel en 6. Enfin, le nom du réalisateur (Cédric Jimenez) est également cité - avec un lettrage de la même taille que les autres - mais à la fin, en bas de ce visuel, juste sous le titre du métrage. C'est logique dans la mesure où l'argument de vente du film, c'est Dujardin. Au point qu'on pourrait même s'étonner que son nom ne se détache pas en gros au-dessus des cinq autres. Négociations, là aussi? Mystère. Dans tous les cas, voici l'ordre correct des acteurs d'après les photos:

Guillaume Gouix / Céline Sallette / Jean Dujardin / Gilles Lellouche / Mélanie Doutey / Benoît Magimel

Quant au film, il est tout à fait OK dans son genre.

La French est actuellement à l'affiche en salles.

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26/10/2014

"Fury", l'affiche qui ne dit pas tout

FURY.jpgVoici l'une des affiches préventives de Fury de David Ayer, film de guerre relativement classique mais plutôt solide, à la mise en scène graphique et coulante alternant gros plans et séquences de combat avec une certaine habileté, comme l'exige en général le genre. Les cinq personnages principaux posent sur leur tank, en fonction de l'objectif, dans la tradition des photos de plateaux. Très symétrique, l'ensemble fait peu réaliste, et le ciel a l'air d'écraser les soldats. Trois mots se détachent. Honor, Glory et War. Honneur, gloire et guerre. Même sans pratiquer l'anglais, tout le monde est à même de comprendre. D'autant plus que ces trois thèmes sont tellement récurrents dans le film de guerre que les reproduire ici relève du lieu commun. Sauf que là, ces trois mots semblent avoir été attribués respectivement à trois personnages, quitte à agir comme spoilers. Une interprétation que la vision du film ne confirme cependant pas tout à fait.

Plus bas sur l'affiche, le titre du film est répété trois fois, assorti du mois de sa sortie. Mois erroné, Fury étant sorti le 22 octobre et non en novembre (du moins sur certains territoires, dont le nôtre). Enfin, plus discrètement, le nom du réalisateur, David Ayer, figure en petit, au milieu de l'affiche, au niveau des bottes de Brad Pitt. Quant aux acteurs, rien. Leurs noms sont les grands absents de ce visuel. Même si la pratique est courante, elle demeure étonnante. Avec Brad Pitt ou Shia LaBeouf en têtes d'affiche (pour ne mentionner qu'eux), le marketing tenait là un argument de vente légitime. Que révèle alors cette omission volontaire? Tout simplement que le personnage de Fury, c'est le groupe (de soldats) et non tel ou tel individu - ou acteur - en particulier, et cela même si Brad Pitt semble prendre le dessus sur les autres. Un point que le film confirme, chaque acteur y tenant un rôle à peu près égal.

Fury est actuellement à l'affiche en salles.

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