15/10/2015

A-t-on détecté une civilisation extraterrestre?

kepler.jpgLa nouvelle agite les réseaux sociaux depuis ce matin. Notre bien-aimé télescope spatial Kepler (vue d'artiste ci-dessus), qui a observé autour des 150 000 étoiles entre 2009 et 2013 afin de détecter la présence d'exoplanètes autour d'elles, s'est aussi braqué sur KIC 8462852, qui se trouve entre les constellations du Cygne et de la Lyre. Et il a "vu" quelque chose. KIC 8462852 est une étoile invisible à l'oeil nu qui se trouve à 1480 années lumière de la Terre, donc pas tout près - sa distance en kilomètres et le temps qu'il faudrait pour y aller sont incommensurables à notre petite échelle humaine. Et ce qu'a trouvé Kepler autour de KIC 8462852 suscite moult interrogations.

Rappelons ici que pour détecter la présence d'une exoplanète, l'observation de variations de lumière obstruant leur étoile peut suffire. C'est la méthode dite du transit. Des variations de lumière, et plus particulièrement des chutes dans ces variations, autour de KIC 8462852, Kepler en a enregistré deux en 2009, une autre en 2011 et plusieurs autres en 2013. Le problème, c'est que celles-ci ne correspondent pas à l'obstruction, même partielle, de l'étoile. Elles sont brutales, durables et totalement imprévisibles. Il s'agit donc de trouver une explication à la présence de ce qu'on peut supposer être une mégastructure autour de KIC 8462852. Car quelque chose s'interpose bel et bien entre l'étoile et nous. Mais quoi?

Pour l'instant, les causes dites naturelles s'effondrent les unes après les autres comme châteaux de cartes. Ces variations de lumière pourraient-elles être causées par des éclats provoqués par des collisions d'astéroïdes, le même type que ceux qui ont créé la lune? Impossible, les chocs ne sont pas suffisants pour créer de telles variations, affirment les scientifiques. Pourrait-il s'agir du passage d'une autre étoile traînant à sa suite une nuée de comètes? Coïncidence trop extraordinaire pour être crédible, assènent les mêmes. Un mouvement inopportun du télescope spatial ou l'enregistrement de données de piètre qualité pourraient-ils en être la cause? Nullement, tout a été vérifié et recontrôlé. Autres hypothèses, la présence d'un nuage de particules de carbones obstruant KIC 8462852, ou celle d'un disque de poussière similaire à ceux qu'on peut voir autour de jeunes étoiles. Mais dans les deux cas, ces poussières laisseraient des signatures détectables dans l'infra-rouge. Or il n'y en a aucune trace ici.

Restent alors les explications non-naturelles. Telle l'hypothèse que ces variations de luminosité soient provoquées par des mégastructures artificielles, par exemple un réseau de panneaux solaires géants capables de capter l'énergie de l'étoile, panneaux mis en orbite par une civilisation extraterrestre avancée. C'est un astronome de l'Université de Pennsylvanie, Joe Wright, qui a émis cette supposition en découvrant les courbes de luminosité enregistrées autour de KIC 8462852. Désormais, un groupe de scientifiques va se pencher sur l'affaire et pointer un radiotélescope géant en direction de cette étoile, afin de voir si en émanent des signaux radio artificiels, ce qui prouverait la présence d'une civilisation extraterrestre. Des éléments de réponse devraient être communiqués en janvier. A suivre de très près, cela va sans dire.

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05/10/2015

Cérès, un mystère qui perdure

occator.jpgPendant que la NASA tente de faire diversion en découvrant, sans doute et peut-être, de l'eau liquide sur Mars, puis en mettant en ligne sur Flickr 8000 clichés des missions Apollo 7 à 17, le reste de l'actualité astrophysique passe à la trappe. A peine quelques dépêches sur Pluton - mais le temps viendra forcément où de nouveaux clichés apparaîtront. Et rien sur Cérès. Plus petite planète naine du système solaire - elle gravite dans la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter -, elle fit parler d'elle il y a quelques semaines et mois pour des clichés captés par la sonde Dawn révélant de mystérieuses lumières émises depuis l'intérieur d'un cratère, l'Occator. Puis on en reparla à l'occasion de la découverte d'un étrange cône pyramidal à sa surface, cône dont l'origine géologique ne semble pas faire de doute. A partir du 8 décembre, la sonde Dawn ne devrait plus être qu'à 375 km. d'altitude au-dessus de Cérès. En attendant, depuis les salves de clichés publiés au début de l'été, d'autres images sont apparues, distillées au compte-goutte.

Ci-dessus, on voit plus nettement les mystérieuses lumières émises dans le cratère Occator. Ce cliché est en réalité formé à partir de deux images, l'une en exposition normale, l'autre en exposition courte. Que sait-on d'autre? Peu de chose, sinon - et c'est une certitude - que du brouillard se forme autour des étranges lumières et que celles-ci sont probablement provoquées par la lumière du soleil frappant des surfaces réfléchissantes. Ce qui laisse à penser que ces points de lumière sont peut-être constitués de glace. Face à cette énigme, la NASA avait demandé aux internautes leur avis sur la question en leur suggérant six explications possibles: la fumée d'un volcan, la vapeur d'un geyser, de la roche, de la glace réfléchissant la lumière, un dépôt de sel ou... autre chose. L'hypothèse de la lumière réfléchie sur de la glace a été plébiscitée à 30% mais devancée à 40% par celle qui affirme qu'il s'agit d'autre chose. Retour à la case départ, en somme. 

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01/10/2015

Planètes habitables: il pourrait y en avoir des millions!

planetes.jpgVoilà bien un domaine où les news ne cessent de se contredire d'un communiqué à l'autre. Il y a quelques mois, on nous assurait que le nombre de galaxies comportant des civilisations capables de conquête interstellaire, sur 100 000 d'entre elles (ce qui est fort peu), était égal à zéro. Il y a deux jours, une étude attestait que le nombre de planètes habitables dans notre galaxie était de plusieurs millions. En apparence, ces deux constats semblent se contredire. Il n'en est rien. Car habitable ne signifie pas habitée, et des galaxies sans traces de civilisations développées ne sont pas forcément inhabitées pour autant. Mais voyons plutôt comment une nouvelle étude, publiée au début de cette année dans Science Express, pourrait infléchir la tendance consistant à penser que les exoplanètes habitables ne sont pas légion. Pour cela, une équipe de chercheurs a observé les exoplanètes qui orbitent autour de naines rouges ou oranges, c'est-à-dire de petites étoiles. Ils ont ensuite déduit que les planètes situées dans la zone habitable de ces étoiles - distance qui permet de supposer l'existence d'eau liquide - subissaient un verrouillage gravitationnel. En d'autres termes, qu'elles ne présentent toujours qu'une même face à leur étoile (comme la lune par rapport à la Terre) en tournant sur elles-même. Et auraient ainsi un côté surchauffé et un autre glacé. Et donc seraient inhabitables.

Mais d'autres calculs révèlent que ce n'est peut-être pas le cas. Et que la pression atmosphérique provoquant cette rotation entraîne un effet de friction qui fait que les exoplanètes ne subissent plus ce verrouillage gravitationnel. Et donc qu'elles connaissent bien, comme sur terre, une succession de jours et de nuits. Cette légère modification dans les paramètes et les calculs augmente considérablement le nombre potentiel d'exoplanètes habitables. Qui approcherait dès lors des 100 millions. Quant à savoir si elles abritent de la vie ou pas, c'est une autre affaire. Améliorer la puissance des télescopes terrestres ou spatiaux permettra peut-être d'y répondre. Quant à y aller voir, non non, n'y songez même pas. La probabilité que nous puissions communiquer avec d'autres civilisations, pour autant qu'elles existent, demeure même à peu près nulle. Affirmation à laquelle j'ai déjà consacré plusieurs billets ici-même et dont je reparlerai tôt ou tard.

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