28/09/2015

Preuves d'eau sur Mars, la NASA nous mène en bateau

mars.jpgTout ça pour ça. Jeudi 24 septembre, la NASA mettait le monde entier en alerte - il paraît qu'on appelle ça créer le buzz - avec un message sibyllin mis en ligne sur son site. "Nous sommes sur le point d'annoncer la résolution d'une énigme martienne". Au final, c'est un coup dans... l'eau. De l'eau semblerait couler sur la surface de Mars sous forme de ruisseaux de saumure, claironnait lundi à peu près en ces termes John Grumsfeld, l'un de ses administrateurs. De l'eau liquide ou salée selon les dépêches et les médias qui relayent celles-ci. Championne dans l'usage du conditionnel et de certains verbes attributifs, la NASA ne fait que confirmer une news déjà relevée par des scientifiques en février 2014 et qui affirmait que les petites zébrures visibles sur l'image (ci-dessus), structures géologiques particulières (Recurring Slope Lineae, ou RSL), étaient formées grâce à de l'eau. En plus, la présence d'eau liquide sur la planète rouge ne prouve absolument pas qu'elle abrite de la vie. Donc une fois de plus, le recyclage de news éventées et en attente de preuves qui ne viennent jamais est bien le fonds de commerce de l'Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace. Quant aux photos mystérieuses suscitant les théories les plus farfelues de la part des internautes, la NASA ne les commente en général que pour souligner qu'il s'agit de phénomènes naturels. Pour ce qui est de la communication, le progrès s'est arrêté en chemin.

22:53 Publié dans Astrophysique, Humeur, Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

24/09/2015

Le mystère de l'hexagone de Saturne en passe d'être expliqué

saturne.jpgDécouverte dans les années 80 sur Saturne, cette immense structure hexagonale, qui est un vaste nuage, ici (cette image a été prise en 2013 par la sonde Cassini) comparé à l'échelle de la Terre, défie les scientifiques. Peut-être plus pour longtemps. La NASA, qui l'étudie depuis plus de trente ans, vient de déceler des courants d'air au-dessus et en-dessous du nuage. Leurs perturbations, combinées à des interactions entre le courant extérieur et des flux atmosphériques moindres, pourraient expliquer sa forme et sa position. Ils en ont tiré un modèle mathématique qu'il va dès lors s'agir de mettre en relation avec d'autres modèles, histoire de savoir si cette explication est la bonne. Cet hexagone se situe dans la région polaire nord de Saturne (on le voit mieux sur l'image ci-dessous) et il s'agit en réalité d'une immense tempête, ou plus précisément d'un ouragan dont le tourbillon central est parfaitement visible. Il s'étend sur 32000 kilomètres de large et fait 100 kilomètres d'épaisseur. N'importe lequel de ces systèmes, à l'intérieur ou à l'extérieur, serait susceptible de ravager un continent entier. Ce qui nous rappelle surtout qu'il n'y a guère d'endroit où survivre dans le système solaire, à l'exception de notre planète.

Saturne2.jpg

21:56 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

19/08/2015

A la recherche de l'enfance de Jupiter

exoplanete.jpgDepuis qu'on a médiatisé la découverte d'une exoplanète fort similaire à la Terre (c'était ici dans mon blog), le terme est rentré dans le langage courant. Pas un jour ne passe sans qu'on puisse lire des dépêches attestant de l'observation (indirecte, non pas au télescope, mais déductible, pour faire simple, d'après la trajectoire qu'elles effectuent par rapport à leurs étoiles) d'autres exoplanètes. L'Union internationale d'astronomie organise même une consultation publique pour attribuer un nom à 305 d'entre elles ! Il y a deux jours, 51 Eridani b (vue d'artiste ci-dessus) faisait son apparition. Détectée grâce à l'instrument Gemini Planet Imager, basé au Chili, elle présente des caractéristiques physico-chimiques très proches de celles de Jupiter, géante gazeuse de notre système solaire. Dont semble-t-il une forte concentration de méthane. Mais elle est surtout beaucoup plus jeune, puisqu'elle ne serait apparue qu'environ 40 millions d'années après l'extinction des dinosaures chez nous. Son observation va donc permettre de mieux saisir l'évolution de Jupiter et de semblables gazeuses. 51 Eridani b se situe à 100 années-lumière de la terre (oui, très loin), sa masse vaut deux fois celle de Jupiter et sa température avoisine les 426 degrés.

18:05 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |