23/07/2015

Ce cliché de Pluton soulève bien des mystères

pluton.jpgUne vaste zone très noire, parsemée de structures qui ressemblent furieusement à des cratères, voisine avec une région beaucoup plus claire et d'aspect très plane. Les scientifiques ont renommé la première Cthulhu (ceux qui ont lu Lovecraft se retrouveront en territoire connu, si j'ose dire) et la seconde Tombaugh Regio (du nom du découvreur de Pluton, Clyde William Tombaugh, qui a détecté la planète naine en 1930). Ce cliché est un détail de la surface de Pluton, tel qu'il a été photographié voici quelques jours par la sonde New Horizons, à la frontière entre Cthulhu et Tombaugh Regio. Et cette photo soulève de nombreuses questions. En effet, il ne devrait y avoir aucune activité géologique sur Pluton. Celle-ci est trop vieille pour que sa chaleur primordiale ait été conservée, et trop petite pour que la force de marée la réchauffe. L'absence de cratères dans certaines zones semble pourtant indiquer ici une activité géologique. Sans compter que les deux régions ont l'air d'interagir entre elles. Selon les spécialistes, Cthulhu est âgé de plusieurs milliards d'années et Tombaugh Regio de 100 millions d'années "seulement". Ces chiffres font-ils sens? Je vous laisse juges.

Mais de toute façon, Pluton n'est guère "vivable". Le soleil y brille mille fois moins que sur Terre et la température moyenne tourne autour des - 240°C. La gravité sur la planète naine est de 0,066. En d'autres termes, un saut d'un mètre de haut sur la Terre y équivaut à 15 mètres. Son atmosphère est composée à 99,5% d'azote et à 0,5% de méthane. Quant à l'année plutonienne, elle dure environ 120 ans. Reste donc pour l'instant à attendre plus de clichés, de données et d'informations de la part de New Horizons. D'ici au 14 septembre, la sonde n'aura transmis qu'1% de ses données. Puis celles-ci nous parviendront, dès novembre, sous un format moins compressé. Le processus de transmission devrait durer un an. Parmi tout cela, il y aura forcément du nouveau. Des réponses à plusieurs questions ou de nouvelles interrogations? Sans doute des deux.

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22/07/2015

On va retourner sur la lune. Mais pour quoi faire?

nasa_lune.jpgLa Terre est difficilement vivable et l'espace invivable. Mais ailleurs? On ne sait. Sauf que pour le moment, le reste de notre système solaire a l'air globalement impraticable et inhospitalier. Cela ne va pas empêcher la NASA de renvoyer des hommes sur la lune bientôt. Le programme inclut d'abord un alunissage robotique dès 2017. Les rovers se mettraient ensuite en quête d'hydrogène, peut-être dans les pôles de notre satellite, avant d'y ébaucher la construction d'une base pour accueillir des humains, aux alentours de 2030. Le projet est pour le moment à l'état d'étude, mais quelques personnes l'ont validé. L'étape suivante serait la colonisation de Mars, que certains optimistes situent à la fin du XXIe siècle. Ce qui est encore envisageable et à portée d'esprit. En revanche, pour la conquête interstellaire, les choses se corsent un poil. La Terre n'étant à long terme pas un endroit sûr, il serait tôt ou tard judicieux de déménager. Vers d'autres systèmes solaires, par exemple. Le problème, c'est que le plus proche du nôtre, Proxima Centauri, se situe à 4,2 années lumière. Une bagatelle par rapport à la taille de l'univers, mais un sacré obstacle à l'échelle humaine. Un engin voguant à 10 000 km/h mettrait un peu plus de 450 000 ans pour l'atteindre, la Mission Apollo 10 environ 110 000 ans et la sonde Hélios 2, dont la vitesse voisine les 252792 km/h, autour des 18 000 ans.

Dans tous les cas, il y a un léger souci, dira-t-on. L'un des scénarios serait d'y envoyer un vaisseau générationnel, composé d'une population qui pourrait se reproduire sur 60 ou 80 générations. Selon certains anthropologues, il faudrait idéalement entre 10 000 et 40 000 personnes pour conserver une bonne diversité génétique au sein de cette population, probablement répartie sur plusieurs vaisseaux, et cela au cas où une épidémie viendrait à en décimer un. Après tout, les humains descendent bien tous d'une colonie d'environ 10 000 homo sapiens qui auraient colonisé la Terre à partir de l'Afrique durant un peu plus de 200 000 ans. Mais la comparaison s'arrêtera là. Car pour être franc, je ne crois guère à la colonisation interstellaire sous cet angle. Et serais plus enclin à espérer qu'on puisse un jour dompter les distances en dépassant la vitesse de la lumière, ou en la contournant (via des trous de ver ou autres, raccourcis de l'espace-temps dont l'existence n'est que spéculative). Ce qui ne manquerait pas, d'ailleurs, de poser bien d'autres problèmes sur lesquels je reviendrai tôt ou tard.

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16/07/2015

Pluton se dévoile, le mystère s'épaissit

pluton.jpgLa NASA s'agite, l'équipe de New Horizons s'affaire. Sur cette photo possiblement mise en scène, on voit les responsables du projet et de la sonde face au cliché de Pluton qui a fait le tour de la planète depuis le 14 juillet. Mais il faudra environ seize mois pour que la sonde New Horizons, qui est partie pour Pluton voici neuf ans, transmette toutes les données qu'elle a collectées de la planète naine et de sa principale lune, Charon. Les premiers éléments et clichés parvenus apportent cependant tout autant de réponses que de questions. Par exemple, sur l'une des photos zoomée de Pluton, aucune trace d'impact n'apparaît dans une largeur d'environ 250 kilomètres. Le problème, c'est qu'il ne devrait y avoir que ça. Située dans la ceinture de Kuiper, Pluton est en effet régulièrement bombardée de débris. Selon certains géologues, cela s'expliquerait par le fait que Pluton est encore un astre actif, avec possibilités de séismes ou d'érosion à sa surface. Mettons... Autre "détail" troublant, la formation de montagnes, apparemment récentes, sur la planète naine, elle-même recouverte d'une croûte glacée aux pôles. Elles font autour de 3500 mètres d'altitude. Quant à Charon, on y découvre une vaste zone foncée au Pôle nord. Surnommée le Mordor (comme les ténèbres dans Le Seigneur des anneaux), elle comporte des falaises et des canyons, dont un de 10 kilomètres de profondeur. En attendant d'en savoir plus et de recevoir des données plus précises, New Horizons va continuer sa mission historique en direction de la ceinture de Kuiper, gigantesque amas de débris au-delà de l'orbite de Neptune.

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