14/09/2016

eLisa à la conquête des trous noirs supermassifs

trounoir.pngEn 2030, l’Agence spatiale européenne enverra eLisa dans l’espace, un instrument capable de sonder l’univers observable et qui devrait en permettre d’en savoir plus sur la fusion des trous noirs supermassifs. Ces fusions, fréquentes, surviennent lors de collisions entre galaxies. C’est même ainsi que les galaxies croissent. Or chaque galaxie contient en son cœur un trou noir supermassif dont la masse s’échelonne entre quelques millions et quelques milliards de masses solaires. Comme toutes les galaxies possèdent le leur, c’est aussi le cas de la nôtre, la Voie lactée (une vue d’artiste le représente dans l’image ci-dessus). On suppose que ces trous noirs croissent de pair avec leurs galaxies, les masses des deux étant liées d’une manière qu’on connaît encore mal. La fusion des trous noirs supermassifs génère par ailleurs de puissantes ondes gravitationnelles, telles que celles captées en février de cette année et prouvant la courbure de l’espace-temps que préconise la relativité d’Einstein (lire ici). Une nouvelle enrichie depuis d’un second signal analogue, plus faible que le précédent car plus lointain (1,4 milliard d’années lumières de la Terre), engendré par la fusion de deux autres trous noirs. Pour un détecteur terrestre, il est malheureusement impossible d’observer une bande de longueurs d’onde correspondant à ces ondes gravitationnelles. C’est là qu’interviendra eLisa. On sait qu’une fois entamée la fusion entre deux galaxies, leurs trous noirs respectifs mettent environ 10 millions d’années pour fusionner à leur tour. C’est notamment ce qu’eLisa devra confirmer.

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13/09/2016

Etrange signal venu de l'espace et hypothèse extraterrestre avancée (1)

signal.jpgUn «candidat SETI» - du nom du programme spatial mis en place dans les années 60 pour rechercher des signes d’intelligence extraterrestre et donc traquer les sons et signaux interstellaires - est un signal qui se démarque suffisamment des autres pour que l’hypothèse d’une émanation provenant d’une civilisation alien se profile. Début septembre, la NASA faisait état d’un tel signal, enregistré le 15 mai 2015 par un radiotélescope caucasien, en Russie, près de la frontière avec la Géorgie. Et sa signature est étroite, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus. Autrement dit, il ne s’assimile pas à ces bruits cosmiques naturels que provoquent pulsars, quasars ou gaz interstellaires. Selon l’institut SETI, les signaux à bande étroite sont en revanche la marque d’un émetteur volontairement construit. D’où l’hypothèse d’un signal émis par une civilisation extraterrestre de type I ou II (je donnerai suite à ce billet dans la semaine pour expliquer de quoi il s’agit). Mais attention, il s’agit d’une hypothèse parmi d’autres, et pas forcément de la plus évidente parmi celles qu’on peut émettre. Il est d’ailleurs possible que le signal soit en réalité causé par une interférence d'origine terrestre.

Mais au fait, d’où provient-il, ce singulier son ? D’une étoile située à 95 années-lumière, donc relativement proche à l’échelle de la galaxie, étoile baptisée du nom de HD 164595. Elle serait similaire à notre Soleil et aurait environ 6,3 milliards d’années. On sait également qu’autour de cette étoile gravite au moins une exoplanète qui boucle son orbite en 40 jours. Quant au signal lui-même, il a été émis en 1920, soit il y a près de cent ans. Voilà à peu près tout ce qu’on sait sur l’affaire. Une conférence de presse est prévue fin septembre lors du 67e Congrès international de l’astronautique à Guadalajara (Mexique), promettant des détails sur cette étoile HD 164595 dont la gamme de fréquence n’a pas encore été entièrement couverte par l’institut SETI. En attendant, je rappelle qu’un seul signal authentifié comme émanant d’une activité extraterrestre suffirait à infirmer le paradoxe de Fermi. Mais nous en sommes encore très très loin.

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14/07/2016

Et hop, une planète naine de plus dans le système solaire!

naine.pngLe tracé orange sur le graphique ci-dessus dévoile son orbite. Son nom ? 2015 RR245. Bien sûr, il est provisoire. Et désigne une nouvelle planète naine qu’on vient de découvrir dans notre système solaire. Elle se trouve encore plus loin que Neptune ou Pluton. On estime sa taille à 700 km. Détectée par un programme de recherches sur les traces du relevé des origines du système solaire externe, 2015 RR245 est un objet transneptunien. Près ou à l'intérieur de ce qu’on nomme la ceinture de Kuiper, ceux-ci semblent fort nombreux, sont les plus primitifs du système solaire et orbitent donc très loin. Découverte en février de cette année, 2015 RR245 possède une orbite très elliptique (on le voit clairement sur le schéma) dont la période avoisine les 700 ans. On suppose que cette orbite est stable depuis environ 100 millions d’années. Elle atteindra son périhélie (position la plus proche du soleil) en 2096. Elle demeure néanmoins, avec Pluton et Eris, l’une des plus grosses planètes naines découvertes parmi les objets transneptuniens. Rappelons que cinq planètes naines ont été répertoriées à ce jour dans le système solaire : Pluton, Eris, Makémaké, Haumea et Cérès, dont il fut souvent question dans ce blog. Mais il existe 404 objets transneptuniens qui pourraient être des planètes naines potentielles. Parmi ceux-ci, Charon, Sedna et Salacie. La liste changera sans doute dans les mois à venir. Je vous tiendrai au courant.

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