10/03/2015

Poussières de galaxie

a.jpgObserver loin dans l'espace, c'est remonter loin dans le temps. Les relativistes comprendront. La galaxie A1689-zD1 (délimitée par un carré sur cette image) se situe à 13 milliards d'années-lumière. C'est-à-dire qu'elle s'est formée peu de temps après la naissance supposée de l'univers, estimée à 13,7 milliards d'années. Des scientifiques l'ont récemment scrutée, fixant un point de l'espace situé à environ 700 millions d'années après le Big Bang. Et ils ont constaté plusieurs choses. Et notamment que le système de A1689-zD1, qui est cent fois moins massive que la Voie lactée, est constitué d'une quantité de poussière extrêmement importante et d'éléments chimiques lourds. Tous deux sont nécessaires, voire indispensables, à la formation d'étoiles et de planètes. Ce qui suggère que cette galaxie a commencé à former des étoiles 560 millions d'années après le Big Bang. Or on sait que les premières galaxies se sont formées à partir de gaz. En clair, A1689-zD1 semble plus mature que son "jeune" âge. D'où l'étonnement des chercheurs ayant procédé à ces observations. Et la preuve que scruter l'espace ne cesse jamais de remettre en question, ou plutôt de redéfinir, les modèles théoriques astrophysiques fixés par la science.

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09/03/2015

On a enfin observé une "croix d'Einstein"

supernova.jpgEn 2015, la découverte de la théorie de la relativité générale d'Einstein aura cent ans. Cette image, prise il y a quelques jours à peine par des astronomes de l'université de Berkeley, tombe donc à pic. On y voit clairement une galaxie (lointaine) entourée par quatre points jaunes (désignés par de petites flèches). Il s'agit là d'un mirage gravitationnel et d'un phénomène connu sous le nom de "croix d'Einstein". Un phénomène que les scientifiques traquent depuis vingt ans et qu'ils n'avaient encore jamais observés. Ces quatre points sont en réalité la même supernova. Mais son image a été déformée et multipliée par un effet dit de "lentille gravitationnelle". Formée par l'explosion d'une étoile en fin de vie, il y a environ 9 milliards d'années, cette supernova semble apparaître ici à quatre endroits distincts.

Une multiplication qui s'explique par l'influence de la masse des galaxies se trouvant entre la supernova et le télescope qui l'observe. En effet, la masse de cet amas de galaxies, estimable à plusieurs millions de milliards de fois celle du soleil, courbe l'espace-temps autour de la supernova (ce que démontre justement la théorie de la relativité générale). Au point que la lumière provenant d'astres situés derrière cet amas engendre des images déformées et multiples. En 1979, on avait fait une observation partielle d'une "croix d'Einstein", via un quasar dédoublé par une galaxie. Ici, la supernova est quadruplée. Mais le phénomène ne durera pas. Les explosions d'étoiles, ou supernova, s'étendent de quelques semaines à quelques mois au plus. On estime qu'il s'en produit entre une à trois par siècle dans notre galaxie. Celle ci-dessus se situe évidemment bien au-delà.

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06/03/2015

Y a-t-il eu de l'eau sur Mars?

mars2.jpg

C'est ce qu'affirme la Nasa et la Nasa ne plaisante généralement pas avec ce genre de choses. Tout cela en observant deux formes légèrement différentes d'eau, soit celle formée de deux atomes d'hydrogène et un d'oxygène (symbole H2O), et une autre, appelée semi-lourde, dans laquelle l'un des deux atomes d'hydrogène est remplacé par du deutérium (symbole HDO). Les signatures chimiques de ces deux molécules d'eau sont sensiblement différentes, et l'analyse de l'atmosphère martienne, combinée à l'observation du ratio entre l'eau "normale" et la semi-lourde, montre qu'il y en a eu sur Mars il y a longtemps. Et même en grande quantité, puisqu'elle couvrait environ 19% de la planète. Un océan plus vaste que l'Atlantique, lequel occupe 17% de la surface terrestre. Et un océan visiblement profond, jusqu'à plus de 1600 mètres par endroits.

Mais alors, où est-il passé? C'est simple, il s'est évaporé dans l'espace. Du moins 87% de sa masse. Et les 13 % restants? Probablement les blocs de glace qui subsistent près des pôles martiens. Cette période aquatique est évidemment lointaine, puisque l'ère chaude et humide de Mars remonterait à 3,7 milliards d'années. De là à supposer que notre voisine a pu abriter des formes de vie, il y a un pas qu'on espère voir franchi dans les mois à venir. D'autant plus qu'on sait, depuis décembre, qu'il y a énormément de méthane (symbole CH4) sur Mars, soit un gaz qui est le plus simple des hydrocarbures et surtout, qui "peut" être issu de la fermentation de matières organiques animales ou végétales. Bien sûr, en l'état, tout cela ne prouve rien pour l'instant. Alors on va patiemment attendre d'autres découvertes.

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