18/02/2015

Cette étoile nous a frôlés il y a 70 000 ans

scholz.jpgOn ne distingue finalement jamais grand-chose sur les clichés pris de portions plus ou moins lointaines (dans l'espace-temps) de l'univers. Ou alors faut-il commenter ce qu'on y voit. Ici une sorte d'amas, visiblement plus interstellaire que galactique. Dans le cercle, il y a une étoile. Elle s'appelle étoile de Scholz, du nom de son découvreur en 2013, un astronome allemand. Sa particularité? Elle est passée tout près de notre système solaire. En fait, aucune étoile ne s'est même jamais approchée aussi près. C'était il y a environ 70 000 ans, soit à l'époque de l'homme de Neandertal, apprenait-on le 12 février dernier dans la revue The Astrophysical Journal. L'étoile de Scholz a frôlé le système solaire, passant à 0,8 années lumière du soleil. Elle aurait ainsi traversé le nuage d'Oort, gigantesque région constellée de petits corps rocheux et entourant notre système solaire. Le nuage d'Oort se trouve à une année-lumière du soleil. C'est tout près. Sa frontière externe formerait la frontière gravitationnelle du système solaire. Celle-ci se trouve à plus de mille fois la distance entre le soleil et Pluton. Tout près, vous dis-je.

Et depuis? Depuis, l'étoile de Scholz s'est éloignée progressivement pour se trouver aujourd'hui à environ 20 années-lumières de la terre. Elle est désormais invisible à l'oeil nu et on ne sait pas grand-chose sur elle, sinon qu'il s'agit en réalité d'un système binaire composé de deux étoiles: une naine rouge (étoile de petite masse) et une naine brune (soit pas assez massive, donc "ratée"). La première aurait une masse de 8% de celle du soleil et la seconde de 6%. Ce n'est pas énorme. Les astronomes ne connaissent aucune autre étoile à s'être approchée aussi près de nous. Rappelons que l'étoile la plus proche du système solaire est Proxima du Centaure. Elle est située à 4,2 années-lumières de notre astre solaire. Cela ne paraît pas loin. Et pourtant, la sonde Voyager 1, qui voyage à la vitesse de 17 kilomètres par seconde, ne l'atteindra que dans environ 75 000 ans.

22:19 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

26/01/2015

Nos jours sont-ils comptés?

Apocalypse.jpgImage de désolation, de terre ravagée et de champignons atomiques. Est-ce à cela que ressemblera notre proche avenir? Jeudi 22 janvier, l'horloge de l'apocalypse, ou Doomsday Clock, a été avancée de deux minutes. Elle se trouve actuellement placée à 23 heures 57, soit trois minutes avant la fin du monde. Cette horloge est en réalité symbolique et a été conçue par des scientifiques en 1947. L'association qui la gère est entre autres composée de dix-huit Prix Nobel. Qui trouvent la situation préoccupante et jugent le risque de catastrophe planétaire très élevé. C'est-à-dire rapproché, probablement avant la fin de ce siècle. Ce sont essentiellement deux menaces qui les inquiètent.

D'abord le réchauffement climatique. Si on ne diminue pas rapidement l'accroissement des gaz à effet de serre (qui ont augmenté de plus de 50% depuis 1990), la planète émettra trop de dioxyde de carbone (ou CO2) pour les écosystèmes dont nous dépendons. Le climat terrestre en serait alors profondément bouleversé. Il y a ensuite le risque nucléaire. La prolifération des armes un peu partout dans le monde, l'incapacité à se débarrasser des déchets générés par les centrales, et bien sûr le péril que représenterait un conflit nucléaire, même circonscrit, ont tôt fait d'évacuer tout optimisme dans le domaine.

Pourtant, 23 heures 57 n'est pas la pire heure qu'ait connu l'horloge de l'apocalypse. En 1953, durant les phases de test des engins thermonucléaires des Etats-Unis et de l'URSS, elle avait même été avancée à 23 heures 58. Quand au moment le plus "calme" qu'elle ait connu, il se situe en 1991, à la chute de l'URSS, avec 23 heures 43 au cadran. Faut-il alors céder à la panique sans essayer de convaincre les gouvernements de tenter rapidement l'impossible pour que l'aiguille recule? Certainement pas. Mais attendons-nous malgré tout à de sacrés changements dans les décennies à venir. Et hélas pas forcément dans le bon sens.

20:25 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

22/01/2015

Un signal d'origine extraterrestre?

parkes.jpgObserver l'espace lointain de l'univers, c'est scruter le passé. Les faits ont eu lieu "hier" à l'observatoire de Parkes, en Australie. A travers ce radiotélescope (photo ci-dessus), des astronomes ont capté un mystérieux signal radio venu de très très loin. Soit d'une galaxie située à 5,5 milliards d'années-lumière de la Terre, non loin semble-t-il de la constellation du Verseau. Il dure quelques millisecondes et est constitué de brefs et puissants sursauts d'ondes radio. L'origine du signal pourrait avoir dégagé autant d'énergie que le soleil en produit en 24 heures. Le tout en quelques millisecondes. Si de tels sursauts d'onde avaient déjà été enregistrés (depuis 2007), c'est la première fois que des astronomes en observent un en temps réel. Voilà de quoi réveiller toutes sortes d'hypothèses. Notamment celle de l'apparition d'un trou noir suite à l'effondrement d'une étoile à neutron surdimensionnée. Seule certitude (encore que... ai-je envie d'ajouter), ce signal a été causé par un événement monumental et cataclysmique.

La nouvelle a été communiquée mercredi 21 janvier, mais curieusement, on en trouve très peu de traces sur internet, la plupart des sites se contentant de relayer la même dépêche, avec parfois quelques bribes d'information en plus. Je fais évidemment pareil, dans l'attente d'un éventuel développement. Notons que la vitesse des ondes radio est à peu près équivalente à celle de la lumière, soit 300 000 km/seconde. Ce qui pourrait signifier qu'il a fallu un peu plus de 5 milliards d'années au signal pour nous parvenir, ce qui est énorme. Quant à savoir les implications que ne manquera pas d'avoir cette découverte, il est encore trop tôt pour s'y hasarder. Mais il est permis de rêver. Et si ce signal était enfin la preuve, même très indirecte, que des puissances dotées d'intelligence ou de conscience sont (étaient) à l'oeuvre quelque part dans l'univers? Voilà qui infirmerait notamment le célèbre paradoxe de Fermi, auquel j'avais consacré un billet il y a quelques semaines (lire ici). A suivre attentivement.

23:07 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |