18/12/2014

Europe, un espoir pour le futur?

europe.jpgSurpopulation et explosion démographique sont des termes à peu près identiques. A l'échelle du globe, ils signifient que tôt ou tard, il y aura trop d'habitants et pas assez d'espaces habitables pour les abriter. Alors il faudra peut-être songer à aller voir ailleurs. Si les planètes habitables (à supposer qu'il en existe) des galaxies lointaines sont totalement inaccessibles pour notre technologie, il y a peut-être des ouvertures plus proches de la Terre. Au moment où le robot Curiosity a détecté du méthane en quantité importante sur Mars (gaz généralement produit par la fermentation de matières organiques animales ou végétales), possible preuve que la vie a pu y naître un jour, ou qu'elle y subsiste encore sous une quelconque forme, la sonde Galileo a récemment pris des clichés d'Europe. En voici deux.

Europe, satellite de Jupiter, le sixième plus gros du système solaire, d'un diamètre de 3121 kilomètres, révèle petit à petit ses secrets. Dont la présence d'un océan d'eau salée et de vastes lacs sous-marins traversés par des courants. Mieux, suite aux dernières analyses publiées en septembre, on apprenait que la croûte de glace qui le recouvre serait animée d'une tectonique des plaques analogue à celle que nous connaissons sur la Terre. En d'autres termes, Europe est peut-être habitable. Mais pour en avoir le coeur net, il faut aller voir sur place. Aussi la Nasa prévoit d'y envoyer des sondes en orbite, et pour certaines, de s'y poser puis de l'explorer. Parmi celles-ci, Lander, qui devrait y passer une trentaine de jours, et le Robot Valkyrie, qui prévoit même de forer sa couche glacée. La date de lancement de Lander est fixée en novembre 2021 et son atterrissage sur Europe en septembre 2029. En revanche, aucune date n'est encore arrêtée pour le lancement du Robot Valkyrie. Affaire à suivre? Oui, mais pas dans l'immédiat.

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25/11/2014

Le paradoxe de Fermi est-il toujours d'actualité?

fermi.jpgIl y a quelques jours, je publiais un billet consacré à l'étrange son capté par le robot Philae, dans le cadre de la mission Rosetta, sur la comète 67P (lire ici). Même s'il y a peu de chances (ou de risques) qu'il émane d'une civilisation extraterrestre présente ou passée, il réveille en nous, indirectement, ce fantasme du contact avec des aliens et de la preuve de leur existence quelque part (c'est-à-dire dans un espace et un temps probablement lointains). Cette annonce nous ramène également à une série d'interrogations qu'on nomme le paradoxe de Fermi. Le 20 mai 1950, au cours d'un déjeuner, le physicien italien Enrico Fermi, lors d'une discussion à propos des extraterrestres, s'exclamait à peu près en ces termes: "S'il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient déjà être chez nous. Où sont-ils donc?"

Pour certains, le paradoxe résulte d'un anthropocentrisme qui empêche de répondre à la question. D'autres l'ont reformulé, de manière à ouvrir le débat. Notre terre étant plus jeune que l'univers d'environ un milliard d'années, on peut alors supposer qu'au moins une civilisation extraterrestre de la galaxie, si tant est qu'elle existe ou ait existé, ait développé et entrepris une colonisation interstellaire, laquelle nécessiterait (et c'est prouvé) uniquement quelques millions d'années. Dans ce cas, nous devrions pouvoir observer des traces de cette civilisation. Mais nous n'en voyons pas. Ni traces ni signaux radio (ou autres) qui attesteraient d'une manifestation extraterrestre. Emprunté à la revue Sciences & Vie, le tableau ci-dessus fait à peu près le tour des réponses possibles au paradoxe de Fermi et chaque hypothèse émise pourrait être matière à débat.

La célèbre équation de l'astronome Frank Drake, formulée en 1961, et que voici

                 N = R^{*} ~ times ~ f_{p} ~ times ~ n_{e} ~ times ~ f_{l} ~ times ~ f_{i} ~ times ~ f_{c} ~ times ~ L

permet quant à elle de conclure que notre civilisation est probablement la seule de la galaxie. Je détaillerai cette formule, apparemment aride sans explications, dans un prochain billet. Cela étant, certaines des hypothèses et réponses au paradoxe de Fermi introduisent à une notion qu'on appelle Grand Filtre, concept introduit par un économiste américain, Robin Hanson, en 1996. Pour le comprendre, il faut rappeler une succession d'étapes nécessaires à l'existence d'une civilisation avancée.

Soit la formation d'une planète à bonne distance d'une étoile de taille moyenne (telle notre soleil), l'apparition d'une molécule capable de se reproduire, la formation des premières cellules (procaryotes) puis le développement de cellules complexes (eucaryotes), l'apparition de la reproduction sexuée puis de systèmes multicellulaires, et enfin l'évolution de la pensée et de l'intelligence conduisant au développement technologique. C'est l'étape à laquelle l'humanité se trouve en ce moment. La suivante serait l'expansion vers les autres étoiles et la colonisation de la galaxie.

La notion de Grand Filtre se trouve soit au niveau de cette dernière étape, soit dans nos étapes passées. Dans le second cas, cela signifierait que l'une ou l'autre de celles-ci sont très improbables et que la Terre est un modèle rare, voire unique, dans la galaxie. Dans le premier cas, cela pourrait vouloir dire que quelque chose (mais quoi?) va tôt ou tard s'avérer être un obstacle insurmontable à l'expansion galactique. En d'autres termes, si nous n'avons jamais observé le moindre signe de l'existence d'une vie extraterrestre, c'est peut-être parce que quelque chose bloque dans le processus aboutissant au voyage dans l'espace. Il va sans dire que la découverte d'un signal émanant d'une quelconque civilisation extraterrestre viendrait infirmer avec effet immédiat le paradoxe de Fermi.

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18/11/2014

Rosetta a-t-elle vraiment capté un son d'origine extraterrestre?


Non pas une image, cette fois, mais un son. Un son enregistré par le robot Philae il y a quelques jours sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, dans le cadre de la mission spatiale Rosetta. Un peu moins de 90 secondes d'oscillations probablement émises par le champ magnétique de l'objet céleste. Celles-ci sont en réalité trop faibles pour être perçues par l'oreille humaine, puisqu'elles émettent à une fréquence entre 40 et 50 millihertz. Pour l'entendre, il a fallu accélérer 10 000 fois cette fréquence et l'adapter à notre capacité auditive, entre 20 Hz et 20 kHz. Selon l'astrophysicien Klim Tchourioumov, découvreur de la comète 67P, ces sons étranges proviennent de la forme inhabituelle de son noyau, qui produit une sorte de musique cosmique, comme un instrument.

C'est assez troublant à entendre, même si le son a été adapté par un compositeur allemand. Troublant parce que pas très naturel, en fait. Faut-il pour autant en tirer des conclusions hâtives et parler de signal émis par des extraterrestres? Certes non. Il est même possible qu'il soit causé par le robot lui-même. Mais la propagation de cette nouvelle sur les forums et les sites du monde entier suscite forcément les théories et les commentaires les plus farfelus. Attendons de savoir ce qu'en diront les premières analyses.

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