07/03/2016

"Dans l'espace, personne ne vous entend crier"

ondes.jpgVoici une vue d’artiste illustrant comment le Soleil et la Terre courbent l’espace-temps. Accrédité depuis cent ans au moins, ce modèle n’est pas de la science-fiction et vient à peine de recevoir une stupéfiante confirmation. Annoncée il y a un mois, la détection d’une vibration de l’espace-temps, soit une onde gravitationnelle, provoquée par la collision de deux trous noirs situés à environ 3,4 milliards d’années, a en effet confirmé les théories émises par Einstein en 1916 concernant la relativité générale. Un pas de géant pour l’astrophysique, ouvrant des champs encore inédits pour l’astronomie gravitationnelle, vaste laboratoire du futur pour les physiciens qui planchent là-dessus. Preuve que les objets massifs courbent l’espace-temps – les images de la boule posée sur un drap tendu, ou des ondes générées par la chute d’un caillou sur un étang plane, en suggèrent une approche comparative -, et que ce dernier est en quelque sorte élastique, laissant se propager des ondes gravitationnelles qui parviennent à distordre les distances. Déjà repérées auparavant, notamment en 1978 à travers la rotation de deux pulsars, ces ondes n’avaient encore jamais été ressenties sur Terre. Grâce à deux interféromètres, l’Américain LIGO et le franco-italien VIRGO, qui ont traqué et mis au jour ces précieuses données, c’est désormais chose faite.

Mais d’où viennent au juste ces ondes ? Observation et calculs donnent la réponse. Les deux trous noirs incriminés ont des masses respectives de 29 et 36 fois celle du soleil. Or à l’arrivée, leur collision ne rassemble plus qu’une masse de 62 fois celle de notre astre. Le calcul est vite fait : 29 + 36 = 65. Il manque en somme l’équivalent de trois masses solaires pour que le compte soit bon. Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, celles-ci ne se sont pas évaporées, mais se sont transformées en énergie, celle justement des ondes gravitationnelles, corollaire direct d’une loi physique bien connue stipulant, via l’équation la plus célèbre de l’histoire du monde (E = mc2), que masse et énergie sont deux formes de la même entité et que l’une, dans certaines conditions, peut devenir l’autre. La question de la nature de l’espace-temps se pose alors forcément. Est-elle fractale ? Mystère. J’y reviendrai dans quelque temps via une approche purement mathématique. En attendant, on continue à scruter le ciel et les dépêches scientifiques.

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05/02/2016

Smith Cloud fonce droit sur notre galaxie

smith.jpgIl mesure 11000 années lumières de long et 2500 de large. Donc plus qu’un cumulo-nimbus. Le nuage Smith, ou Smith Cloud (ainsi baptisé car détecté par l’astronome hollandaise Gail Smith), a été repéré dans les années 60. Il est composé majoritairement d’hydrogène, de soufre et d’éléments qu’on trouve dans la partie externe de notre Voie lactée. Sa particularité ? Il fonce droit sur notre galaxie, à une vitesse de 870 000 kilomètres par heure (environ 310 kilomètres par seconde selon d'autres sources), ce qui est plutôt lent. Lorsqu’il l’atteindra, il permettra, de par l’hydrogène qu’il contient, la formation de millions de nouvelles étoiles. Oui, mais ce n’est pas pour tout de suite. Son retour n’est prévu que dans 27 millions d’années. Retour ? En effet, la NASA a découvert récemment que Smith Cloud provient déjà de notre galaxie, qui l’avait éjecté il y a environ 70 millions d’années. C’est une grande nouveauté. Jusqu’alors, on pensait que Smith Cloud était une galaxie ratée dépourvue d’étoiles ou uniquement un gigantesque nuage gazeux attiré par la Voie lactée. Erreur. Il provient bien de chez nous, et, par un astucieux effet de boomerang, va opérer son retour. Tout bouge autour de nous, en somme.

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28/01/2016

Un amas d'étoiles et un système stellaire inédit: images surprises de notre galaxie

trumpler.jpgLa NASA a dévoilé cette semaine un beau cliché de Trumpler 14, amas d’étoiles situé à environ 8000 années-lumière de la terre, ce qui est très loin. Il ne s’agit pas d’un instantané pris en une fois, mais bien sûr de différentes images captées par le télescope spatial Hubble depuis 2005 qu’on a superposées. Trumpler 14 aurait à peu près 500 000 ans, ce qui est jeune. Il se trouve dans la nébuleuse de la Carène, l’une des régions les plus lumineuses de notre Voie lactée.

giant-star-system-3.jpgPlus surprenant, la découverte d’une probable exoplanète, 2MASS J2 126-8140 (vue d'artiste ci-dessus), située à 80 années lumières de la Terre, ce qui est loin, dans la constellation de l’Octant. Rien n’exclut qu’il s’agisse en réalité d’une naine brune, c’est-à-dire un objet insuffisamment massif pour être une étoile et trop massif pour s’assimiler à une planète géante. Le plus étonnant, c’est que non loin d’elle, une naine rouge l’accompagne, TYC 9486-927-1. Non loin, façon de parler, puisque mille milliards de kilomètres les séparent. La révolution de 2MASS J2 126-8140 autour de TYC 9486-927-1 dure ainsi un million d’années. Ce qui en fait le système stellaire le plus large qu’on ait jamais observé. Et démontre une fois encore que notre système solaire ne semble pas être un modèle régulier dans la galaxie, voire dans l’univers. J’y reviendrai une autre fois.

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