22/01/2016

Le système solaire compte-t-il vraiment une neuvième planète? Relativisons !

planetes.jpgA force de scruter les cieux, on finit par y trouver quelque chose. Les huit planètes et les cinq planètes naines de notre système solaire, ci-dessus reproduites à peu près à la bonne échelle, ne seraient pas seules. Au-delà de Pluton, qui a perdu son statut de planète depuis 2006, au-delà de Neptune, il existe une zone composée de plus petits corps célestes. Zone vingt fois plus large et beaucoup plus massive que la ceinture d’astéroïdes, et désignée sous le nom de ceinture de Kuiper. Celle-ci recèle encore quelques mystères. Dont celui-ci. Les scientifiques ont observé que certaines de ces planètes naines fort lointaines décrivent des orbites similaires, appelées elliptiques du fait de leurs formes ovales. Plus singulier, ces orbites se trouvent toutes presque dans le même plan (reproduction ci-dessous), ce qui est hautement improbable (probabilité de 0,007%).

planete2.jpgLa présence d’une planète à leur proximité expliquerait alors pourquoi ces orbites sont presque les mêmes. Un corps massif suffirait en effet à influencer sur leur gravitation. D’où l’hypothèse formulée ces jours par Mike Brown et Konstantin Batygin du California Institute of Technology, qui stipule la présence d’une planète suffisamment massive, dix fois plus que la terre au moins et vraisemblablement gazeuse, pour expliquer ces influences gravitationnelles. Pour l’instant, l’hypothèse est purement mathématique. Car bien sûr, «on» n’a rien vu. Située à une distance entre 30 et 180 milliards de kilomètres du soleil, elle ne réfléchirait pratiquement pas sa lumière. De plus, elle mettrait entre 10 000 et 20 000 ans pour achever sa révolution autour du soleil.

Donc si cette planète X existe bel et bien, et si on parvient à la voir (quelques pixels suffiraient à notre bonheur) avec un télescope, par exemple avec celui de James Webb, qui devrait être opérationnel dès 2018, on pourra alors décider d’y envoyer une sonde comme New Horizons, qui nous envoie régulièrement de somptueux clichés de Pluton. En supposant que la sonde puisse être lancée en 2028 (il faut environ dix ans pour mettre sur pied une mission de ce type), que celle-ci voyage à la vitesse de 17 km/s, tout comme Voyager 1 - et cette vitesse est maximale -, elle l’atteindrait après un voyage d’environ 57 ans. Soit en 2073. Voire plus. Car si la planète X poursuit sa révolution autour du soleil, le voyage pourrait durer jusqu’à 343 ans (du moins si la planète se trouve alors au point le plus éloigné du soleil). Soit jusqu’en 2371. Le pire, c’est que notre sonde serait encore bien loin d’atteindre les confins du système solaire, bien plus éloignés, à une distance de 9460 milliards de kilomètres. Mais après tout, on a bien attendu 85 ans entre la découverte de Pluton et les premiers clichés pris de sa surface.

Cela dit, l’hypothèse d’une neuvième planète dans notre système solaire n’est pas nouvelle. Seule la démonstration de son hypothétique existence est aujourd’hui plus solide. Souvenons-nous de Nibiru, la Planète X qui était censée passer au voisinage de la terre tous les 3600 ans et y entraîner des catastrophes en chaîne. L’évocation de son nom avait resurgi lors de la «fin du monde» de 2012 avant que la NASA, sortant de sa réserve, n’infirme son existence. Rien n’interdit de penser que la neuvième planète subisse le même sort et s’avère in fine aussi introuvable qu’inexistante. Bref, on va patienter en attendant d’en savoir plus.

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18/01/2016

KIC 8462852, l'hypothèse extraterrestre tient la route

Dyson_Sphere_Update.jpgIl y a quelques mois, le télescope spatial Kepler, observant une étoile, KIC 8462852, située à environ 1480 années lumières de la terre, y détectait des variations de luminosité brutales, durables, imprévisibles et surtout bien mystérieuses. J’avais consacré un billet à cette news. On peut le consulter ici. Si aucune cause naturelle ne semblait alors expliquer ce phénomène, il restait au moins deux hypothèses. Celle du passage d’une nuée de comètes autour de l’étoile. Peu probable, mais possible. Ou celle, encore plus hardie, d’une gigantesque structure de type sphère de Dyson (il en existe des dizaines de modèles, en voici une vue d’artiste ci-dessus), mégastructure créée par une civilisation extraterrestre pour capturer l’énergie de l’étoile. Dans tous les cas, il y a quelque chose de gigantesque autour de cette étoile, quelque chose qui obstruerait sa luminosité de manière aléatoire.

Pour tenter d’en savoir plus, l’astronome américain Bradley E. Schaefer a sondé les archives de l’université d’Harvard. Les premières données récoltées sur KIC 8462852 remontent à 1890 et s’étalent jusqu’en 1989. En analysant environ 1200 mesures de luminosité de cette étoile, il a constaté que les variations observées ont lieu depuis plus de cent ans. Or, si elles étaient causées par le passage d’une nuée de comètes, il faudrait dans ce cas qu’environ 648 000 comètes géantes (soit d’au moins 200 km de diamètre) passent chacune à leur tour depuis un siècle devant l’étoile. L’hypothèse devient dès lors totalement invraisemblable.

En écartant cette piste qui était jusqu’alors la plus plausible, l’hypothèse extraterrestre redevient crédible. Sauf que là aussi, tout ne colle pas. Les signaux infrarouges en provenance de cette étoile sont en effet tout à fait normaux. Or si un objet artificiel de taille gigantesque avait été construit autour d’elle, il devrait au contraire irradier. Un argument de poids, si j’ose dire, qu’un autre constat vient étayer. Les télescopes du programme SETI ont pointé leur nez en décembre vers KIC 8462852. Et ils n’ont rien détecté du tout. Ni signaux laser, ni signaux radio. Ce qui laisse à penser soit qu’il n’y a aucun extraterrestre là-bas, soit qu’ils sont murés dans le silence. Saura-t-on un jour ce qui tourne autour de KIC 8462852 ? Bien malin celui qui peut le deviner. A suivre dans les prochains mois.

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10/01/2016

Une étrange croix repérée sur Pluton

pluton.jpgIl y avait les lumières et la pyramide de Cérès. Et des bizarreries géologiques sur Pluton. Les planètes naines sont décidément riches en mystères, pour l’heure presque tous expliqués. Voici à présent une croix repérée sur la surface de Pluton et distillée une fois de plus par la sonde New Horizons, dont le travail ne cesse d’impressionner. Le motif apparaît sur une vaste plaine (nommée Spoutnik) gelée et parsemée de cercles assez larges, entre 16 à 40 kilomètres. Traces visiblement formées, selon des experts, par des remontées d’azote à la surface. Le gaz réchaufferait la glace sous l’effet de la chaleur interne de la planète naine avant que la glace s’enfonce à nouveau, créant les petites cellules qu’on peut apercevoir. Ce serait la rencontre entre ces quatre cellules qui aurait formé une croix. Rien d’autre. Pour l’instant, nous sommes toujours seuls dans le système solaire. Dans la galaxie. Dans l’univers. Jusqu’à preuve du contraire.

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