03/08/2016

Locarno 2016 : l'horreur donne le ton

girl.jpgC'est a priori le genre d'image servant à illustrer le pilote d'une série, voire un blockbuster quelconque. C'est aussi le genre de film qu'on ne s'attend pas forcément à retrouver sur la Piazza Grande en ouverture du Festival de Locarno. Question de genre, en effet. Ici l'horreur. The Girl with All the Gifts de l'Ecossais Colm McCarthy, avec ses enfants détenus dans un camp militaire et immunisés contre un virus qui ravage l'humanité. Au-dehors, des zombies (ou "affams" pour les besoins de cette fiction), par hordes entières, campant derrière des grilles ou paralysés dans les rues de Londres. La vision rappelle des moments de The Walking Dead, forcément. Et son réalisateur s'en est sans doute inspiré. Quelques scènes haletantes, une Glenn Close méconnaissable, une Gemma Arterton un peu larguée, le chat de Schrödinger en invité surprise d'un univers pourtant peu contaminé par les superpositions quantiques, pour un petit film qui fonctionne terriblement bien et tient toutes ses promesses. Son héroïne est une petite fille (ci-dessous), véritable sésame d'une intrigue moins prévisible que le genre ne le laisse supposer. The Girl with All the Gifts donne-t-il le ton de ce 69e Festival de Locarno? En ce cas, on en redemande.

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Locarno 2016 : l'horreur donne le ton

girl.jpgC'est a priori le genre d'image servant à illustrer le pilote d'une série, voire un blockbuster quelconque. C'est aussi le genre de film qu'on ne s'attend pas forcément à retrouver sur le Piazza Grande en ouverture du Festival de Locarno. Question de genre, en effet. Ici l'horreur. The Girl with All the Gifts de l'Ecossais Colm McCarthy, avec ses enfants détenus dans un camp militaire et immunisés contre un virus qui ravage l'humanité. Au-dehors, des zombies (ou "affams" pour les besoins de cette fiction), par hordes entières, campant derrière des grilles ou paralysés dans les rues de Londres. La vision rappelle des moments de The Walking Dead, forcément. Et son réalisateur s'en est sans doute inspiré. Quelques scènes haletantes, une Glenn Close méconnaissable, une Gemma Arterton un peu larguée, le chat de Schrödinger en invité surprise d'un univers pourtant peu contaminé par les superpositions quantiques, pour un petit film qui fonctionne terriblement bien et tient toutes ses promesses. Son héroïne est une petite fille (ci-dessous), véritable sésame d'une intrigue moins prévisible que le genre ne le laisse supposer. The Girl with All the Gifts donne-t-il le ton de ce 69e Festival de Locarno? En ce cas, on en redemande.

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13/07/2016

Locarno en apesanteur

gorge.jpegJuste une image. Prise au hasard sur le site pardolive.ch. Depuis ce matin, le programme du 69e Festival de Locarno (3 au 13 août) s’y déploie, consultable, alléchant, mystérieux. Juste une image d’un film repéré au hasard, sans logique, mais illustrant tout de même la page dédiée à la section compétitive «Cinéastes du présent». Donc sans doute pas placée là au hasard. Une image riche en promesses. Dans un long couloir jaune, un agneau (peut-être un mouton, peu importe) semble fixer la caméra et nous toiser depuis son infinie solitude, en soi reflétée par la géométrie intuitive que présentent les lignes de fuite de cette perspective. L’environnement ne colle pas, la nature s’y perd, la singularité se mue en tableau. Comme la quasi totalité des oeuvres collectées par Carlo Chatrian et ses équipes, je n’ai pas encore vu le film dont cette image est tirée. Quelques clics m’en disent à peine plus. Le film s’appelle Gorge Cœur Ventre, il s’agit de la première réalisation de Maud Alpi (France), et il y est question de l’univers des abattoirs.

Face à cette image, ce photogramme disait-on jadis, nos sens restent vierges, forcément. Il en va ainsi pour la plupart des films du programme, puisque la plupart sont inédits, pour ma part à quelques exceptions près (I, Daniel Blake, la Palme d’or loachienne, bon nombre de titres de la section «Histoire(s) du cinéma», forcément, et de plus rares longs-métrages de la gigantesque rétrospective «Aimé et rejeté : le cinéma de la jeune République fédérale d’Allemagne de 1949 à 1963», tel l’extraordinaire Der Verlorene, unique long de ce génial acteur que fut Peter Lorre). Mais l’inédit attise la curiosité, il la favorise et peut-être la façonne. Se promener au cœur de la liste de tous ces films venus des quatre coins du monde – noms inconnus, titres à rallonge, durées improbables – est en somme le premier contact qu’on peut avoir cette année avec le festival.

Bien sûr, quand j’écris «noms inconnus», c’est faux. Ils ne le sont pas tous. Yousry Nasrallah, Radu Jude, João Pedro Rodrigues, pour ne citer que ces trois, cette année en compétition internationale, sont même tous déjà apparus un jour ou l’autre dans ce blog au gré de divers festivals. Il en va ainsi de beaucoup d’autres. Mais leur cohabitation au sein du programme induit une coloration à la fois arty (normal...) et gonflée. La marque des meilleurs programmes, en somme. Alors bien sûr, on (je) peut(x) se (me) tromper, là n’est pas le problème, mais cette première vue d’ensemble du 69e Festival de Locarno sent a priori terriblement bon. Juste une image, oui, mais qui en cèle tant d’autres.

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