13/07/2016

Locarno en apesanteur

gorge.jpegJuste une image. Prise au hasard sur le site pardolive.ch. Depuis ce matin, le programme du 69e Festival de Locarno (3 au 13 août) s’y déploie, consultable, alléchant, mystérieux. Juste une image d’un film repéré au hasard, sans logique, mais illustrant tout de même la page dédiée à la section compétitive «Cinéastes du présent». Donc sans doute pas placée là au hasard. Une image riche en promesses. Dans un long couloir jaune, un agneau (peut-être un mouton, peu importe) semble fixer la caméra et nous toiser depuis son infinie solitude, en soi reflétée par la géométrie intuitive que présentent les lignes de fuite de cette perspective. L’environnement ne colle pas, la nature s’y perd, la singularité se mue en tableau. Comme la quasi totalité des oeuvres collectées par Carlo Chatrian et ses équipes, je n’ai pas encore vu le film dont cette image est tirée. Quelques clics m’en disent à peine plus. Le film s’appelle Gorge Cœur Ventre, il s’agit de la première réalisation de Maud Alpi (France), et il y est question de l’univers des abattoirs.

Face à cette image, ce photogramme disait-on jadis, nos sens restent vierges, forcément. Il en va ainsi pour la plupart des films du programme, puisque la plupart sont inédits, pour ma part à quelques exceptions près (I, Daniel Blake, la Palme d’or loachienne, bon nombre de titres de la section «Histoire(s) du cinéma», forcément, et de plus rares longs-métrages de la gigantesque rétrospective «Aimé et rejeté : le cinéma de la jeune République fédérale d’Allemagne de 1949 à 1963», tel l’extraordinaire Der Verlorene, unique long de ce génial acteur que fut Peter Lorre). Mais l’inédit attise la curiosité, il la favorise et peut-être la façonne. Se promener au cœur de la liste de tous ces films venus des quatre coins du monde – noms inconnus, titres à rallonge, durées improbables – est en somme le premier contact qu’on peut avoir cette année avec le festival.

Bien sûr, quand j’écris «noms inconnus», c’est faux. Ils ne le sont pas tous. Yousry Nasrallah, Radu Jude, João Pedro Rodrigues, pour ne citer que ces trois, cette année en compétition internationale, sont même tous déjà apparus un jour ou l’autre dans ce blog au gré de divers festivals. Il en va ainsi de beaucoup d’autres. Mais leur cohabitation au sein du programme induit une coloration à la fois arty (normal...) et gonflée. La marque des meilleurs programmes, en somme. Alors bien sûr, on (je) peut(x) se (me) tromper, là n’est pas le problème, mais cette première vue d’ensemble du 69e Festival de Locarno sent a priori terriblement bon. Juste une image, oui, mais qui en cèle tant d’autres.

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01/06/2016

Courgette sort de sa réserve pour les votations de dimanche

courgette.jpgOn le sait, Courgette a séduit tout Cannes. Le sympathique héros du formidable film de Claude Barras, Ma vie de Courgette, revient aujourd’hui sur ses terres. Tout d’abord ce soir, en guise d’ouverture de la reprise d’une partie des films de la Quinzaine des réalisateurs au Grütli. C’est à 20 heures 45 et la séance ne sera pas répétée. Ensuite sur cette image, format flyer, où il nous communique son sentiment sur les votations du 5 juin. En cas de résultats négatifs dimanche, rien ne dit que d’autres Courgette puissent pousser dans un proche avenir.

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25/05/2016

Cannes 2016: la Quinzaine débarque à Genève

quinzaine.jpgUn film énigmatique, un homme et une femme, rien de plus, fragments d’une affiche arrachée sur fond bleu muraille piqué, tel était le visuel de l’affiche de la Quinzaine des Réalisateurs 2016. Riche en découvertes – j’ai envie de préciser : comme toujours – la prestigieuse section parallèle cannoise se rapproche de nous. Du 1er au 7 juin, elle installe ses quartiers comme chaque année au Grütli, avec une sélection de près des deux/tiers du programme et quelques invités. Le stimulant phénomène Ma vie de Courgette, de Claude Barras, révélation d'une sensibilité unique pour l'animation. Mean Dreams, surprenant film de genre imprégné de l’esprit indé signé Nathan Morlando, avec deux jeunes comédiens formidables. Les déchirements de Bérénice Bejo et Cédric Kahn dans le millimétré L’Economie du couple de Joachim Lafosse. Ou le splendide dernier opus de Marco Bellocchio, Fai bei sogni, qui revisite la nostalgie de l’enfance avec une grâce particulière et aurait d’ailleurs pu dignement figurer en compétition officielle. Voici pour ceux que j’ai pu visionner à Cannes et auxquels s’ajoutent neuf autres titres à découvrir sans modération.

Du 1er au 7 juin aux cinémas du Grütli.

15:05 Publié dans Affiches, Cinéma, Festival de Cannes 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |