21/11/2017

Ils nous ont quittés en août 2017

lewis.jpgIl était drôle mais pas seulement. Elle était sexy mais pas uniquement. Il mettait en scène l’horreur, là quasi exclusivement. Vous n’aurez aucune peine à situer de qui il s’agit. Le hasard les a vus mourir le même mois, parmi d’autres que nos mémoires retiendront plus ou moins. Voici la liste des disparus du mois d’août dans le domaine du cinéma et de la culture.

Richard ANDERSON, acteur américain (8 août 1926 - 31 août 2017).


Zelim BAKAEV, chanteur russe (23 avril 1992 - 8 août 2017).


Alain BERBERIAN, réalisateur français (2 juillet 1953 - 22 août 2017).


Nicole BESNARD, actrice française (23 mai 1928 - 20 août 2017).


Joseph BOLOGNA, acteur américain (30 décembre 1934 - 13 août 2017).


Glen CAMPBELL, chanteur et musicien américain (22 avril 1936 - 8 août 2017).


Mireille DARC (2), actrice française (15 mai 1938 - 28 août 2017).


Tobe HOOPER (3), réalisateur américain (25 janvier 1943 - 26 août 2017).


Ty HARDIN, acteur américain (1er janvier 1930 - 3 août 2017).


Jerry LEWIS (1), acteur et réalisateur américain (16 mars 1926 - 20 août 2017).


Károly MAKK, réalisateur hongrois (22 décembre 1925 - 30 août 2017).


Christian MILLAU, critique gastronomique français (30 décembre 1928 - 5 août 2017).


Jacqueline MONSIGNY, romancière française (22 mars 1931 - 15 août 2017).


Gonzague SAINT BRIS, écrivain français (26 janvier 1948 - 8 août 2017).

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20/11/2017

Ils nous ont quittés en juillet 2017

moreau.jpgUne actrice qui s’en va c’est une part d’élégance qui s’envole. Je l’écris au féminin, mais les hommes sont eux aussi concernés. Des volutes de fumée, quelques fous rires, blonde chez Demy, brune chez Truffaut, obéissante domestique ou grande bourgeoise, cette faculté de tout jouer, de ne pas s’en vanter, puis de fredonner le tourbillon de la vie ou la publicité, de passer chez Duras, de chanter chez Guy Gilles, cette beauté moins évidente que d’autres, même face à BB chez Louis Malle, et puis une voix, reconnaissable entre toutes, affûtée par trop d’années de cigarettes, cette voix comme un soupir qui traverse les films, ensorcelle les auteurs, de Fassbinder à Losey, de Buñuel à Antonioni. Jeanne Moreau est partie discrètement en juillet et j’ai revu l’insipide Dernier amour de Jean Stelli, son premier film, en 1949. Un second rôle mais déjà une évidence, déjà une présence sur laquelle le cinéma, français ou d’ailleurs, allait s’appuyer.

Voici comme chaque mois la liste succincte des décès dans le domaine du cinéma et de la culture. J’ai choisi d’y faire figurer un criminel, Giuseppe Pelosi, meurtrier de Pasolini. Avec sa mort, l’espoir de percer un jour le mystère autour du décès du cinéaste s’amenuise. Et s’évapore même peut-être à jamais.

Jean-Claude BOUILLON, acteur français (27 décembre 1941 -  31 juillet 2017).
Ludovic CHANCEL, fils de Sheila et Ringo (7 avril 1975 – 7 juillet 2017)
Max GALLO, écrivain français (7 janvier 1932 - 18  juillet 2017).
Pierre HENRY, compositeur français (9 décembre 1927 - 5  juillet 2017).
Martin LANDAU, acteur américain (20 juin 1928 - 15 juillet 2017).
Hervé LE ROUX, réalisateur français (21 août 1956 - 26  juillet 2017).
Charley MAROUANI, impresario français (7 décembre 1926 - 29  juillet 2017).
Elsa MARTINELLI (1), actrice italienne (30 janvier 1935 - 8 juillet 2017).
Jeanne MOREAU, actrice française (23 janvier 1928 - 31  juillet 2017).
Giuseppe PELOSI, meurtrier de Pasolini (28 juin 1958 - 20  juillet 2017).
Claude RICH (2), acteur français (8 février 1929 - 20  juillet 2017).
George A. ROMERO (3), réalisateur américain (4 février 1940 - 16  juillet 2017).
Isabelle SADOYAN, comédienne française (12 mai 1928 - 10  juillet 2017).
Sam SHEPARD, acteur et réalisateur américain (5 novembre 1943 - 27  juillet 2017).
Paolo VILLAGGIO, acteur italien (31 décembre 1932 - 3 juillet 2017).
Marie-Josèphe YOYOTTE, monteuse française (5 novembre 1929 - 18  juillet 2017).

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09/09/2017

Mostra de Venise 2017 : Kechiche, la vie, l’amour, le soleil, un immense film

mektoub.jpgMais à quoi ressemble ce film ? Où s’arrête-t-il, où nous mène-t-il ? Bien malin celui qui le dira, celui qui l’encadrera. La vie y coule, dans un flux continu et désarmant, moments de pureté arrachés au quotidien insouciant de quelques jeunes des années 90. Le sud de la France, la plage et les discothèques, la drague et les filles, la famille et le désir, des sourires et quelques larmes, des regards et de l’alcool, tout circule et se confond, avec comme seul centre le regard d’Amin (photo), héros du film au sourire enchanteur mais imperméable à toute relation. Premier volet d’un probable triptyque, Mektoub, My Love : canto uno, Lion d’or du cœur en ce qui me concerne (mais peut-être le palmarès l’ignorera-t-il, le pire est souvent à craindre dans ce domaine), signe le retour d’Abdellatif Kechiche depuis sa triple Palme d’or pour La Vie d’Adèle en 2013. A la Mostra, on adore ou on déteste. Pas d’indifférence, surtout pas. Le signe qu’on tient un grand film. Un immense film.

angels_still.jpgPour être complet, il me reste à mentionner les trois derniers films du concours vénitien. Jia Nian Hua (littéralement : «les anges portent du blanc») est l'unique film de femme de cette 74e édition vénitienne. Réalisé par la Chinoise Vivian Qu, il narre une histoire de viol et de corruption impliquant une jeune réceptionniste adolescente dont le témoignage est central dans l’affaire. Réalisation relativement classique pour métrage sensible et attachant. garde.jpgJusqu’à la garde, premier long-métrage de Xavier Legrand, met en scène un couple en pleine procédure de divorce à cause de probables violences conjugales et de possibles maltraitances sur mineurs. Mais qui dit la vérité ? Elle ou lui ? Voilà une œuvre très bien tenue, très habile dans sa capacité à instiller le doute, et plutôt effrayante dans sa conclusion. hannah.jpgEnfin, Charlotte Rampling est de chaque plan de Hannah, d’Andrea Pallaoro, le meilleur des quatre films italiens de la compétition. Le portrait est sec et désenchanté, et on comprend petit à petit ce qui a miné la vie de cette femme perpétuellement au bord du gouffre. Lent et radical, d’une noirceur rare (la séquence de la visite d’Hannah chez son fils est d’une cruauté implacable), cette mise à nu permet à Rampling de briguer un prix d’interprétation éventuel.

Le palmarès tombera demain soir.

 

 

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