17/02/2017

Berlin 2017 : Hong Sangsoo est-il trop discret?

beach.jpgHong Sangsoo en mode mineur. Comme toujours, en fait. Une jeune actrice qui se remet en question et traverse le champ en multipliant les questionnements avec ceux et celles qu'elles rencontrent. Rien n'oblige à trouver le personnage sympathique, et d'ailleurs il ne l'est pas vraiment. Rien n'oblige non plus à penser que ce que raconte le film est essentiel, et de fait, ça ne l'est pas. Petite musique apposée sur un métrage aux ambitions discrètes, nouvelle pièce d'un puzzle composant une géographie de l'intime dans la filmographie de son auteur, On the Beach at Night Alone, pierre supplémentaire dans l'oeuvre de Hong Sangsoo, métrage de l'entre-deux, ai-je envie d'ajouter, probablement tourné très vite, le précédent film du coréen ayant été montré en clôture du Festival tous Ecrans en novembre 2016 alors que l'antépénultième avait remporté le Léopard d'or à Locarno en 2015, souffre peut-être de cette précipitation. Peu probable qu'on en reparle au palmarès.


joaquim.jpgCet homme et son cheval en difficulté dans une rivière sont filmés par un Brésilien, Marcelo Gomes, dont on ne savait pas grand chose avant ce Joaquim concourant à Berlin. Film historique, reconstitution des désillusions d'une colonie portugaise dans le Brésil du XVIIIe siècle et dans le milieu violent des chercheurs d'or. Plutôt habile, très tenu, le film a le mérite de l'enseignement, mais ne révèle en aucun cas une patte de cinéaste. Le rapport au monde et à la nature ne se trouvent nullement transcendés par une caméra ne sachant trop où se poser, même si la rugosité de l'ensemble paraît juste. Peu probable qu'on en reparle tout court.

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15/02/2017

Berlin 2017 : le cercle des cinéastes rebattus

Dans les festivals, il y a des jours sans. Des jours où les films se traînent sans convaincre, où leur infériorité qualitative saute aux yeux, où ils ne méritent pas même qu'on leur consacre trop de place. En voici un.


return.JPGNina Foss et Stellan Skarsgard paraissent s'être égarés dans un roman photos tels que Nous deux continue à en publier. C'est pourtant des desseins plus ambitieux qui habitent Volker Schlöndorff dans Return to Montauk, qui dépeint six jours de la vie d'un écrivain revenant sur son passé lors d'un séjour à New York. Le réalisateur allemand évoque Max Frisch et offre quelques belles mais trop rares séquences à un Niels Arestrup qui est à peu près le seul à donner un peu d'intensité à ce qu'il fait.


Colo.jpgColo, de Teresa Villaverde, caricature de film de festival en prise avec la misère ambiante du monde, s'étire interminablement sur plus de deux heures à grand renfort de travelling - pardon, de plans fixes - sur des sacs poubelles éventrés et des personnages qui souffrent. L'empathie, elle, demeure hors-champ.


bar.jpgEnfin, hors-compétition, El Bar d'Alex de la Iglesia a au moins le mérite de nous extirper de notre torpeur. Mais cette histoire de contamination virant à l'horreur et filmée comme un huis-clos tourne très vite en rond, desservie par des comédiens pénibles à force d'hystérie et des retournements tirés par les cheveux. D'où un film très boiteux, s'enfonçant progressivement au fil de sa narration (et cela dans tous les sens du terme). Dommage, car le début, dont la photo ci-dessus est tirée, partait sur les chapeaux de roue les plus prometteurs.

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Berlin 2017 : Deneuve vieillit décidément de mieux en mieux

sage-femme.jpgCes regards vers un hors-champ prometteur n'indiquent pas forcément la complicité mais ne la contredisent pas non plus. Catherine Deneuve et Catherine Frot, tandem inédit et paradoxalement désassorti dans Sage-femme, ce film de Martin Provost qui semble écrit pour les deux comédiennes. Rien de très transcendant: des dialogues ciselés, des situations passant du rire aux larmes, un récit solide, et une Deneuve qui vieillit de mieux en mieux. Rien de transcendant mais un exemple de bon film sachant éviter la qualité française à tout prix et possédant une justesse de ton permettant d'aborder les thèmes les plus graves avec cette légèreté désormais nécessaire. Et non, je ne vous ferai pas l'affront de résumer ce film qui sort très bientôt (en mars).


kaurismaki.jpgCe regard vers un autre hors-champ paraît plus inquiétant, et en tout cas plus morose. Cadrages et éclairages savants pour un personnage - peut-être un réfugié, et peut-être même un réfugié syrien - qui semble en partance ou en attente. Khaled (Sherwan Haji) est l'un des héros des deux histoires convergentes du dernier film d'Aki Kaurismäki, Toivon tuolla puolen, qui devrait être traduit par L'Autre Côté de l'espoir. Rien de surprenant de la part du plus célèbre des cinéastes finlandais: un regard décalé, un surréalisme en adéquation avec une thématique sociale actuelle, une mise en scène aussi soignée que minimaliste et un casting d'habitués (pour la plupart) des autres films de l'auteur. Il a été acheté en Suisse, donc vous le découvrirez au cours de l'année.

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