05/08/2017

Fanny Ardant dans "Marie-poupée"? Le doute subsiste

ardant.jpgLocarno Festival, jeudi 3 août, jour 2

Lola Pater, portrait d'une femme qui fut jadis un homme et qui renoue avec un fils dont elle/il ne s'est jamais occupé, film réalisé par Nadir Moknèche et joué par une Fanny Ardant à son affaire, je l'avais aussi déjà visionné avant Locarno. En interview, l'actrice est comme chaque fois - sauf erreur, c'est la quatrième fois que je la rencontre - généreuse et drôle. On parle du film, de Balzac, de ses premiers rôles. Tel Marie-poupée de Joël Seria (1976), son tout premier film, vu en DVD il y a quelques jours, dans lequel je n'ai absolument pas reconnu l'actrice. A-t-elle été coupée au montage? Question à laquelle Fanny Ardant n'a pas de réponse. Elle n'a jamais vu le film.
En compétition, Freiheit de Jan Speckenbach vaut mieux que ce que laisse craindre son synopsis, mortifère. Et le film, qui trace en parallèle le destin d'un époux et de sa femme qui vient de le quitter, est même assez tenu dans ses deux premiers tiers. Puis Denis Côté, cinéaste canadien habitué de Locarno, s'immerge dans un univers de bodybuilders pour les besoins d'un documentaire, Ta peau si lisse, dont je n'ai pu voir qu'une partie pour cause d'interview. Le résultat me paraissait plutôt standard.
Accueil plus contrasté pour Drei Zinnen de Jan Zabeil, ambitieux film allemand qui affrontait la Piazza, drame antonionien revisitant le complexe d'Oedipe dans la neige et sur les pentes montagneuses, mais drame malheureusement trop tarabiscoté pour emporter l'adhésion, voire susciter l'empathie. Bérénice Bejo est du voyage, ainsi qu'un jeune enfant parmi les pires têtes à claques du cinéma de ces dix dernières années

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04/08/2017

Locarno 2017: Noémie Lvovsky ou Marguerite Moreno?

demain.jpgLocarno Festival, mercredi 2 août, jour 1
Cette année, tout commence par une interview, même si ça n'est pas ce que je préfère. Par chance, j'avais pu visionner le film d'ouverture, Demain et tous les autres jours de Noémie Lvovsky, avant d'arriver. C'est un métrage qui revient de loin et n'a bien failli jamais voir le jour. Un film d'amour impossible entre une mère et sa fille qui comporte quelques beaux moments et de nombreux passages plus faibles. Noémie Lvovsky en parle très bien dans l'ombre d'un grotto, comme toujours - cela doit faire la 3e ou 4e fois que je la rencontre -, pendant qu'autour d'elle s'agitent quelques Parisiens adeptes de l'entre-soi.
Le premier film de la compétition, Vinterbrødre, du Danois Hlynur Palmason, nous entraîne dans le quotidien enneigé et ouvrier de deux frères qui passent leur temps à se déchirer ou à se battre, si possible nus. Prototype du film profilé pour un festival comme Locarno. Peu probable qu'on en mentionne à nouveau l'existence un jour.
Je me requinque en découvrant un Tourneur rare, l'un de ses quatre films français, Pour être aimé, qui date de 1933. La chose est assez plaisante, compte relativement peu d'imperfections techniques pour un film tourné aux débuts du parlant, et son casting donne le sourire. Même Pierre Richard-Willm et Suzy Vernon, les deux vedettes du film, minaudent moins que ce qu'on pourrait craindre. Evidemment, Marguerite Moreno semble en roue libre (avec ses binocles sur l'affiche ci-dessous), assumant parfaitement son rôle d'excentrique, pendant que de seconds rôles dévoilent Paulette Dubost ou Colette Darfeuil, actrices dont on ne peut décemment pas se lasser.

tourneuraffiche.jpg

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12/07/2017

Locarno 2017 : Robert et Robert (et les autres)

tourneur.jpgpattinson.jpgOn aura Robert Mitchum dans un chef d'oeuvre de Tourneur, Out of the Past, et Robert Pattinson dans le dernier film des frangins Safdie, Good Time (j'en ai écrit quelques mots durant Cannes). Un Godard inédit mais restauré, Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma (diffusé jadis, c'est-à-dire en 1986, sur le petit écran), et un Wang Bing tout court (86 minutes) en compétition, Mrs. Fang. Et beaucoup d'autres choses. Révélé ce matin par son pétillant directeur, Carlo Chatrian, le programme complet des 70 ans du Festival du film de Locarno est comme à son habitude pléthorique, incluant en somme plusieurs festivals dans le festival. Dresser la liste de tous les films et des nombreux invités de cette édition ne servirait pas à grand-chose, on trouve tout cela sans problème sur leur site (www.pardo.ch), avec notamment un diaporama impressionnant de tous les invités. "Avoir une grande tradition et une longue histoire ne garantit pas l'avenir", déclare en préambule à son discours Mario Timbal, actuel COO qui partira au terme de cette édition. La phrase, loin de ne s'appliquer qu'au petit monde des festivals et du cinéma, mériterait dissertation. En attendant de la confronter à la réalité du terrain, c'est-à-dire des écrans locarnais, voici quelques impressions que dégagent a priori les principales sections de la manifestation.
En compétition internationale, là où résident en général le plus d'inconnues, auteurs radicaux voisineront avec quasi-anonymes. La présence de F.J. Ossang, de Wang Bing, de Serge Bozon, de Raul Ruiz à titre posthume (film achevé par sa veuve, Valeria Sarmiento), de Denis Côté (Locarno a aussi ses abonnés), du comédien John Carroll Lynch (premier film), dénote une ligne qui ne semble pas craindre les extrêmes, ce qui me réjouit. Du côté de la Piazza, forcément plus mainstream, on retrouvera Noémie Lvovsky en ouverture (Demain et tous les autres jours), l'étonnant binôme Hélène Cattet/Bruno Forzani (Laissez bronzer les cadavres), Samuel Benchetrit (Chien), une comédie romantique signée Michael Showalter (The Big Sick), un thriller avec Charlize Theron (Atomic Blonde) et un docu sur Gotthard, le groupe (Gotthard - One Life, One Soul), pendant que défileront sur la scène les lauréats des différents prix d'honneur, de Nastassja Kinski à Jean-Marie Straub. J'en oublie forcément, c'est aussi le but de l'exercice. Au sein de la section compétitive Cinéastes du présent, on guettera le nouveau film de Valérie Massadian, ancien modèle de Nan Goldin (Milla), ainsi que celui d'Ilian Metev (3/4), cinéaste bulgare remarqué en 2012 avec Sofia's Last Ambulance. Pour le reste, on se fiera à l'instinct. Enfin, pour la rétrospective Jacques Tourneur, on tâchera de voir tout ce qu'on n'a pas vu, et la liste est longue. A dans quelques jours.

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