20/02/2016

Berlinale 2016: derniers films du concours, c'est pas la joie!

united-states-of-love-2.jpgQuelques femmes autour d’une table, ambiance sépia, des airs d’avant, mais avant quoi ? Les soubresauts de la vie en Pologne se trouvent au cœur d’un film peu attachant et plutôt agaçant, ces United States of Love signées Tomasz Wasilewski. Des femmes en lutte, les émotions intérieures en opposition avec les modifications d’une société en perte de vitesse et en mal de repères qui forment la texture dramatique d’un récit glaçant de pessimisme et au glamour on ne peut plus illusoire – hormis sur un poster de Whitney Houston placardé dans l’une des chambres. Pour ces ultimes films de la compétition, la Berlinale n’a pas sorti l’artillerie lourde, c’est le moins qu’on puisse dire. Difficile de rester ne serait-ce qu’éveillé face à ce mélange de sordide et de noirceur qu’on aura oublié d’ici trois jours.

dragon.jpgUne remarque qui vaut hélas aussi pour A Dragon Arrives !, nouveau film de l’Iranien Mani Haghighi, qui malgré la bigarrure de son histoire – et l’image ci-dessus en témoigne – et l’originalité de son scénario, qui se déroule sur deux époques distinctes, peine à retenir l’attention. Visuellement, le résultat n’est pas vilain, mais l’organisation du fouillis, ou plutôt du vaste bric à brac tenant lieu de mise en scène à ce film, a très vite fait de nous en distancer. Malgré une radicalité esquissée sous la narration, le caractère alambiqué demeure la principale constante d’un métrage distillant l’ennui avec une componction désespérante.

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18/02/2016

Berlinale 2016: tout se barre en couilles chez Dominik Moll

moll.jpgQuadruple convergence de regards pour une scène trop inquiétante pour être tirée de la vie quotidienne. Vincent Macaigne et une tenue de boucher, un ado hagard tenant une pile d’assiettes, François Damiens, l’oreille blessée (si si, regardez bien) et un chien dans un panier sous son bras, et une jeune femme tenant un sac, sur la défensive ou agressive, c’est selon. Cet intrigant quatuor fait partie du dernier film de Dominik Moll, Des nouvelles de la planète Mars. Récit inclassable, sur un type qui perd peu à peu pied dans une existence où tout se barre en couilles. Plus proche des premiers Moll – Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming – que des plus récents, qui m’avaient quelque peu laissés sur ma faim. Le film aurait pu prétendre à la compétition berlinoise, ce qui n’est pas le cas pour une raison que j’ignore. Il vaut souvent mieux que certaines poses d’auteur saoûlantes à force de conformisme. On le verra bientôt en salles.

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17/02/2016

Berlinale 2016: un cybervirus, une collectivité et une croisade pour raconter l'état du monde

zero.jpgVoici un virus susceptible de conduire à un désordre mondial sans précédent. Une guerre cybernétique, si vous préférez. Tel est le sujet du documentaire de l’Américain Alex Gibney, Zero Days. Film complexe aux ramifications nombreuses, et partant très difficile à suivre pour qui ne manie pas parfaitement l’anglais – ou l’allemand, lorsqu’on se rabat, par dépit, sur les sous-titres. Le débit de paroles y est torrentueux. La plupart des témoins interrogés – anciens chefs de la CIA, ex-responsables de la sécurité – y déclarent qu’ils ne peuvent rien commenter, qu’ils n’ont rien à dire ou qu’ils ne savent rien. Témoignages classiquement filmés – fond unique, plan fixe – se succèdent en alternance avec des images d’archives et une voix-off qui tente de nous guider dans une mosaïque passionnante qui demeure malheureusement trop souvent hors de portée. Pourtant, le film dure deux heures et on ne voit pas le temps passer. On finit même par croire que Matrix n’était pas une fiction. Moins brillant, essentiellement pour des questions de narration, qu’un Citizenfour (docu sur Edward Snowden sorti l’an passé et primé aux Oscars), et cela malgré un sujet comparable.

kollektivet2.jpgVoici la troupe des acteurs de Kollektivet, nouveau film du Danois Thomas Vinterberg, révélé en 1998 par Festen, auquel ce nouveau film fait furieusement penser. L’affaire révèle les limites des cohabitations collectives très à la mode dans les années 70 (et même un peu avant) et les dérives découlant de ce principe de vie commune. Le style Vinterberg s’accommode d’une direction d’acteurs impeccable, et la dramaturgie du récit, pimentée d’humour, se divise en trois actes restituant pieusement l’évolution / destruction d’un microcosme social d’avance voué à l’échec. A l’applaudimètre, le film ressort vainqueur. On verra ce qu’il en est samedi soir au palmarès. Dans son genre efficace, mais jamais transcendant.

where.jpgEt revoici Michael Moore brandissant le drapeau américain dans sa nouvelle croisade. Dans Where to Invade Next, le cinéaste se balade (et se met en scène) aux quatre coins du monde pour collecter des preuves que la qualité de vie est meilleure sous d’autres cieux. C’est légèrement facile, cela ne repose que sur la personnalité de son auteur, dont la dégaine ne change jamais, mais cela ressemble plus à une forme de stand up qu’à un documentaire de dénonciation, ce que prétend être le film. Tout discutable qu’il soit, cet exercice de manipulation comporte des séquences assez drôles malgré tout. Comme le film a déjà été montré ailleurs, et notamment au Festival de Toronto, il figure hors compétition à la Berlinale.

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