07/08/2015

"James White", "La Belle Saison", coups de coeur locarnais

JAMES-WHITE-facebook.jpgUne mère et son fils. La progression de la maladie et l'angoisse causée par ses ravages. Le jeune homme, vingt ans, s'appelle James White et donne son titre au film. Il est un peu borderline, fragile, perturbé, se cherche et erre sans trop savoir ce qu'il peut attendre de la vie. En parallèle, sa mère lutte contre un cancer qui la consume à petit feu. L'histoire s'étend sur environ cinq mois, en grande partie à New York. Josh Mond filme ses personnages en plan rapproché, presque toujours. L'intimisme s'impose, le style rappelle celui de Hal Hartley, autre peintre d'un naturalisme déjà hérité de Cassavetes. Ces personnages, on s'attache curieusement à eux. Le film respire avec eux, près d'eux, dans une sorte de mouvement des corps et de l'âme qu'on voudrait retenir avant que la vie ne s'en évade. Un très bon film indépendant révélé cette année à Sundance. James White, premier titre du concours locarnais, et métrage qu'on aimerait retrouver au palmarès.

bellesaison.jpgUne mère et la copine de sa fille. L'improbable rencontre entre deux réalités censées s'ignorer. Conservatisme contre liberté? Oui, mais ce n'est pas si simple, pas si schématique. Dans La Belle Saison, projeté sur la Piazza Grande, Catherine Corsini dépeint une histoire d'amour entre deux femmes dans cette France de 1971 dans laquelle les femmes se réveillent et manifestent pour leurs droits. MLF, passion, protestations, vie paysanne, traditions, frénésie parisienne et rituels provinciaux. Les images glorifient les corps, la nature et les sentiments. Tout semble fluide et naturel, presque trop beau pour être vrai. Perfection de la direction d'acteurs - Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Ken Azaïs -, justesse du regard, pudeur du traitement. Corsini n'est jamais aussi convaincante que lorsqu'elle raconte une histoire proche d'elle. Sortie en salles le 19 août.

12:01 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

05/08/2015

"Ricki and the Flash": une ouverture réjouissante pour Locarno

ricki.jpgVoilà qui ressemble davantage à une photo de concert qu'à une scène de film. Mais la présence de Meryl Streep, ici aux côtés du chanteur australien Rick Springfield, évoque bien sûr le cinéma. Ricki and the Flash de Jonathan Demme a fait l'ouverture (en première mondiale) du 68e festival de Locarno. Et pour qu'une ouverture soit réussie - équation aisée à résoudre -, il n'y a pas de miracle : il faut juste un bon film. Ce fut le cas. Même si plus proche du pur divertissement que du film d'auteur radical (encore que ces frontières soient sujettes à discussion), Ricki and the Flash marie le drame à la satire autour d'un sujet familial a priori haut en couleurs. Soit l'histoire d'une femme qui a plaqué sa famille, son mari et ses trois enfants, pour devenir une rock star. Et qui, un jour, décide de renouer avec eux. Un retour on s'en doute mal perçu et cause de différents conflits plus ou moins latents, plus ou moins prévisibles, plus ou moins profonds.

Sous le vernis fantaisiste du personnage de Ricki, borderline, folklorique, attachante mais d'une inconscience attendrissante (Streep as usual parfaite), Demme pointe le conservatisme aux limites du ridicule qui sclérose une petite bourgeoisie américaine étriquée dans ses principes et sa morale. Pourtant, Ricki and the Flash est un film heureux et d'un hédonisme qui parvient à surprendre, comme en témoigne une séquence finale de mariage aux réminiscences sirkiennes et à la méchanceté contenue. Sans résoudre aucun conflit, le cinéaste dénoue les tensions avec une aisance que la mise en scène (remarquable gestion des inserts) traduit aussi bien que le choix d'une bande-son (des covers de Springsteen et des Stones) tout à fait idoine. En clair, Locarno démarre de la meilleure manière qui soit.

23:24 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

04/08/2015

Locarno 2015: le léopard, c'est vous, c'est nous, c'est moi

locarno1.jpgIl y a quelques années, lorsque je venais à Locarno, les affiches du festival ne dévoilaient rien du léopard, emblème de la manifestation. Tout au plus apercevait-on son pelage, ses pattes, sa queue. Jamais l'animal en entier. Ni même sa gueule. Puis d'une édition à l'autre, il s'est dévoilé. De plus en plus. Jusqu'à apparaître en entier, lors de je ne sais plus quelle édition. Pour 2015, il s'humanise. Les différents visuels de l'affiche de ce 68e festival présentent en effet une série de portraits réalisés lors de la précédente édition. Des festivaliers photographiés au jour le jour puis regroupés dans un projet conçu par l'agence anglo-suisse Jannuzzi Smith. L'idée est de révéler et mettre en lumière les léopards qui se cachent derrière tous les festivaliers de Locarno. locarno2.jpegUne centaine de clichés ont ainsi été réalisés et l'agence en a retenu une vingtaine qui se déclinent sur les affiches, le catalogue, les invitations et tous les documents officiels liés au festival. Le léopard a désormais figure humaine. L'animal se fond dans l'homme, à moins que ce ne soit l'inverse. Il est en somme de plus en plus vivant, de moins en moins abstrait, de plus en plus concret. A l'image d'un festival qui n'a jamais cessé d'évoluer jusqu'à s'imposer comme l'un des plus grands rendez-vous cinématographiques au monde. C'est demain que les choses débutent. On se retrouve ici pour la suite des festivités.

locarno3.jpg

23:55 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2015 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |