12/05/2015

A Cannes, les affiches pèsent des tonnes

cannnesmad.jpgSur la façade du Carlton, Mad Max Fury Road s'affiche (photo AFP). Chaque année, le célèbre palace, jadis chanté par Philippe Clay dans Le Danseur de Charleston (à réécouter ici, histoire de parfaire cet anachronisme), loue cet espace aux distributeurs de blockbusters qui l'occupent durant toute la quinzaine. Cette devanture devrait changer d'ici quelques jours. Pas sûr que j'aille vérifier sur place ce qu'il en est. Ce matin, Cannes est encore en travaux. Devant le Palais, seuls ceux qu'on surnomme le peuple des marches ont déjà installé leurs escabeaux, chasseurs d'autographes et traqueurs de stars fidèles au poste, au point pour certains de prendre leurs vacances durant le festival. Des touristes munis de caméra s'arrangent déjà pour me bousculer. Leur but? Filmer l'affiche géante du festival. Ingrid Bergman s'étale désormais sur 24 mètres de largeur (contre 11 de hauteur) sur le fronton du palais. Une opération qui n'a pas dû être simple à réaliser, l'objet pesant 150 kilos. Mais à l'intérieur du bâtiment, ce ne sont que câbles et planches, ouvriers et responsables de sécurité. Le plan vigipirate est-il déjà en place? Vu les fouilles pratiquées à l'entrée, y compris au niveau du retrait des badges d'accréditation, c'est hautement probable. Demain, l'endroit grouillera de monde et je rêverai de solitude.

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11/05/2015

Dans l'antre du Palais des Festivals

cannes11.jpgVoici le lieu le plus souvent foulé au Festival de Cannes. L'intérieur de son Palais. Je sais bien que les clichés, aux deux sens du terme, évoquent d'ordinaire plage, soleil et starlettes. Que la Croisette, dans l'imaginaire, ressemble davantage à la couverture d'un vieux Cinémonde avec Mylène Demongeot qu'à cet alignement de plages privées qu'elle est devenue aujourd'hui. Il faut dire que dans la mythologie cannoise, les années 50 et 60 ont la vie dure. A cette époque, le Palais des festivals n'existait pas. Créé en 1982, il est devenu le centre névralgique du Festival de Cannes, comme d'autres événements. Baptisé le bunker à ses débuts, il a vite imposé sa fonctionnalité. Dès mardi, nous y serons à nouveau, au milieu des travaux, généralement pas finis à la veille de l'ouverture, et dans l'attente de cette fébrilité qu'on ne retrouve dans aucun autre festival de cinéma.

Le Palais, qui n'est accessible qu'aux professionnels et fermé au public, ce sont trois étages, un sous-sol abritant le Marché du film, bulle protectrice dans laquelle l'accès est impossible sans un certain type d'accréditation, des salles de presse et un lieu de conférence où toutes les stars ont fini par apparaître un jour ou l'autre. Le Palais est aussi un dédale, un labyrinthe dans lequel il est possible de se perdre. Gigantesque paquebot, il occupe une superficie de 35 000 m², soit, pour avoir un ordre de grandeur, un peu plus du tiers de celui de Palexpo (à Genève, pour les étrangers qui tomberaient sur ce billet). Les célèbres marches sont situées à l'extérieur de cette entrée, à une cinquantaine de mètres sur la gauche. Elles mènent au Grand Auditorium Lumière, qui a été entièrement rénové cette année. Les invités officiels y découvriront La Tête haute mercredi soir, et les journalistes y visionneront Mad Max Fury Road jeudi matin. Cannes sera alors lancé.

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Festival de Cannes: Ingrid Bergman, un avant-goût d'immaculé

affiche.jpgIngrid Bergman. Dans quelques heures, son sourire illuminera la façade du Palais des Festivals et veillera sur la montée des marches qui auront lieu chaque soir (mais aussi la journée) du 13 au 24 mai. Ingrid Bergman, succédant à Marcello Mastroianni (en 2014), à Paul Newman et Joanne Woodward enlacés (2013), à Marilyn Monroe (2012). De grands disparus se suivent ainsi chaque année. L'affiche donne le ton. Annonce la couleur. Immaculée. D'un blanc presque aveuglant. Au point d'occuper la quasi totalité du cadre. Ingrid au sommet, là où l'interprète de chefs d'oeuvre de Roberto Rossellini - Stromboli, Voyage en Italie, pour n'en citer que deux -, la star renonçant à Hollywood par amour et par choix, malgré un Oscar pour Gaslight de Cukor, autre pic de sa carrière (elle aura une seconde statuette en 1957 pour l'insipide Anastasia d'Anatole Litvak, puis une troisième en 1975, de meilleur second rôle cette fois, pour Le Crime de l'Orient-Express de Lumet), l'actrice préférant Jean Renoir à Sam Wood, aura toujours été. Elle annonce la couleur, disais-je. D'un festival peut-être placé sous le signe de la femme. Agnès Varda en Palme d'honneur, Sabine Azéma présidant le jury de la Caméra d'or, Isabella Rossellini (fille d'Ingrid et de Roberto) celui d'Un certain regard, Valérie Donzelli et Maïwenn en compétition, et je m'en tiendrai là pour aujourd'hui. La douceur du visage d'Ingrid Bergman devrait porter chance au festival. Elle nous observera toute la quinzaine.

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