02/01/2015

Dans "Les Temps modernes", la manducation se perd

modernes.jpgLorsqu'un repas ressemble à une séquence de torture. La nuque et les bras de Charlot enserrés dans une sorte de machine en forme de carcan, un épi de maïs embroché par un ustensile d'apparence barbare, et une structure métallique, à droite, sur laquelle est fixée un objet ressemblant à une demi-lune. Bizarrement, l'assiette de soupe et le dessert à la crème posés sur la table sont les seuls objets à peu près normaux sur cette image. Mais ils ne vont pas tarder à être eux aussi sacrifiés par la modernité annoncée par le titre.

Les Temps modernes (Modern Times) est sorti en 1936 et demeure aujourd'hui l'un des films les plus célèbres de Charlie Chaplin. Il est encore en partie muet mais contient plusieurs scènes parlantes, dont la fameuse et inénarrable séquence de la chanson charabia, durant laquelle Charlot improvise un sabir incompréhensible sur l'air de Je cherche après Titine (écrite par Léo Daniderff en 1917). Le fait que Les Temps modernes soit tourné en partie comme un film muet alors que nous sommes en 1936 et que le parlant a déjà conquis les écrans du monde entier aurait pu être un sérieux handicap à sa commercialisation. Il n'en fut rien, et la popularité du film fut aussi instantanée que durable.

Les Temps modernes (Modern Times) passe en ce moment aux Cinémas du Grütli, dans le cadre du cycle "Centenaire de Charlot".

16:07 Publié dans Cinéma, Cinéma muet | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/12/2014

Luise Rainer, une légende d'Hollywood s'en va

froufrou.jpgC'est encore dans The Toy Wife (Frou-Frou) que je préférais Luise Rainer, plus que dans les deux films qui lui valurent l'Oscar de la meilleure actrice, The Great Ziegfeld de Robert Z. Leonard (1937) et The Good Earth de Sidney Franklin (1938), que je trouve personnellement pénible. La voici justement sur une photo de plateau de The Toy Wife. Sorti en 1938, réalisé par le prolifique Richard Thorpe (du moins à la MGM), le film, qui se déroule à la Nouvelle-Orléans, est un mélo par moments invraisemblable et tiré par les cheveux, mais comme toujours chez Thorpe, le spectacle est assuré et la direction d'acteurs solide. Luise Rainer n'a aucune peine à y éclipser ses partenaires, Melvyn Douglas et surtout Robert Young, et pourtant, c'est l'un des derniers titres dans lesquels elle s'illustrera.

En désaccord avec la MGM concernant le renouvellement de son contrat, elle retourne en Europe, où elle était née en 1910, à l'aube des années 40. Elle ne tournera quasiment plus. La carrière hollywoodienne de celle que certains voyaient déjà comme la nouvelle Garbo ne dura que le temps d'une poignée de films. De 1935 à 1938, Luise Rainer cristallisa les espoirs et régna sur Hollywood. Fut-elle victime des deux Oscars remportés consécutivement? C'est en tout cas une hypothèse formulée par certains historiens. Je ne la partage pas. Luise Rainer a vécu quelque temps en Suisse, au Tessin. Le festival de Locarno l'avait d'ailleurs invitée pour un hommage il y a quelques années.

Luise Rainer est décédée le 30 décembre 2014 à Londres à l'âge de 104 ans.

20:03 Publié dans Cinéma, Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

"A Dog's Life": quand Charlot recueillait un chiot

dog'slife.jpgAvec Lassie, Beethoven, les 101 dalmatiens et quelques autres, ce chien est l'un des plus célèbres de l'histoire du cinéma. Il a un nom. Scraps. Ce qui peut signifier "restes". Et c'est ainsi qu'on peut l'identifier sur cette image où tout appelle la pauvreté et la saleté. Comme une chose abandonnée, parmi d'autres "restes", des chaussures usées jusqu'à la semelle, des boîtes de conserve, des bris de vase et de la poussière, il dort, tel un roi. Jusqu'au moment où Charlot passera par là et le recueillera. Notons sur ce photogramme l'ouverture ou fermeture à l'iris caractéristique des muets et visibles aux quatre coins de l'image.

A Dog's Life (Une vie de chien) a été tourné début 1918 et c'est le premier film de Charlie Chaplin en tant que producteur. Après avoir débuté aux studios Keystone en 1913, il rejoint la Essanay l'année suivante, puis la Mutual en 1916, avant de finalement signer à la First National. Par contrat, il doit réaliser huit films contre un million de dollars (pour une estimation actuelle, multiplier ce montant par 34). C'est donc avec A Dog's Life qu'il y débute. Le film sort le 14 avril 1918, dure environ 33 minutes (il s'agit d'un "three reels", trois bobines, l'un des formats standard de l'époque) et rapporta un million de dollars.

En 1959, la United Artists réunit trois des courts-métrages de Chaplin sous le titre The Chaplin Revue (La Revue de Charlot): A Dog's Life, Shoulder Arms (Charlot soldat) et The Pilgrim (Le Pèlerin), qui dure environ une heure.

dog's2.jpg

The Chaplin Revue est actuellement programmé aux Cinémas du Grütli, dans le cadre du cycle "Centenaire de Charlot".

13:12 Publié dans Cinéma, Cinéma muet | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |