13/05/2015

Immersion dans la jungle cannoise

paradot.jpgJ'ai vu des badges de toutes les couleurs. Blanc, jaune, rose, bleu, indéfini. Certains ont accès partout, d'autres nulle part. C'est la loi de Cannes, parfois implacable. J'ai croisé un directeur de festival qui a déjà 80 rendez-vous sur la Croisette. J'ai adoré La Tête haute d'Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve, mais nous avions pu le visionner il y a quelques jours lors d'une séance privée et contre promesse de n'en rien dire avant (procédé classique). Film d'ouverture magnifique et tendu dès ses premières secondes (pour un compte-rendu plus large, lire ici mon papier paru ce mercredi dans la TdG), il donne le ton d'un festival tourné vers les jeunes auteurs et rompant avec la tradition. Comme tout le monde, j'ai trouvé le jeune Rod Paradot (photo ci-dessus), repéré lors d'un casting sauvage, formidable. Il est de tous les plans et le film est construit autour de lui. Refera-t-il d'autres métrages? Mystère. J'ai aperçu Catherine Deneuve à la conférence de presse évoquer l'utilité de ce film et pas grand-chose d'autre.

Il m'a semblé que celle (de conférence de presse) du jury officiel était moins courue que d'habitude. Impression sans doute trompeuse, les files d'attente se mélangeant à l'étage presse (4500 badges presse distribués cette année, un record qui me donne déjà le tournis). J'ai ainsi pu voir le dernier Hirokazu Kore-eda, Notre petite soeur, premier titre de la compétition cannoise 2015. Mais ne peux en parler avant demain, heure de sa présentation officielle. Une radio étrangère m'a demandé ce que j'en pensais. J'ai été tout à fait positif. Dehors, j'ai vu des passants se demander si les marches de la salle Debussy étaient bien les fameuses marches de Cannes. Pour la centième fois de la journée, les agents leur ont précisé que non, mais qu'ils les trouveraient cent mètres plus loin. Et présentement, je me dépêche de terminer ce petit billet pour aller rejoindre l'équipe de Vertigo dans leur studio d'enregistrement. Nous serons en direct vers 17 heures 30 sur la RTS.

La Tête haute est actuellement à l'affiche en salles.tetaffiche.jpg

16:39 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

12/05/2015

A Cannes, les affiches pèsent des tonnes

cannnesmad.jpgSur la façade du Carlton, Mad Max Fury Road s'affiche (photo AFP). Chaque année, le célèbre palace, jadis chanté par Philippe Clay dans Le Danseur de Charleston (à réécouter ici, histoire de parfaire cet anachronisme), loue cet espace aux distributeurs de blockbusters qui l'occupent durant toute la quinzaine. Cette devanture devrait changer d'ici quelques jours. Pas sûr que j'aille vérifier sur place ce qu'il en est. Ce matin, Cannes est encore en travaux. Devant le Palais, seuls ceux qu'on surnomme le peuple des marches ont déjà installé leurs escabeaux, chasseurs d'autographes et traqueurs de stars fidèles au poste, au point pour certains de prendre leurs vacances durant le festival. Des touristes munis de caméra s'arrangent déjà pour me bousculer. Leur but? Filmer l'affiche géante du festival. Ingrid Bergman s'étale désormais sur 24 mètres de largeur (contre 11 de hauteur) sur le fronton du palais. Une opération qui n'a pas dû être simple à réaliser, l'objet pesant 150 kilos. Mais à l'intérieur du bâtiment, ce ne sont que câbles et planches, ouvriers et responsables de sécurité. Le plan vigipirate est-il déjà en place? Vu les fouilles pratiquées à l'entrée, y compris au niveau du retrait des badges d'accréditation, c'est hautement probable. Demain, l'endroit grouillera de monde et je rêverai de solitude.

18:57 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

11/05/2015

Dans l'antre du Palais des Festivals

cannes11.jpgVoici le lieu le plus souvent foulé au Festival de Cannes. L'intérieur de son Palais. Je sais bien que les clichés, aux deux sens du terme, évoquent d'ordinaire plage, soleil et starlettes. Que la Croisette, dans l'imaginaire, ressemble davantage à la couverture d'un vieux Cinémonde avec Mylène Demongeot qu'à cet alignement de plages privées qu'elle est devenue aujourd'hui. Il faut dire que dans la mythologie cannoise, les années 50 et 60 ont la vie dure. A cette époque, le Palais des festivals n'existait pas. Créé en 1982, il est devenu le centre névralgique du Festival de Cannes, comme d'autres événements. Baptisé le bunker à ses débuts, il a vite imposé sa fonctionnalité. Dès mardi, nous y serons à nouveau, au milieu des travaux, généralement pas finis à la veille de l'ouverture, et dans l'attente de cette fébrilité qu'on ne retrouve dans aucun autre festival de cinéma.

Le Palais, qui n'est accessible qu'aux professionnels et fermé au public, ce sont trois étages, un sous-sol abritant le Marché du film, bulle protectrice dans laquelle l'accès est impossible sans un certain type d'accréditation, des salles de presse et un lieu de conférence où toutes les stars ont fini par apparaître un jour ou l'autre. Le Palais est aussi un dédale, un labyrinthe dans lequel il est possible de se perdre. Gigantesque paquebot, il occupe une superficie de 35 000 m², soit, pour avoir un ordre de grandeur, un peu plus du tiers de celui de Palexpo (à Genève, pour les étrangers qui tomberaient sur ce billet). Les célèbres marches sont situées à l'extérieur de cette entrée, à une cinquantaine de mètres sur la gauche. Elles mènent au Grand Auditorium Lumière, qui a été entièrement rénové cette année. Les invités officiels y découvriront La Tête haute mercredi soir, et les journalistes y visionneront Mad Max Fury Road jeudi matin. Cannes sera alors lancé.

cannes3.jpg

20:36 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |