27/06/2016

Euro 2016 : le miracle islandais

islande.jpgTout semblait plié dès la quatrième minute de jeu. Un penalty sifflé en faveur des Anglais, puis transformé par un Rooney vieillissant mais sûr de lui, et l’Angleterre menait 1 à 0 face à l’Islande. Affaire hélas entendue, pouvait-on croire. Mais contre toute attente, l’égalisation n’allait pas tarder. Deux minutes plus tard, Sigurdsson rétablit la donne 1 à 1. A peine douze minutes plus tard et Sigthorsson en met un deuxième, presque sans forcer. 2 à 1 pour l’Islande. Le match n’a commencé que depuis vingt minutes et trois buts sont déjà marqués. Le reste n’est qu’efforts. Menés au score, contraints d’égaliser pour espérer rester dans le coup, les prétentieux Anglais ne concrétisent rien. Vaillants, les vikings islandais (ci-dessus après leur victoire) sont partout, gérant à l’instinct et collectivement un score amplement mérité. Ravalant leur fierté avant leurs larmes, les arrogants disciples de Manchester ou Arsenal démontrent leur impuissance, leur suffisance et leur maladresse. Leur public, toujours prompt à brûler ses idoles, les hue copieusement. Demain, les tabloïds se chargeront de les crucifier. Et je ne vais pas les plaindre. On retrouvera l’Islande, équipe surprise des quarts (même si on aimerait que d’autres outsiders se glissent aussi là en lieu et place de ces favoris qui se prennent pour tout ce qu’ils ne sont pas), face à la France dans quelques jours. En attendant, ils nous ont offert le match le plus palpitant et le plus riche en émotions de cet Euro. A ce titre, ils ont déjà tout gagné.

Plus tôt en début de soirée, le huitième de finale entre l’Italie et l’Espagne, clairement dominé par les premiers, pendant que les seconds avaient l’air de manquer de souffle – et certains matchs de leur poule le laissaient pressentir -, a permis à la Squadra Azzurra de s’imposer logiquement 2 à 0. Les Italiens joueront les Allemands en quart de finale, et on espère déjà un scénario à la hauteur de la rencontre.

Voici donc les quatre quarts de finale de cet Euro :

 Pologne-Portugal (jeudi 30 juin, 21 h.)

Pays de Galles-Belgique (vendredi 1er juillet, 21 h.)

Allemagne-Italie (samedi 2 juillet, 21 h.)

France-Islande (dimanche 3 juillet, 21h.)

 Les choses commencent à se dessiner...

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26/06/2016

Euro 2016 : les Bleus iront-ils au bout?

griezmann.jpgLe scénario débutait de manière idéale. Abrutis par un penalty sifflé dès la première minute et transformé par les Irlandais, les Bleus se retrouvaient dans le rouge pratiquement au coup d’envoi de leur huitième de finale. Et doutaient, doutaient, doutaient. Pressaient, poussaient, attaquaient. Sans réussite. Le terrain reflète alors cette impuissance. Tel la statue du Commandeur, Olivier Giroud attend son offrande dans la surface. Las, il devra se contenter d’une passe décisive de la tête un peu plus tard. Dimitri Payet tente de réitérer son exploit du match d’ouverture. Rien n’y fait. La délivrance viendra juste après le retour des vestiaires. En trois minutes, Antoine Griezmann (photo), objectivement le meilleur des Bleus, réussit le doublé qui délivre son équipe, que dis-je, son pays, et plie un match que les Irlandais termineront à dix. Promu héros des Français et homme du match, Griezmann, qui n’avait que sept ans en 1998 (suivez ma pensée), qui a fait presque toutes ses armes dans le championnat espagnol, qui tient mordicus à ce qu’on prononce le e de son patronyme (dites Gri-e-zmann et non Griz-mann), affiche un profil modeste qui tranche avec celui d’autres Bleus.

Rentré en cours de partie, Gignac se prend pour Cantona et tente de tirer la couverture à lui, puis fait la leçon à… Griezmann. Evidemment, il ne marque rien. Quant à Coman, lui aussi rentré en cours de jeu, puis remplacé avant la fin de la rencontre, il va falloir lui dire qu’un match se joue et se gagne à onze. Toutes ces individualités offrent l’image d’une équipe peu sympathique, car peu collective et sans doute gangrenée par des ego surdimensionnés. Griezmann, là encore, infléchit la tendance. Il n’a rien d’un bad boy, ceux-ci ont fait leur temps, il ne traîne pas de casseroles, et son physique de gendre idéal en fait le candidat idoine pour devenir ce héros tranquille que la France souhaite porter aux nues sans arrière-pensée. Il lui reste à confirmer. En clair, à continuer sur sa brillante lancée, en étant conscient qu’un exploit individuel peut parfois suffire mais pas toujours. Stricto sensu, à ne pas faire preuve de suffisance. Aujourd’hui, la France demeure favorite et risque bien d’aller au bout de son Euro. Elle n’était pas géniale contre l’Irlande ? Certes non. Mais l’était-elle contre le Paraguay en 1998 ? Non plus. Et on connaît la suite.

Les deux autres huitièmes de finale de ce dimanche ont comporté leur lot de buts. L’Allemagne a dominé sans grand effort la Slovaquie 3 à 0, confirmant elle aussi son statut de favorite, et cela malgré un penalty raté par Özil, ce qui est anecdotique. Quant à la Belgique, elle a terrassé 4 à 0 des Hongrois pourtant combattifs et souvent dangereux. Coaching gagnant : Wilmots a fait rentrer Batshuayi et Carrasco, les deux derniers buteurs du match. Ces Belges, depuis le début de l’Euro, ne cessent d’épater. En toute logique, ils devraient venir à bout du Pays de Galles en quart de finale. Sauf qu’il faut se méfier des évidences, comme du réalisme, grand ennemi du foot.

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Euro 2016 : Suisse et Croatie quittent l'Euro la tête haute, Pologne et Portugal se qualifient sans mérite

Shaqiri.jpgCeux qui ont vécu (ou vu) le RFA-France du 8 juillet 1982 savent à quel point les tirs au but peuvent être frustrants. Injustes. Arbitraires. Sans atteindre, ne serait-ce qu’à la cheville, la dimension dionysiaque de la rencontre de légende précitée, le Suisse-Pologne s’est lui aussi achevé sur une issue qui ne reflétait pas du tout le visage de la partie. Domination des Suisses sur des Polonais qui ne furent brillants qu’une courte demi-heure, ouverture du score un rien chanceuse, égalisation par Shaqiri en seconde période, avec une réalisation qui est sans doute le plus beau but de cet Euro (photo), puis des prolongations à l’avantage helvète, suivies de l’implacable séance des tirs au but, mauvais remake de ce Suisse-Ukraine du Mondial 2006, à l’avantage des seconds. Tout s’est joué sur pas grand-chose, forcément. Le penalty raté de Xhaka, Sommer incapable d’arrêter un seul tir polonais, et juste avant, dans la deuxième prolongation, une occasion (parmi quelques autres) de Derdiyok qui a bien failli délivrer la Nati. Transparents jusqu’à l’effacement, les Polonais auraient dû logiquement s’incliner. Ces joueurs aux noms imprononçables (je sais, c’est raciste et je m’en contrefous) affronteront le Portugal en quart de finale. Dieu que ce match risque d’être soporifique.

Le deuxième huitième de finale de la journée a vu le Pays de Galle battre logiquement l‘Irlande du Nord 1 à 0. Rien à dire et guère plus à voir, sinon une fin de partie – allez, 8 minutes à tout casser - que les Irlandais, contraints de pousser pour revenir au score, ont en vain tenté d’emballer. Mais le pire, c’était bien sûr le Croatie-Portugal de la soirée. Match le plus ennuyeux de cet Euro, il s’est achevé en prolongations avec l’ouverture du score portugaise sur un contre qui nous a réveillé de notre torpeur, alors qu’on filait droit vers une séance de tirs au but prometteuse d’un semblant de dramaturgie. Victoire clairement imméritée pour un Portugal poussif et organisé comme une équipe de troisième division et dont les «stars» brill(ai)ent surtout par leur absence. Pas de quoi klaxonner, loin de là. Tout cela est fort dommage pour la Croatie, qui reste l’une des équipes les plus séduisantes de cet Euro. Aujourd’hui, les meilleurs ne sont pas passés et les regrets sont quant à eux bien réels.

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