19/06/2016

Suisse-France (0-0) : ce nul qui nous qualifie

suifra.jpgIl aurait suffi d’un but suisse pour qu’on se retrouve à la première place du groupe A devant la France. Il a suffi d’un nul pour qu’on reste à la deuxième et qu’on se qualifie pour les 8e de finale. Est-ce là l’essentiel ? Oui et non. Oui, car objectivement – comme le dicte ce réalisme footballistique que je déteste -, battre la France, au vu des performances des deux équipes, était difficile, voire impensable : en d’autres termes, le nul demeure une meilleure solution qu’un naufrage similaire à celui du Mondial il y a deux ans (ce 5-2 contre la France d’horrible mémoire, et cela même si on s’était qualifiés ensuite). Non, car il est probable, toujours en raison de ce réalisme crétin que j’évoquais avant, que nous ne passions pas en quart de finale. Cela dit, rien n’est fait, et je laisse les sempiternels pisse-froids du ballon rond émettre leurs pronostics grisâtres. Si ce match nul arrange in fine tout le monde – d’autant plus que l’Albanie, en parallèle, a battu la Roumanie 1 à 0, annulant toute velléité roumaine dans la course à la deuxième place -, il ne devrait rassurer personne. Sans génie, la Suisse fut bonne et solide dans son ensemble – Mehmedi sur tous les ballons, Sommer, qui n’a pris qu’un seul but sur penalty depuis le début de l’Euro, sûr de lui -, avec ses défauts usuels, son manque de finition et de pugnacité, et ses éléments plus faibles (et je ne cite aucun joueur ce soir, mais ce n’est pas l’envie qui m’en manque). Côté France, leur incapacité à nous battre, malgré un Payet dopé aux amphét pour conforter son statut de héros de la nation, doit bien être symptomatique de quelque chose. En 1998, pour comparer, les Bleus avaient battu leurs trois adversaires de poule. Mais nous ne sommes plus en 1998. Et Deschamps, qui a passablement grimacé ce soir sur son banc de touche (et ça, je ne m’en lasse pas), le sait fort bien. Au premier adversaire plus fort, il passe à la trappe et j’achète L’Equipe le lendemain. En attendant, savourons le bonheur d’être toujours dans la course et on avisera pour la suite. Après tout, au Mondial il y a deux ans, nous avions chuté en 8e de finale sans déshonneur contre l’Argentine, qui avait dû attendre les prolongations pour marquer l’unique but de la partie. Alors bravo la Nati !

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18/06/2016

Portugal-Autriche (0-0) : la baraque s'écroule

ronaldo-0-0.jpgCe Portugal est poussif. Impuissant. Ratatiné. Dominer à ce point une équipe d’Autriche largement battable (quoique, je finis même par en douter) sans rien marquer, et cela malgré une grande quantité d’occasions, ce n’est pas une question de réussite ou de malchance. Responsable de la débâcle ? Un collectif qui n’en est pas un. Et une star qui se prend pour telle et rate l’unique occasion d’ouvrir le score, sur penalty, à la 78e, avant de reprendre de la tête un coup franc en se mettant hors-jeu de manière flagrante. Cristiano Ronaldo (ci-dessus défait devant le gardien autrichien, Almer), surfait, surévalué, essoufflé au propre comme au figuré, désolidarisé de coéquipiers à peine moins doués, isolé dans son arrogance stérile. Les sifflets parlaient pour moi. Second match nul 0 à 0 de cet Euro (après l’Allemagne-Pologne de jeudi), ce Portugal-Autriche laisse le groupe F au bord du doute. En effet, dans le même groupe, l’autre match nul de la journée, c’était un certain Islande-Hongrie. Biaisée par un penalty accordé aux plus faibles, ces vaillants Islandais qui participent à leur premier Euro et ouvraient donc le score à la 39e, laissant la Hongrie courir après une égalisation qui surviendra enfin à la 87e, la partie s’achèvera par un 1 à 1 certes injuste mais sur un suspens tout à fait jouissif. Bilan des opérations : les quatre équipes demeurent qualifiables, avec avantage à la Hongrie, en tête du groupe avec 4 points. Pour le reste, tout demeure ouvert.

Enfin, c’est du groupe E qu’est venue la bonne surprise avec le réveil de la Belgique, qui a dompté la République d’Irlande 3 à 0 (dont un doublé de Lukaku). Pour les Diables rouges, tout se jouera là aussi lors de la troisième journée, notamment lors d’un match contre la Suède qu’il faudra suivre avec attention. Bon, dans cette attente, on suspend les spéculations pour souhaiter que la Nati, qui affronte la France dimanche soir pour son dernier match du premier tour, ait de la réussite et bénéficie d’un scénario clément. Mais avec ses 4 points déjà acquis, on va se dire que c’est presque bon, non ? Presque, j’ai dit.

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17/06/2016

Espagne-Turquie (3-0) : l'implacable machine à gagner et une poignée d'abrutis

espagne.jpgDans le calendrier glouton d’un Euro, les matchs se suivent sans vraiment se ressembler. Les yeux rivés sur les résultats, les équipes se dévoilent ou se perdent. Alors qu’une vingtaine de rencontres ont déjà eu lieu et que quelques équipes sont assurées d’aller plus loin, quelques constantes demeurent. La connerie des supporters, par exemple. Peu nuancés, ceux de la Turquie huent leur équipe, largement battue par l’Espagne, avant que leur presse locale ne se charge du reste (dès samedi, sans doute). Ceux de la Croatie perturbent le match que leur équipe est en train de gagner en jetant des fumigènes qui interrompent la partie, déstabilisent leurs joueurs, qui finissent par être rejoints au score par des Tchèques nettement inférieurs. L’UEFA a-t-elle prévu quelque chose pour sanctionner les cons ? Sans doute pas. C’est bien dommage, car ils s’invitent dans une actualité du foot – tout le monde en parle, y compris moi - d’où ils devraient être exclus à vie.

Retour aux matchs. En soirée, l’Espagne (savourant son triomphe ci-dessus) n’a laissé aucune chance à la Turquie. 3 à 0, buts de Morata, Nolito puis Morata pour le doublé, juste après le retour des vestiaires. Démonstration implacable, Espagne tout en puissance - il est vrai contre un adversaire faible -, qualification haut la main, et match plié dès la 50e minute. Même si la Turquie n’est pas encore mathématiquement éliminée, on voit mal comment elle pourrait passer le cap du premier tour. Dans le même groupe D, la République tchèque et la Croatie se sont quittées sur un score nul de 2 à 2, résultat qui ne reflète pas du tout l’état des forces en présence. Menant 2 à 0, la Croatie s’est fait remonter sur un but chanceux venu de nulle part (ou plutôt d’un coup de tête de Skoda, qui passait par là) avant que les Tchèques n’égalisent suite à un penalty, une main dans la surface qui n’a pas échappé à l’arbitre. Interrompu durant une dizaine de minutes par les fumigènes lancés par les connards dont je parlais plus haut, la rencontre s’est débridée sur la fin, avec un scénario non exempt de suspens et c’est tant mieux.

Plus tôt dans l’après-midi, l’Italie a dû attendre la 89e minute avant d’ouvrir le score grâce à Éder, «leur» Brésilien, permettant à son équipe de battre la Suède 1 à 0 et surtout de se qualifier pour les 8e de finale. Une action confuse dans la surface de réparation italienne, à la dernière minute, aurait pu offrir un penalty aux Suédois, qui crient encore au scandale. Sur la RTS2, Michel Pont estimait qu’il n’y avait pas matière à siffler. Je ne suis qu’à moitié d’accord. Mais pour ce groupe E, il faudra attendre demain pour faire le point sur les équipes et savoir qui risque d’être à son tour qualifié.

En attendant, je décerne un bon point à la RTS2 pour sa couverture (plateaux comme commentaires, site internet inclus) de l’événement, aussi agréable que pointue, et je le dis sans aucune réserve (ni enjeux, je ne les connais pas personnellement). Et un mauvais point au site Mytf1.fr, dont le Live-Ticker est particulièrement brouillon et peu pratique. D’autres bons et mauvais points dans les jours qui viennent, promis.

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