13/06/2016

Belgique-Italie (0-2) : la Squadra exulte, les Diables rongent leur frein

butrital.jpgJusqu'à la 92e minute, le score était analogue à celui d’Albanie-Suisse. 0 à 1. Mais c’est bien la seule comparaison qu’on peut émettre à propos de ces deux rencontres. L’Italie face à la Belgique, c’est l’opposition de deux collectifs, même si les premiers étaient supérieurs aux seconds, pourtant donnés comme favoris. A la 31e minute, l’Italie ouvrait le score (photo ci-dessus) grâce à Giaccherini, qui tirait en pleine lucarne suite à une ouverture de Bonucci. La suite fut plus laborieuse. Mais tout aussi offensive. Accusant le coup, les Belges ont tout tenté pour revenir au score, manquant à la fois de réussite et de vivacité dans la dernière passe. Buffon était là, sa défense également. Sans forcer, jouant habilement les contre pendant que la Belgique s’enferrait dans une attaque défense passionnante à suivre, même si vierge de buts, voire de franches occasions. Dans le temps additionnel, à la 92e, l’Italie alourdissait le score sans opportunisme sur un contre et un tir de Pellè que seuls des joueurs de seconde division auraient raté. Ce 0 à 2 condamne-t-il pour autant les Diables rouges ? Non, surtout dans un Euro où les quatre meilleurs troisièmes passeront en huitième de finale. Dans ce groupe E, il reste donc au mieux à la Belgique de battre la Suède et la République d’Irlande. Jouable. Quant à l’Italie, elle est priée de ne pas se planter lors de son prochain match face à la Suède.

La Suède affrontait justement le République d'Irlande un peu plus tôt, toujours dans le groupe E. Dominée par les seconds, la rencontre s’est achevée par un 1 à 1 quelque peu frustrant (d’autant plus que le but suédois est en réalité un auto-goal d’un joueur irlandais). Quant à Zlatan Ibrahimovic, muselé par la défense irlandaise, on ne l’a guère aperçu que via les gros plans de la réalisation. La légende est un peu terne. Plus tôt dans l’après-midi, l’Espagne et la République tchèque entraient à leur tour dans la course (dans le groupe D, celui de la Croatie et de la Turquie). Match fermé durant 87 minutes, avant que Piqué ne délivre la Roja (cette année sans l’insupportable Torres – oui, je sais, c’est gratuit) d’un score vierge et nettement insuffisant pour les tenants du titre. Mais passer le mur tchèque ne fut pas chose aisée. Une manière de dire qu’on devrait aussi retrouver ceux-ci un peu plus loin dans la compétition.

23:48 Publié dans Euro 2016, Football | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/06/2016

Allemagne-Ukraine (2-0): la Mannschaft est de retour et elle le fait déjà savoir

mustafi.jpgPendant que l’UEFA se réveille de sa sieste et menace d’exclure l’Angleterre et la Russie de l’Euro en cas de nouveaux incidents via un communiqué scandaleusement laconique, la Mannschaft entre à son tour en scène. Demain, vous risquez de lire partout qu’elle a déçu. Mettons. Elle nous a quand même offert un très beau match, largement supérieur aux deux rencontres qui ont précédé celle-ci ce dimanche. L’Allemagne, oui, grand favori du tournoi, finaliste et gagnant potentiel de l’Euro 2016. Mais l’Allemagne sans Philipp Lahm, sans Miroslav Klose. Mélange d’anciens et de nouveaux visages. Mustafi, 24 ans, sur un coup franc de Kroos à la 19e minute, marque de la tête pour la première fois en sélection. Le «vétéran» Schweinsteiger, 31 ans, à peine entré en jeu, place un boulet dans la cage ukrainienne à la 92e minute sans avoir touché le ballon avant (ci-dessus, la photo des deux buteurs à la fin du match). Entre ces deux actions, place au doute. Mener 1 à 0 contre l’Ukraine, c’est une chose. Mais ce n’est pas suffisant. Surtout face à une équipe qui s’arrache littéralement pour tenter d’égaliser et de ramener au moins un point de son premier match dans le groupe C. Conclusion, il faut en mettre en deuxième sans se faire remonter. Facile à dire. Sur le terrain, la tâche est ardue. L’Ukraine résiste et attaque. D’occasions manquées (de peu) en corners qui ne donnent rien, les Allemands sauvent la baraque. Neuer tient son rôle de gardien à la perfection, Boateng défend avec abnégation. Le verrou ne cède pas, et l’Ukraine ne marque pas, au grand dam de Chevtchenko, promu entraîneur assistant, qui grogne sur le banc de touche. L’Allemagne triomphe et se donne quatre jours pour tenter de balayer les éventuels doutes qui ont germé en elle durant cette rencontre. Si tant est que cela soit nécessaire. Les tacticiens du foot commenteront cela dans les jours qui viennent, laissons-les dire.

Deux autres matchs se sont disputés dimanche. Toujours dans le groupe C, la Pologne a battu l’Irlande du Nord 1 à 0 grâce à un but de Milik à la 51e. Le tout sans génie, avec une domination largement polonaise, même si quelques rares occasions irlandaises ont failli contrarier leur optimisme. Enfin, le premier match du groupe D a permis à une Croatie méritante de s’imposer face à une Turquie décevante. Là aussi sur le score de 1 à 0 (ou plutôt 0 à 1, la Turquie étant l’hôte). Mais le but du Croate Luka Modric, une reprise de volée saisissante et lumineuse, est pour l’heure l’un des plus beaux de cet Euro 2016.

23:54 Publié dans Euro 2016, Football | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

11/06/2016

Angleterre-Russie (1-1) : un nul et quelques blaireaux

akinfeev.jpgLes blaireaux étaient de sortie. Match à haut risque, débordements, sécurité prise de court, incidents à Marseille, supporters alcoolisés venus pour se bastonner en territoire franc, hooligans imbéciles (pléonasme) et décérébrés croyant faire la loi dans leur logique clanique à deux balles, bagarres et blessés. C’est dans ce climat de merde, alourdi par des dépêches alarmistes, des commentaires anxiogènes - guérilla urbaine pour M6 - et des pluies de tweets idiots, qu’a débuté cet Angleterre-Russie au centre de toutes les tensions. La domination était assurément anglaise. Mais cela n’a pas suffi. Offensives, corners, coups francs, Roy Hodgson s’arrachant les cheveux, Kane en embuscade, au premier poteau, au poteau de corner, Rooney ahanant et grimaçant dans son rôle inédit de milieu distributeur de ballons, Lallana sur (quasi) tous les coups. Mais en face, un grand gardien. Igor Akinfeev (ci-dessus), imparable, imbattable, impérial. Avec lui, rien ne passait. Enfin presque. Après 73 minutes, Dier, sur coup franc, finit par trouver l’ouverture. L’Angleterre, cette Angleterre «tottenhamisée», «arsenalisée», «liverpoolisée», «arsenwengerisée», douée mais arrogante, vivace mais sans réussite, brisait enfin la malédiction de son premier match de l’Euro, qu’elle n’avait encore jamais remporté. Mais les Russes, bien qu’inférieurs, ont su réagir. Et parvenaient in fine à égaliser dans les arrêts de jeu, à la 92e, but attribué à Glushakov. Un but partout. Un point chacun. Les British déçus, les Russes au bord de l’exploit. Les deux équipes passeront sans doute en 8e de finale. A moins que…

En effet, l’autre match de ce groupe B opposait un peu avant le Pays de Galles à la Slovaquie. Les premiers ont battu les seconds 2 à 1 (Gareth Bale sur coup franc à la 10e minute, puis Ramsey à la 81e, contre Duda qui égalisait pour la Slovaquie à la 60e) avec une certaine détermination. Les voilà donc premiers d’un groupe ouvert où les favoris n’auront peut-être pas le dernier mot. Ce qui serait loin de me déplaire.

23:32 Publié dans Euro 2016, Football | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |