10/06/2016

France-Roumanie (2-1) : des crispations et Payet qui sauve les Bleus

payet.jpgCinquante-sept minutes d’attente. Cinquante-sept minutes avant l’ouverture du score. But de Giroud, passe décisive de Dimitri Payet (ci-dessus au centre), incontestable homme du match de ce France-Roumanie qui aurait pu tourner à la curée pour les Bleus. Dès le début de la rencontre, un cafouillage dans la surface de réparation française, sur un corner roumain, laissait en effet planer quelques doutes. Lloris, impérial, sauvait son équipe de la catastrophe. Puis, de tirs non cadrés en occasions avortées, la France, peu géniale, se heurtait à une défense roumaine qui ne laisse rien présager de bon pour la Nati mercredi soir. C’est après la mi-temps que tout s’est décanté. Peu après la reprise de Giroud donnant l’avantage à la France, un penalty ramenait les Roumains au score. Tir de Stancu, Lloris à contrepied, un but partout. Les choses auraient pu en rester là. Mais c’était sans compter sur Payet, encore lui, toujours lui, qui d’une reprise de volée puissante et somptueuse à la 89e minute, marquait le second but et apportait sur un plateau les 3 points à une France qui en avait besoin pour son entrée en compétition. Cette victoire n’est pas volée et fut loin d’être simple et pliée comme on pouvait le craindre. Et même si le chauvinisme exacerbé de nos voisins français a de quoi exaspérer, la conformité du score final – on s’y attendait, sans vraiment connaître les potentialités roumaines – augure d’un Euro qui risque de nous ménager quelques croustillants retournements de situation. Pour le destin de la Suisse, adversaire de la France dans ce groupe A, j’attendrai quelques jours avant de faire les premiers calculs. A demain.

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Euro 2016 : le scénario sera-t-il à la hauteur?

euro-2016.jpgOn parlera plus des Bleus que de l’attaquant vedette d’Irlande du Nord. Question de proximité avant tout. On n’évoquera (sans doute) plus le racisme supposé (et non avéré) de Deschamps, ni les ratiocinations de Benzema, qui grogne dans son coin à coups de tweets et d’interviews depuis l’annonce de sa non-sélection. On aura peur pour Petkovic et la Nati, en danger dès demain face à l’Albanie, et jamais à l’abri d’une mauvaise plaisanterie de départ. Les médias, surtout les télés, sortiront les grands moyens, dispositifs spéciaux, envoyés pas très spéciaux, commentateurs réalistes. On exhumera les analystes, les donneurs d’avis tout faits, les spécialistes, les experts, les invités décalés. On se clashera sur Twitter, partout ailleurs chacun se prendra pour un sélectionneur, si possible entre deux bières, on fera des paris perdus d’avance, on paninisera, on ressortira quelques clichés – une femme ne comprend rien au hors-jeu, en voilà un. Il y aura des penalty inexistants, des hors-jeu plus que litigieux, des sanctions injustes, des arrêts de jeu trop longs, des arbitres dégueulasses, des cartons jaune et rouge qui se perdent, et heureusement, des scénarios qui modifient le cours du match et son scénario, jamais écrit d’avance. Il y aura des blessés. Des forfaits. Des expulsions. Des grandes et petites équipes, l’Allemagne certainement au bout, l’Italie on ne sait pas, la Belgique en embuscade, la France, elle, s’y voit déjà. Bon, on ne s'emballe pas, vingt autres nations sont en lice.

Il sera question de sécurité, de risques d’attentats, mais aussi d’affrontements entre supporters lors des matchs classés à haut risque – dès demain soir, suivez mon regard, avec un Angleterre-Russie qui donne déjà des sueurs froides. Tout le monde ne parlera que de foot et ceux qui n’aiment pas (ils ont déjà prévenus, voire menacés d’unfollow) le feront aussi savoir, ne serait-ce que pour exister au cœur de la gloutonnerie de l’événement. Dès aujourd’hui, mon blog bascule lui aussi du côté obscur de la force pour se consacrer, sous une forme qui se définira en cours de route, à cet Euro 2016. Il n’y aura pas de réalisme, j’ai horreur de ça, mais de la partialité. Allez, rien n’est encore écrit. On se retrouve après France-Roumanie.

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12/10/2015

Estonie - Suisse : l'autogoal qui sauve l'honneur

hitz.jpegRien à perdre, rien à gagner. Une qualification déjà acquise par la Suisse depuis vendredi soir. Des chances de décrocher une troisième place de barragiste quasi nulles pour l'Estonie, qui pour cela aurait dû battre la Suisse avec un large score et compter sur une défaite de la Slovénie contre Saint-Marin (finalement battu 0 à 2) dans l'un des deux autre matches du groupe E. A l'arrivée, cela donne un piètre spectacle. Une domination suisse, quelques frayeurs estoniennes, et in fine un autogoal qui sauve l'honneur de la Nati sur une belle action d'Embolo dans les arrêts de jeu. A l'aller, le 27 mars 2015, la Suisse à domicile avait battu l'Estonie 3 à 0. Sans enjeux, elle devait ce soir assurer le minimum face à une Estonie qui n'avait que de maigres espoirs auxquels se raccrocher. Quelques actions dangereuses ont permis au portier suisse, Marwin Hitz (photo), qui joue d'ordinaire en Bundesliga pour le FC Augsbourg, de tranquilliser ses coéquipiers pour sa deuxième sélection en équipe nationale. Dans le froid rigoureux de Tallinn - je n'y étais pas, mais la buée sortant de la bouche des joueurs sur le terrain est un indicateur hygrométrique tout à fait fiable -, les Suisses furent sans génie, produisant un jeu plutôt convenu, la tête sans doute déjà tournée vers la suite de leur campagne pour l'Euro 2016. Deux matches amicaux sont déjà planifiés en novembre. La synthèse de tous ces paramètres et les constats qui s'ensuivent - 21 points au classement final, une deuxième place qualificative relativement logique, mais une ultime rencontre passablement ennuyeuse - sont-ils rassurants (et je vois déjà venir les commentaires des journalistes spécialisés)? Oui et non. Nous serons à l'Euro, mais en produisant le type de jeu qu'on a pu voir ce soir à Tallinn, nous aurons sans doute de la peine à passer le premier tour. Mais attendons le 12 décembre et le tirage au sort pour connaître le nom de nos adversaires en 2016 et imaginer de futures hypothèses.

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