20/12/2014

"Ma jeunesse fout l'camp"


Dans le fourbi itératif des news de fin d'année, le décès de Guy Bontempelli est quelque peu passé inaperçu. Cet auteur compositeur interprète eut pourtant son importance dans l'histoire de la chanson française. Si ses disques - et il y en eut un certain nombre - n'eurent qu'un succès dit d'estime, il connaîtra la notoriété via quelques compositions reprises par d'autres interprètes. L'une des plus célèbres, la superbe Ma jeunesse fout l'camp, sera immortalisée en 1967 par Françoise Hardy (lien vidéo ci-dessus) sur son septième album et sur un EP 4 titres sorti juste avant. La chanson avait cependant déjà été enregistrée, au début des années 60 et avec beaucoup moins de succès, par Jean-Claude Pascal et Michèle Arnaud (liens vidéo ci-dessous).



Son auteur finira lui aussi par l'interpréter sur un album paru en 1968 (lien vidéo ci-dessous). Il doit sans doute en exister d'autres versions, peut-être même dans d'autres langues.


Né en 1940 à Champigny-sur-Marne, Guy Bontempelli s'était lancé dans la chanson en 1965. Au fil des années, il écrira pour Juliette Gréco, Dalida, Nicoletta, Brigitte Bardot, Patachou, Michèle Arnaud, Jean-Claude Pascal, Catherine Sauvage, Mireille Mathieu, Nana Mouskouri, Richard Anthony, Charles Aznavour ou Stone et Charden. Sans omettre quelques interprètes moins connues telles Bee Michelin, Noëlle Cordier ou la délicieuse Christine Delaroche, qui fut d'ailleurs son épouse. Parfois producteur d'émissions de télévision, Guy Bontempelli n'avait plus rien enregistré depuis 1983. Il est décédé le 16 décembre 2014.

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28/11/2014

Non, Erick Bamy ne fit pas que doubler Johnny!

bamy.jpg"La doublure d'une légende est morte", titre l'AFP aujourd'hui, réduisant une fois de plus une nouvelle à sa composante la plus connue, ou la plus porteuse, c'est selon. Le 45 tours 17 cm ci-dessus est paru chez Vogue en 1967, il s'agit d'un EP (pour "extended play") et accessoirement d'un collector. Son chanteur y fume une cigarette - c'était courant à l'époque - et on aperçoit un gros spot en haut à droite. C'est aussi le premier enregistrement d'un certain Erick Bamy qui, comme nous l'apprend le verso (photo ci-contre), est Guadeloupéen d'origine et compte devenir le seul chanteur de rhythm & blues français. bamyverso.jpgLe disque fut un échec (d'où sa rareté) mais la carrière de son jeune interprète n'allait pas s'arrêter là. Né en 1949, Erick Bamy fera même une douzaine d'autres disques entre 1973 et 1992, dont au moins un sous son vrai nom d'Eric Stevens. En 1975, Lee Hallyday, directeur artistique de Johnny, l'engage comme choriste de la star. Leur collaboration durera jusqu'en 2000. Bamy ne disparaît pas pour autant, enregistre à nouveau plusieurs disques et fera même une réapparition inattendue en 2010 dans l'émission La France a un incroyable talent, dont voici un extrait:


Deux ans plus tard, il empochera encore un disque d'or, puis un disque de platine, pour l'album Les Soul Men, qu'il enregistre en compagnie de Vigon (autre rescapé des 60's ayant effectué un come back inespéré dans la première saison de The Voice) et de Jay, ancien leader des Poetic Lovers. Le trio s'appellait simplement Vigon Bamy Jay.

Erick Bamy est décédé le 27 novembre 2014 à l'âge de 65 ans, suite à une maladie foudroyante.

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21/11/2014

Quand Mike Nichols débutait, face à une Liz Taylor déchaînée

whos-afraid-of-virginia-woolf.jpgElizabeth Taylor vociférant devant un Richard Burton indifférent, possiblement exaspéré. Un couple mythique qui se déchire devant la caméra. Celui qui a mis en scène ce plan nous a quittés mercredi. Mike Nichols avait 83 ans et Qui a peur de Virginia Woolf? (Who's Afraid of Virginia Woolf?), réalisé en 1966, d'après la célèbre pièce homonyme d'Edward Albee, marquait ses débuts au cinéma. L'année suivante, il signera Le Lauréat (The Graduate), qui lui assurera gloire et honneurs. Mais revenons à ce premier film, projet totalement casse-gueule sur lequel n'importe quel tâcheron se serait brisé les dents et grillé définitivement aux yeux de la profession. Pas Mike Nichols. Il assure, comme on dit. Devant sa caméra, il doit diriger deux monstres sacrés en crise. Voilà qui tombe à pic, les deux personnages de la pièce/du film passent leur temps à se déchirer et à avaler whisky sur whisky.

Scène de ménage en huis-clos, Qui a peur de Virginia Woolf? est sans doute, avec Reflets dans un oeil d'or de Huston et les deux Losey tournés en 1968, Boom! et Cérémonie secrète, l'un des derniers grands rôles de Liz Taylor. Démente, surréelle, géniale, elle abolit les frontières entre réalité et fiction, comme si l'écran devenait le miroir grossissant de ses démons intérieurs. Elle obtient du reste l'Oscar pour ce rôle. Logique! En face d'elle, il faut imaginer ce cinéaste débutant, certes déjà connu pour ses mises en scène de théâtre, mais sans doute un peu gauche, peut-être impressionné par tout ce qui se joue devant lui. Il n'en paraîtra jamais rien. C'est en 2007 qu'il a signé son ultime film, La Guerre selon Charlie Wilson (Charlie Wilson's War). Une histoire de conflit, là encore. RIP.

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