06/01/2016

Silvana Pampanini, la "Belle de Rome", n'est plus

pampanini.jpgDans l'immédiat après-guerre, elle fut l'une des étoiles du cinéma italien. Juste avant que Sophia ou Gina ne s'imposent et envahissent à leur tour les écrans. Silvana Pampanini, Miss Italie en 1946, avait fait ses débuts sur pellicule dans la foulée, dans des films dont on ne sait quasiment rien, comédies musicales ou comédies tout court tombées dans l'oubli. Sa filmographie fut prolifique mais modeste en titres importants. On la vit dans un Zampa (Les Coupables en 1952), un Comencini (La Belle de Rome en 1955), chez Carmine Gallone, Giuseppe De Santis, Mario Mattoli, Carlo Ludovico Bragaglia, Steno, Pietro Francisci, Mario Soldati, Pietro Germi, Giorgio Simonelli, et autres artisans d'un cinéma transalpin qui vaut souvent mieux que les rivages populaires dans lesquelles l'histoire l'a ensuite confiné. Vedette importante des années 50, surnommée Nini Pampan (sic) en France, Silvana Pampanini eut aussi les photographes, qu'on n'appelait pas encore paparazzi, aux trousses. Ses idylles avec le prince Ahmad Shah Zaher, puis avec le roi Farouk, occupèrent quelques unes des hebdomadaires de l'époque. Jean Gabin, Marcello Mastroianni, Buster Keaton et Totò furent aussi ses partenaires, mais uniquement à l'écran. Puis un jour, tout s'arrêta. A la fin des années 50, Silvana Pampanini décide d'arrêter le cinéma. Pour faire autre chose. Un peu de radio, un peu de télévision, beaucoup de mondanités. Dès 1966, elle ne s'occupe plus que de ses parents. Et cela jusqu'à leur mort. Nommée grand officier de l'Ordre du Mérite de la république italienne en 2003, Silvana Pampanini est décédée le 6 janvier à Rome, dans le quartier où elle était née. Elle avait 90 ans.

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05/01/2016

Vilmos Zsigmond, extinction des feux

blow-out_02.jpgCe plan de Blow Out de Brian De Palma est une merveille. Netteté de l’image, malgré la distance séparant le hibou au premier plan de John Travolta au fond, malgré l’obscurité qui écrase tout mais laisse échapper ces éclairages permettant de parfaitement saisir les contours de ce qu’on voit. Le concret et l’abstrait fusionnent ici avec une habileté diabolique. Les regards – animal, humain – s’excluent sans s’opposer, convergeant vers un point hors-champ qui pourtant ne saurait être le même pour les deux. Le hibou voit la nuit, l’homme ne le peut pas. Composante fictionnelle opaque que la scène parvient à traduire, donnant à cette situation d’apparence incongrue (Travolta y capte en réalité du son, ce qu’on peut aisément remarquer) des fulgurances poétiques inattendues. Loin de se suffire à elle-même, la beauté suggère ici de l’émotion, à la manière de certains tableaux.

Ce plan de Blow Out est l’œuvre d’un chef-opérateur hors du commun, Vilmos Zsigmond. Il avait travaillé avec les plus grands : Spielberg, Altman, Cimino, Woody Allen, Jerry Schatzberg. On lui doit la lumière de Voyage au bout de l’enfer, Heaven’s Gate, Rencontres du troisième type (qui lui valut un Oscar), Délivrance de Boorman, Crossing Guard de Sean Penn, au hasard d’une filmographie regroupant quatre fois plus de titres, presque tous aussi importants. Zsigmond, d’origine hongroise, avait travaillé avec la plupart des auteurs de ce qu’on nomme le Nouvel Hollywood. zsigmond-06.jpgNé le 16 juin 1930 à Szeged (Hongrie), il est décédé le 1er janvier 2016 à Big Sur, en Californie, là où il avait élu domicile. Son décès a été peu relayé dans les médias (mais énormément sur les réseaux). Il est vrai que les chefs opérateurs n’ont pas bonne presse. Ils n’ont même pas presse du tout. Ce sont des maîtres de la lumière mais des hommes de l’ombre. Vilmos Zsigmond était un géant. L’un des plus grands chef op de tous les temps. RIP.

 

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04/01/2016

Michel Galabru, le dernier des Gendarmes

gendarme.jpgLe 9 septembre 1964, Le Gendarme de Saint-Tropez sort dans toute la France. Pourquoi juste à la fin de l’été ? Pour des questions de planning essentiellement. Tourné en juin et juillet de la même année, puis monté/mixé dans la foulée, probablement chronomètre en mains, le film sort des laboratoires quelques jours avant son arrivée dans les salles. Raymond Lefebvre compose la musique dans l’urgence. Dès sa sortie, le film, ignoré par les pisse-froids détenteurs de la doxa, se hisse au sommet du box-office. Il attirera près de 8 millions de spectateurs. C’est le plus gros succès de l’année. L’équipe des gendarmes est alors composée de six comédiens : Louis de Funès (1914 – 1983), Jean Lefebvre (1919 – 2004), Christian Marin (1929 – 2012), Guy Grosso (1933 – 2001), Michel Modo (1937 – 2008), et bien sûr Michel Galabru, qui survécut à tous ses partenaires. A l’origine, il ne devait pas faire le film. C’est Pierre Mondy qui avait été pressenti. Mais retenu au théâtre, il doit décliner l’offre. C’est donc Galabru qui va endosser l’uniforme de l’adjudant Gerber aux yeux d’un public qui l’adopte immédiatement. Bien sûr, il s’est illustré dans plus de deux cents autres films. Du meilleur – Le Juge et l’assassin de Tavernier en 1976 – au pire que je ne citerai pas, parce que même le pire des nanars contient toujours une scène ou un plan qui méritent d’être sauvés. Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault n’est d’ailleurs pas un chef d’œuvre non plus. Mais qu'importe. On n’en demande pas tant aux grands succès populaires. Michel Galabru nous a quittés le 4 janvier 2016 à Paris. Il avait 93 ans.

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