15/01/2015

"Terre battue", du tennis, des défaites et de la vie

terrebattue.jpgUn sol de couleur ocre, une ombre portée. Une image qui suffit à définir l'endroit où nous sommes. Sur un terrain (ou court) de tennis. Mais autant le dire tout de suite, cette image stylisée n'est pas révélatrice du film. Terre battue parle certes de tennis, via le jeune Ugo, qui brille dans cette discipline et que son père soutient, mais il parle surtout des déceptions. De l'échec, de la défaite, des erreurs et des pertes. De tout ce qui concerne chacun, en somme.

Il y a des films dont on parle moins que d'autres. Il sera (et fut) moins question dans les médias de Terre battue que du Hobbit 3 ou d'Exodus, pour ne citer que deux titres qui, sauf accident, ne seront jamais abordés dans mon blog. Terre battue de Stéphane Demoustier est un film "du milieu", pour reprendre la définition qu'entérinait  Pascale Ferran dans son discours pour les intermittents durant la cérémonie des César 2007. "Du milieu", c'est-à-dire de nulle part, au fond.

Ni produit commercial, ni film d'auteur radical, il raconte une histoire assez simple, dans un style vaguement naturaliste (mais sans excès) et avec une sorte de bienveillance pas si courante dans la production française actuelle, décidément terriblement corsetée entre la comédie gauloise et les drames pour bobos gâtés. Terre battue est de ces films qui risquent de passer inaperçus et d'attirer peu de monde. Pourtant, il contient une part de rêve et quelques belles séquences, dont une où il est question d'empoisonnement commis par un jeune garçon. Tout cela ne vaut-il pas un ticket de cinéma?

Terre battue est actuellement à l'affiche en salles.

21:32 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |