28/01/2016

Un amas d'étoiles et un système stellaire inédit: images surprises de notre galaxie

trumpler.jpgLa NASA a dévoilé cette semaine un beau cliché de Trumpler 14, amas d’étoiles situé à environ 8000 années-lumière de la terre, ce qui est très loin. Il ne s’agit pas d’un instantané pris en une fois, mais bien sûr de différentes images captées par le télescope spatial Hubble depuis 2005 qu’on a superposées. Trumpler 14 aurait à peu près 500 000 ans, ce qui est jeune. Il se trouve dans la nébuleuse de la Carène, l’une des régions les plus lumineuses de notre Voie lactée.

giant-star-system-3.jpgPlus surprenant, la découverte d’une probable exoplanète, 2MASS J2 126-8140 (vue d'artiste ci-dessus), située à 80 années lumières de la Terre, ce qui est loin, dans la constellation de l’Octant. Rien n’exclut qu’il s’agisse en réalité d’une naine brune, c’est-à-dire un objet insuffisamment massif pour être une étoile et trop massif pour s’assimiler à une planète géante. Le plus étonnant, c’est que non loin d’elle, une naine rouge l’accompagne, TYC 9486-927-1. Non loin, façon de parler, puisque mille milliards de kilomètres les séparent. La révolution de 2MASS J2 126-8140 autour de TYC 9486-927-1 dure ainsi un million d’années. Ce qui en fait le système stellaire le plus large qu’on ait jamais observé. Et démontre une fois encore que notre système solaire ne semble pas être un modèle régulier dans la galaxie, voire dans l’univers. J’y reviendrai une autre fois.

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22/01/2016

Le système solaire compte-t-il vraiment une neuvième planète? Relativisons !

planetes.jpgA force de scruter les cieux, on finit par y trouver quelque chose. Les huit planètes et les cinq planètes naines de notre système solaire, ci-dessus reproduites à peu près à la bonne échelle, ne seraient pas seules. Au-delà de Pluton, qui a perdu son statut de planète depuis 2006, au-delà de Neptune, il existe une zone composée de plus petits corps célestes. Zone vingt fois plus large et beaucoup plus massive que la ceinture d’astéroïdes, et désignée sous le nom de ceinture de Kuiper. Celle-ci recèle encore quelques mystères. Dont celui-ci. Les scientifiques ont observé que certaines de ces planètes naines fort lointaines décrivent des orbites similaires, appelées elliptiques du fait de leurs formes ovales. Plus singulier, ces orbites se trouvent toutes presque dans le même plan (reproduction ci-dessous), ce qui est hautement improbable (probabilité de 0,007%).

planete2.jpgLa présence d’une planète à leur proximité expliquerait alors pourquoi ces orbites sont presque les mêmes. Un corps massif suffirait en effet à influencer sur leur gravitation. D’où l’hypothèse formulée ces jours par Mike Brown et Konstantin Batygin du California Institute of Technology, qui stipule la présence d’une planète suffisamment massive, dix fois plus que la terre au moins et vraisemblablement gazeuse, pour expliquer ces influences gravitationnelles. Pour l’instant, l’hypothèse est purement mathématique. Car bien sûr, «on» n’a rien vu. Située à une distance entre 30 et 180 milliards de kilomètres du soleil, elle ne réfléchirait pratiquement pas sa lumière. De plus, elle mettrait entre 10 000 et 20 000 ans pour achever sa révolution autour du soleil.

Donc si cette planète X existe bel et bien, et si on parvient à la voir (quelques pixels suffiraient à notre bonheur) avec un télescope, par exemple avec celui de James Webb, qui devrait être opérationnel dès 2018, on pourra alors décider d’y envoyer une sonde comme New Horizons, qui nous envoie régulièrement de somptueux clichés de Pluton. En supposant que la sonde puisse être lancée en 2028 (il faut environ dix ans pour mettre sur pied une mission de ce type), que celle-ci voyage à la vitesse de 17 km/s, tout comme Voyager 1 - et cette vitesse est maximale -, elle l’atteindrait après un voyage d’environ 57 ans. Soit en 2073. Voire plus. Car si la planète X poursuit sa révolution autour du soleil, le voyage pourrait durer jusqu’à 343 ans (du moins si la planète se trouve alors au point le plus éloigné du soleil). Soit jusqu’en 2371. Le pire, c’est que notre sonde serait encore bien loin d’atteindre les confins du système solaire, bien plus éloignés, à une distance de 9460 milliards de kilomètres. Mais après tout, on a bien attendu 85 ans entre la découverte de Pluton et les premiers clichés pris de sa surface.

Cela dit, l’hypothèse d’une neuvième planète dans notre système solaire n’est pas nouvelle. Seule la démonstration de son hypothétique existence est aujourd’hui plus solide. Souvenons-nous de Nibiru, la Planète X qui était censée passer au voisinage de la terre tous les 3600 ans et y entraîner des catastrophes en chaîne. L’évocation de son nom avait resurgi lors de la «fin du monde» de 2012 avant que la NASA, sortant de sa réserve, n’infirme son existence. Rien n’interdit de penser que la neuvième planète subisse le même sort et s’avère in fine aussi introuvable qu’inexistante. Bref, on va patienter en attendant d’en savoir plus.

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21/01/2016

Découverte d'un nouveau nombre premier de Mersenne: qui dit mieux?

mersenne.jpgEn 1949, ce tank préhistorique traquait déjà les nombres premiers de Mersenne. En a–t-il trouvé ? Pas vraiment, et vu leur rareté, ce n’est guère étonnant. Mais l’algorithme nécessaire pour cette recherche fonctionnait parfaitement. On va un peu plus vite aujourd’hui, mais il a quand même fallu 31 jours à différents ordinateurs pour valider la découverte, ce 7 janvier, d’un nouveau nombre de Mersenne, qui est aussi désormais le plus grand nombre premier connu. Il s’agit de 274207281 – 1. Il est composé de 22 millions 338 618 chiffres. Il s’agit du 49e premier de Mersenne trouvé à ce jour (un classement provisoire, rien n’indique en effet qu’il n’en existe pas de plus petits qui n’aient pas encore été découverts). Et même si les grands premiers s’avèrent utiles en cryptographie, celui-ci est trop énorme pour avoir une quelconque utilité. Jusqu’alors, le plus grand premier de Mersenne, découvert en janvier 2013, totalisait 17 millions de chiffres et des poussières.

Rappelons qu’un premier de Mersenne est un nombre de la forme 2p – 1 dans lequel p est lui aussi premier. C’est le scientifique français Marin Mersenne (1588 – 1648, photo) Marin_mersenne.jpgqui fut le premier à en fournir une liste presque exacte, à quelques omissions près. Depuis, les nombres de Mersenne font l’objet de recherches approfondies en théorie des nombres. Je leur avais déjà consacré un billet détaillé qu’on peut consulter en cliquant ici. Rappelons encore que chaque premier de Mersenne engendre à son tour un nombre parfait, c’est-à-dire un nombre égal à la somme de ses diviseurs propres. En effet, selon différents travaux entrepris notamment par le Suisse Euler (1707 – 1783), on sait que si 2p – 1 est premier, alors 2p-1 x (2p – 1) est parfait. Par conséquent, 274207280 x (274207281 – 1) est le plus grand nombre parfait connu à ce jour.

Mais peut-on encore aller plus loin ? Oui, vu l’infinitude des nombres premiers. En d’autres termes, le challenge est désormais de battre ce nouveau nombre obtenu, tout comme le précédent en 2013, par le professeur Curtis Cooper de l’Université du Missouri – il avait du reste déjà battu deux records dans ce domaine en 2005 et 2006 - via son logiciel relié à la plateforme du GIMPS (Great Internet Mersenne Prime Search), installé depuis plusieurs années et pour lequel 150 000 ordinateurs sont déjà connectés. En effet, ce logiciel créé il y a vingt ans, et grâce auquel on a pu découvrir les 15 plus grands premiers de Mersenne, est téléchargeable par n’importe quels volontaires. L’objectif consiste à présent à trouver un nombre premier de plus de cent millions de chiffres. L'Electronic Frontier Foundation promet d'ailleurs une récompense de 150 000 $ à celui ou celle qui y parviendrait. Chiche ?

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