06/05/2016

Les trous noirs conduisent-ils vers d'autres univers?

trounoir.jpgIl y a un peu moins d’un mois, le 18 avril, Stephen Hawking a donné une conférence à Harvard. Il a émis quelques hypothèses loin d’être inintéressantes sur les trous noirs, ces astres d’une densité extrême qui résultent de l’effondrement gravitationnel d’une étoile massive. La preuve de l’existence concrète de ces mystérieux objets engloutissant tout ce qui les approche, y compris la lumière, a été établie en février dernier, suite à l’enregistrement de l’explosion de deux d’entre eux, explosion survenue il y a environ 1,3 milliard d’années. Rappelons brièvement que cet enregistrement a permis d’observer ces ondes gravitationnelles prédites par la théorie de la relativité d’Einstein et accréditant le modèle d’espace-temps courbe constitutif de notre univers. Selon Hawking, dans un mouvement théorique parfois évoqué en science-fiction, il n’est pas exclu que les trous noirs aient une porte de sortie conduisant à un autre univers. Selon la relativité, la matière engloutie par et dans un trou noir est tout simplement détruite. Problème, cette hypothèse viole les lois de la mécanique quantique, selon laquelle aucune matière ne devrait disparaître complètement.

Dès lors, rien n’exclut que les trous noirs, qui émettent, selon une hypothèse formulée par Hawking en 1974, des radiations (associées à une perte de masse), ne conduisent vers autre chose lorsqu’on en sort. Et pourquoi pas vers un autre univers, ce qui nous fait retrouver là cette séduisante théorie des multivers parfois émise par la communauté scientifique. Grâce à l’accélérateur de particules du CERN, il sera peut-être possible de créer de minuscules trous noirs pour tenter d’en savoir plus. Certains trous noirs de laboratoires émettent en effet une énergie qui pourrait justement être l’équivalent des radiations de Hawking. Des expériences menées récemment à l’Université d’Haïfa en Israël l’ont d’ailleurs en partie prouvé, et leurs résultats sont en attente de confirmation.

Par ailleurs, Hawking a rappelé son soutien envers une équipe envisageant d’envoyer de minuscules vaisseaux – de la taille d’un iPhone - vers Alpha du Centaure, l’étoile la plus proche de notre soleil (un peu plus de 4 années lumière), et de les propulser avec des lasers puissants qui leur permettraient d’accélérer jusqu’à atteindre le cinquième de la vitesse de la lumière. Dès lors, le voyage serait très court et ne durerait qu’une vingtaine d’années. Tout cela dans l’espoir de découvrir, au voisinage d’Alpha du Centaure, des planètes semblables à la nôtre et éventuellement habitables. Trous noirs, planètes habitables ? L’univers se dévoile petit à petit.

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04/05/2016

Le 9 mai, ne vous brûlez pas les yeux pour observer Mercure

mercure.jpgMercure sera visible depuis la Terre le 9 mai et le phénomène est rare. Comme on le devine sur cette vue d’artiste ci-dessus (pas tout à fait à l’échelle), cette planète est à la fois la moins massive du système solaire et la plus proche du soleil. Le 9 mai, l’alignement entre Terre, soleil et Mercure sera parfait. Donc cette dernière sera observable, moyennant un équipement adéquat et à condition que le ciel ne soit pas trop nuageux, durant quelques heures lundi. Soit de 13 heures 12 à 20 heures 42 dans notre zone terrestre. Un tel alignement ne se produit que treize ou quatorze fois tous les cent ans. Il aura à nouveau lieu en novembre 2019 (le 11), puis le 13 novembre 2032, le 7 novembre 2039 et le 7 mai 2049. Mais ne tentez pas de l’observer sans protection, il vous en coûterait la vue lors du transit de la planète devant le soleil. La Société astronomique de Genève s’associe au Musée d’Histoire des Sciences, comme toujours dans ce type d’événements, afin de proposer une observation publique du phénomène. Ce sera à la Perle du Lac, sur le site du musée, et des instruments seront mis à la disposition du public.

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02/05/2016

Trois planètes potentiellement habitables ont été découvertes

trappist.jpegDepuis que les exoplanètes ont surgi du néant interstellaire, c’est-à-dire depuis que la communauté scientifique en a découvert une, puis deux, puis des centaines, et qu’elle s’est mise à les rechercher, à les inventorier, à les traquer et à les classer, le problème de leur habitabilité se pose. Pour qu’elles soient supposément habitables, ces exoplanètes doivent répondre à différents critères et présenter quelques similitudes avec la Terre, ne serait-ce que par leur proximité avec une étoile du type soleil. Ensuite, c’est affaire de statistiques et de probabilités, comme lorsqu’on se met à théoriser sur la possibilité de vie ailleurs dans l’univers, à coups d’équation de Drake ou de paradoxe de Fermi, sans vraiment répondre à une question dont la réponse n’est certainement pas négative. Chaque mois, la liste des exoplanètes s’enrichit. Une dépêche publiée ce 2 mai dans la toujours féconde revue Nature fait état de la découverte de trois planètes «potentiellement habitables». Selon des chercheurs belges, elles offrent la possibilité d’y trouver des traces chimiques de vie, en dehors du système solaire, cela va sans dire.

Elles se trouvent toutes trois en orbite autour d’une petite étoile, une naine ultra-froide baptisée TRAPPIST-1 (une vue d’artiste ci-dessus donne son échelle par rapport au soleil), située à environ 40 années-lumière de la terre, c’est-à-dire bien plus près que Kepler-452b, exoplanète la plus similaire à la Terre qu’on ait observé jusqu’alors. Cela dit, n’espérez pas qu’une sonde s’y pose un jour, il faudrait pour cela plusieurs milliers d’années terrestres. Mais cette proximité rend néanmoins ces trois planètes propices à des études atmosphériques détaillées susceptibles de nous en apprendre davantage. D’autant plus que la taille de ces trois exoplanètes est proche de celle de la Terre. Ce qui accrédite fortement leur degré d’habitabilité. Jusqu’alors, la quête d’exoplanètes dirigeait plutôt les scientifiques en direction d’étoiles plus massives, d’une taille comparable à celle du soleil. Les petites étoiles offrent donc un nouveau terrain de chasse, augmentant d’ailleurs les probabilités d’apparition de formes de vie ailleurs. D’ici cinq à dix ans, le télescope spatial James Webb, qui sera lancé en 2018, pourra sans doute nous en dire plus. On a hâte.

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