03/05/2016

Le Suisse Patrick Rouiller remporte la 12e saison de "Nouvelle Star"

patrick.jpgPour une fois, le chauvinisme n’était pas nécessaire. Le Suisse Patrick Rouiller était clairement le meilleur candidat de cette douzième (et probablement dernière, audiences oblige) saison de Nouvelle Star. Qualités d’interprète, subtil et intense - on se souvient de sa reprise bouleversante de Ces petits riens de Gainsbourg lors des épreuves du théâtre (visible sur YouTube) -, justesse et humilité, sûreté et éclectisme. Il a donc remporté la finale de l’émission, éclipsant les deux autres finalistes, Manu et Mia, après avoir interprété impeccablement deux standards inchantables, Ne me quitte pas de Jacques Brel et Take Me Out des Franz Ferdinand, et une balade, Talk to Me de Yodelice. Comme toujours, Elodie Frégé était au bord des larmes lorsque son candidat favori chantait. Mais Patrick n’était pas tout à fait novice dans l’émission, et je lui avais même déjà consacré un billet le 26 décembre 2014 (on peut le retrouver ici). En effet, le jeune Fribourgeois – de La Glâne – s’était déjà présenté aux auditions de Nouvelle Star il y a une dizaine d’années. Sans succès. Puis une deuxième fois lors de la précédente saison. Mais, engagé à la Montreux Jazz Academy, il avait dû abandonner le télé-crochet lors des redoutables épreuves du théâtre. C’était pour mieux revenir cette année sur D8 et s’imposer comme l’un des talents les plus évidents de ces dernières saisons. Douzième gagnant de Nouvelle Star, Patrick Rouiller succède ainsi à Jonatan Cerrada, Steeve Estatof, Myriam Abel, Christophe Willem, Julien Doré, Amandine Bourgeois, Soan, Luce, Sophie-Tith, Mathieu Saïkaly et Emji. On attend l’album !

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11/01/2016

Bowie, ce corps qui venait d'ailleurs

bowie.jpgUne photogénie impeccable. Sans doute le plus bel extraterrestre que le cinéma ait jamais enfanté. Filmer quelqu’un, homme ou femme, l’éclairer, le mettre en scène, c’est d’abord faire le choix d’un corps, d’une enveloppe, d’une présence, voire d’une âme lorsque c’est possible. Dans The Man Who Fell to Earth (L’Homme qui venait d’ailleurs, 1976, de Nicolas Roeg), Bowie était ce corps. Cette présence au-delà du réel que son statut de rock star semblait contredire. Cette enveloppe qui allait s’incarner le temps d’un rôle qui serait boudé par son public. Le cinéma, il y reviendrait pourtant périodiquement. Officier prussien dans le maudit Just a Gigolo de David Hemmings. Vampire immortel dans le glacial Les Prédateurs de Tony Scott. Officier détenu dans un camp japonais en 1942 dans le radical Furyo d’Oshima. Roi des Gobelins dans le décoratif Labyrinthe de Jim Henson. Ponce Pilate dans le décrié La Dernière Tentation du Christ de Scorsese. Andy Warhol himself dans le respectueux Basquiat de Julian Schnabel. Aucun de ces choix n’a l’air innocent. Parmi la petite vingtaine de films qu’il ait accepté, David Bowie semblait toujours privilégier les rôles lui permettant d’investir d’autres identités, d’autres corps, d’autres ego. Au cinéma, il n’était surtout pas lui-même. Et en même temps, cette accumulation, ce travestissement, c’était lui aussi. Irréductible et paradoxal. Bowie apparaît pour la dernière fois dans un film en 2008. Dans Bandslam de Todd Graff, fiction musicale dont je n’ai aucun souvenir (et pour cause, ne l’ayant jamais vue). La bande-son inclut un standard du Velvet, Femme fatale, et l’un de ses tubes de 1974, Rebel Rebel. Dans ce film, il tient son propre rôle (probablement durant quelques minutes). Et sans le savoir encore, dit adieu au cinéma.

Pour tout le reste, je laisse la parole aux spécialistes musicaux.

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03/01/2016

Tout le monde aimait Michel Delpech


On a tous en nous quelque chose de Michel Delpech. La formule est bateau, elle n’en est pas moins vraie. Depuis l’annonce de son décès - peu surprenant, on le savait hélas condamné – samedi soir, les hommages pleuvent par centaines. Vieux et jeunes, connus et anonymes, classes populaires et intellos bobos, tous se réclament de Delpech. Même ceux, peu nombreux, qui ne l’aimaient pas, pauvres zélateurs de ce bon goût qu’ils pensaient le leur. Kyrielle de tubes, refrains enchâssés dans les mémoires, faces B fécondes, extraits d’émissions des années 70 – Guy Lux, Danièle Gilbert, les Carpentier -, pseudo clips aux effets d’incrustations approximatifs (but who cares ?), souvenirs de routes départementales, boueuses si affinités, de brumes matinales, de départs vers l’inconnu (tel ce Jean-Pierre dans la chanson que j’ai choisie ci-dessus), de doubles consonnes féminines, Marianne ou Laurette, d’une France des seventies plus pop et plus marrante, peut-être parce que c’est celle qui accompagna, pour partie d’entre nous, nos adolescences. Qu’il soit heureux ou dépressif, au faîte du succès ou en train de s’éteindre (d’un cancer), Michel Delpech disait les choses. En chansons, dans des livres, en interviews. Il ne cachait rien, ni de son divorce éprouvant, ni de ses années d’excès – sexe, drogue et hit-parades -, ni de sa lutte contre le mal. Cette sincérité, c’est la clé de son œuvre. Le public, les gens, n’aiment pas qu’on leur mente. Delpech ne mentait pas. Il chantait Bombay, l’ile de Wight ou la France profonde, les rues ensoleillées ou les drames avec la même authenticité, la même ferveur, qu’on peut bien appeler populaire, tant le terme lui sied. Tout cela sur des mélodies que le temps n’a pas usées, même si les succès des premières années restent les plus forts, les plus persistants dans nos oreilles. Delpech, c’est un héritage de bonheur, de nostalgie – même s’il n’est nul besoin de la brandir – et de joies quotidiennes où parfois s’invitent quelques nuages plus sombres. Il en fut peu des chanteurs comme lui. Joe Dassin, certainement, pour n’en citer qu’un. Tout le monde aimait Michel Delpech. RIP.

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