Cinéma

  • GIFF 2019 - Xavier Dolan: "Jouer dans ton film? Tout dépend du rôle"

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    dolan.jpgAprès l'interview classique que j'ai faite avec Xavier Dolan, parue dans la TdG du 11 novembre, le jeune réalisateur québécois a accepté le principe d'une courte interview cash qu'il a d'ailleurs fort apprécié aussi, m'a-t-il fait savoir plus tard. Avec des questions qu'on ne lui avait sans doute jamais posé.


    En été 2018, tu as décidé de fermer ton compte Twitter à cause notamment des haters. Tu ne le regrettes pas?


    Non, aucun regret. Absolument aucun. J'en avais marre de perdre mon temps à répondre à des imbéciles. Je pense que je n'aurais pas dû être sur Twitter, à la base. L'erreur venait de là.


    Souvent, dans mes interviews cash, je demande à mes invités ce qui les énerve. Avec toi, je vais inverser. Qu'est-ce qui t'amuse dans la vie?


    De jouer à des jeux de société avec des amis. Au jeu du synopsis, par exemple. C'est un peu comme le jeu du dictionnaire. On a des titres de films et il faut inventer des synopsis. C'est extrêmement drôle.


    Et en interview?


    Dans les entretiens habituels, il est rare que je m'amuse. C'est l'interview cash donc je te réponds cash.


    J'ai un projet de docu-fiction dans lequel j'apparaîtrai. Serais-tu d'accord de jouer dedans?


    Tout dépend du projet et tout dépend du rôle.


    Le rôle de quelqu'un de très énervé. J'aime quand tu es en colère dans les films.


    Ecoute, on verra. Je ne peux pas te répondre comme ça.


    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Jan Kounen. Sa question: Qu'est-ce que tu penses de la VR? En as-tu fait ou en feras-tu?


    Alors ça m'intéresse, j'en ai déjà testé. Mais c'est très vertigineux pour moi. Trop vertigineux. L'espace dans lequel on est, je trouve cela perturbant. Je dirais même que ça me donne envie de vomir. Donc pour moi, il serait impossible d'en faire. Je n'aurais d'ailleurs pas envie de réaliser de VR.


    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?


    J'ai besoin de savoir qui ce sera, je ne peux pas poser une question comme ça en l'air.


    Mais je ne sais pas moi-même qui ce sera. C'est le but du jeu.


    Bon, ok. Quelle est ta saison préférée?

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  • GIFF 2019 - Jan Kounen: "Les mauvaises critiques de mes films, je les mets sur la jaquette des vidéo"

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    kounen.jpegAyahuasca - Kosmik Journey était l'une des VR du récent GIFF et l'une des plus sensationnelles, puisqu'elle nous immergeait dans un trip hallucinogène. Elle était signée par Jan Kounen, auteur de Dobermann en 1997 et de Coco Chanel et Igor Stravinsky en 2009. L'occasion idéale de le rencontrer et d'évoquer son passé et son futur en mode interview cash.


    Qu'est-ce qui t'a intéressé dans la VR, en dehors de l'expérimentation formelle que cela suppose?


    J'en ai vu et expérimenté toutes sortes et ça m'a fasciné. Comme on me l'a proposé, je me suis dit que ça valait le coup d'essayer. Avec l'espoir de retrouver cette sensation de vertige que j'ai parfois éprouvé au cinéma.


    En même temps, ton installation prolonge ta réflexion sur les substances psychotropes?


    Qui sont liées à la médecine indigène, oui. Ces recherches me préoccupent depuis au moins vingt ans. Mais c'est aussi un challenge pour un cinéaste.


    A quand un prochain long-métrage?


    Je suis actuellement en post-production pour un nouveau film. Qui sera classique et traditionnel. Il s'appelle Mon cousin et il y a François Damiens et Vincent Lindon dans les rôles principaux. Ce qui m'a plu dans ce projet, c'était de fabriquer un tandem. Tous deux n'avaient jamais tourné ensemble. Et je voulais voir Lindon dans une comédie enlevée. Là, il va jouer exactement ce qu'il combat dans les films de Stéphane Brizé.


    J'ai lu ici et là que depuis le sketch des Infidèles que tu as tourné avec Jean Dujardin, vous êtes les deux fâchés. Est-ce vrai?


    Pas du tout. A peine un petit froid en 2007. On s'était d'ailleurs bien amusé sur 99 francs.


    Dans quelle veine ou mouvance te situes-tu?


    Celle de l'électisme. J'essaie de faire des films différents, je n'ai pas de genre de prédilection. J'aimerais bien tourner un film de SF. En tout cas travailler sur le temps, le futur. Cela nécessite de gros budgets, donc cela augmente la pression sur les épaules. Mais Claire Denis l'a fait, Denis Villeneuve aussi. Preuve qu'on peut y arriver.


    Par le passé, certains de tes films ont eu de mauvaises critiques. Comment réagissais-tu?


    Cela fait partie du jeu, mais cela peut toucher. Parfois, je mets les mauvaises critiques sur les jaquettes vidéo de mes films.


    A présent, une question posée par ma précédente invitée, sans savoir qu’elle s’adresserait à toi. Il s’agit de Hafsia Herzi. Sa question : Qu’est-ce que tu penses de la polémique autour du voile ?


    J'ai l'impression qu'elle a déjà eu lieu. Je crois que j'en ai trop entendu parler. Je ne la suis pas trop.


    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?


    Qu'est-ce que tu penses de la VR? En as-tu fait ou en feras-tu?

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  • GIFF 2019 – Hafsia Herzi : «La polémique autour de Kechiche, c’est n’importe quoi»

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    herzi.jpgElle aussi faisait partie du jury des longs-métrages au GIFF. Actrice et à présent réalisatrice, Hafsia Herzi, révélée par La Graine et le mulet de Kechiche en 2007, est une artiste complète. Et une jeune femme très accessible et souriante qui a immédiatement accepté le principe de mes interviews cash.

    Récemment à Cannes, à la «Semaine de la critique», tu as montré ta première réalisation, Tu mérites un amour, malheureusement pas achetée en Suisse. Pourquoi cette envie de passer derrière la caméra ?

    Parce que j’avais envie d’une évolution artistique. Cela me démange depuis mes débuts, depuis La Graine et le mulet. Ne plus dépendre uniquement du désir des autres, se battre pour son propre projet, c’est très différent. Réaliser, ça rend fort. Il faut avoir de l’organisation, y croire et être passionnée. Le bon retour critique que j’ai eu à Cannes me donne envie de continuer. L’expérience a été super à tous points de vue.

    A tes débuts, tu disais que tu n’avais jamais suivi de cours de comédie. J’imagine que c’était pareil pour la technique sur ton film.

    Oui, je l’ai un peu apprise sur le tas. Sinon, pas d’école de cinéma, rien. Je ne savais même pas avant ce qu’était un objectif. La curiosité m’a guidée. J’ai aussi beaucoup appris en tournant sur les films des autres, par exemple Kechiche.

    Tu es une battante ?

    Non. Je suis passionnée, déterminée, mais pas battante. A Cannes, j’ai proposé le film à toutes les sections. Je pense que la «Semaine de la critique», qui l’a accepté, porte chance.

    Quels sont tes critères d’acceptation et de refus pour les rôles que tu joues ?

    Je refuse les clichés. Pour le reste, je fonctionne aux coups de cœur. Evidemment, cela dépend aussi des réalisateurs. Pour les premiers films, je raisonne au feeling.

    A tes débuts, tu avais essayé de participer à Plus belle la vie ?

    Oui, car je suis de Marseille, là où se tourne la série. Je l’aime bien, il y a de bons acteurs dedans. Et puis, sa popularité signifie quelque chose. Elle vient d’ailleurs de fêter ses quinze ans.

    Durant le dernier Festival de Cannes, j’ai écrit un tweet très positif sur Mektoub My love : Intermezzo d’Abdellatif Kechiche, ce qui m’a valu d’être lynché sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que cela t’inspire ?

    Cette polémique, en tout cas, ne m’inspire pas. Elle n’a pas lieu d’être. C’est même n’importe quoi. Il faut entendre les concernés avant de critiquer un film. Aujourd’hui, on juge sans avoir vu. C’est comme ça sur Twitter, c’est comme ça dans la vie.

    Le film va-t-il finalement sortir ?

    Oui, en 2020. Je sais juste que Kechiche était encore en montage récemment.

    Et il y aura un troisième volet ?

    Oui, je confirme.

    Quelle question peut t’énerver ?

    Je n’aime pas quand on me demande si je suis bien intégrée en France. On me l’a souvent posée. Je suis Française, c’est tout. Ou lorsqu’on me demande comment mon entourage perçoit mes choix artistiques. Quel intérêt !

    A présent, une question posée par ma précédente invitée, sans savoir qu’elle s’adresserait à toi. Il s’agit de Clotilde Courau. Sa question : Est-ce que tu te nourris de la littérature dans ton métier ?

    Bien sûr, c’est très important. Et depuis toute petite. Ça me fait même rêver. La poésie, les pièces, les romans, tout. J’adore La Vie de Marianne de Marivaux. Mais aussi Genet, Tchekhov, Balzac, et tant d’autres. J’ai découvert la littérature à l’école. Depuis, je dévore.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Qu’est-ce que tu penses de la polémique autour du voile ?

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