02/04/2017

Ils nous ont quittés en février 2017

Seijun-Suzuki-2.jpg«Je fais des films qui n’ont pas de sens et ne rapportent pas d’argent», peut-on approximativement traduire de ce sous-titre lui-même déjà transcrit du japonais. C’est lors d’une interview que Seijun Suzuki fit cette déclaration qui évidemment résume son cinéma, mais suggère aussi un malaise de plus en plus palpable dans le monde du septième art, corollaire de cette rentabilité obligée (et pas seulement en termes d’argent) que les films doivent «aujourd’hui» posséder pour exister. La plupart des titres de Suzuki sont inconnus, y compris pour les plus cinéphages d’entre nous, et seule une poignée d’entre eux est visible (par opposition, les autres demeurent invisibles ou introuvables, ce qui n’est pas du tout la même chose). Je me souviens d’avoir découvert son chef d’œuvre, Zigeunerweisen, un soir des années 80 au Musée d’art et d’histoire, qui avait alors organisé, avec le concours du consulat japonais, une série de projections gratuites, et cela sans se croire obligé de se proclamer festival. Souvenir radieux et confus, forcément. De Suzuki, je ne savais alors rien. Vu la rareté sadique des diffusions des films du maître, le temps n’a hélas guère arrangé les choses. La Nikkatsu, qui produisit la plupart d’entre eux, possède-t-elle seulement les négatifs de tous ses premiers films ? Ou, à défaut, des positifs projetables ? Son rachat en 2005 par une entreprise qui se spécialisa dans la diffusion de contenus sur mobile avant de faire faillite puis d’être rachetée par un groupe, laisse malheureusement présager du pire.

Voici la liste des principaux disparus de février dans le domaine du cinéma et de la culture.

Richard HATCH, acteur américain (21 mai 1945 – 7 février 2017).

Al JARREAU, chanteur américain (12 mars 1940 – 12 février 2017).

Inge KELLER, actrice allemande (15 décembre 1923 – 6 février 2017).

Bill PAXTON, acteur et réalisateur américain (17 mai 1955 – 25 février 2017).

Peter SKELLERN, auteur compositeur britannique (14 mars 1947 – 17 février 2017).

Pasquale SQUITIERI, réalisateur italien (27 novembre 1938 – 18 février 2017).

Seijun SUZUKI, réalisateur japonais (24 mai 1923 – 13 février 2017).

Jiro TANIGUCHI, mangaka japonais (14 août 1947 – 11 février 2017).

Tzvetan TODOROV, sémiologue français (1er mars 1939 – 7 février 2017).

Luce VIGO, critique de cinéma française (30 juin 1931 – 12 février 2017).

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22/02/2017

La NASA annonce une découverte majeure

nasa2202.jpgComme souvent avec la NASA, l’effet d’annonce est spectaculaire. Il y a 24 heures, l’agence promettait la révélation d’une découverte majeure lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui. Premières traces de vie ? Contacts du second ou troisième type ? Pas encore. Il s’agit cette fois de la découverte – grâce à la méthode usuelle des transits (baisses de luminosité d’une étoile lorsqu’un objet de type exoplanète passe devant elle) - d’un système abritant sept planètes, plus ou moins toutes de la taille de la Terre, orbitant autour d’une étoile naine nommée TRAPPIST-1. Ces sept exoplanètes ont également une taille très proche, ce qui peut sembler inhabituel. Trois d’entre elles pourraient abriter des océans liquides, ce qui les rapprocheraient encore plus des conditions terrestres, favorables à l’éclosion de la vie.

En d’autres termes, ce système est une cible idéale pour rechercher d’éventuelles traces de vie ailleurs. «Le Graal pour les astronomes», selon la très sérieuse ESO. «Une des plus grandes découvertes dans le domaine des planètes extrasolaires», d’après Didier Queloz, de l’Université de Genève, par ailleurs coauteur de l’étude publiée dans Nature révélant cette annonce de taille. Quant à la distance entre notre globe et l'étoile naine, elle est de 40 années lumière seulement. Très peu, certes, mais tout de même trop loin pour espérer une exploration physique dans un avenir proche ou lointain (faites le calcul, les puissances de dix ne vous décevront pas). Grâce au télescope spatial que lancera la NASA en 2018, le James Webb, les investigations pourront être plus poussées. Avec à la clé d’autres découvertes sans doute tout aussi majeures.

21:26 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (41) | |  Facebook | | | |

18/02/2017

Berlin 2017: le retour d'un Ours d'or et de Wolverine

ana.jpgEn 2013, Calin Peter Netzer, cinéaste roumain, recevait l'Ours d'or pour Mère et fils, créant une sorte de surprise dans une Berlinale dont le souvenir demeure nébuleux. Il est de retour cette année avec Ana, mon amour, film d'amour âpre et tendu, composé d'une majorité de gros plans - on pense au Bergman de Scènes de la vie conjugale -, et emmené par deux comédiens, Mircea Postelnicu et Diana Cavallioti, qu'on se réjouit de revoir ailleurs. Seul défaut, le film traîne un peu en longueur et demanderait à être plus resserré. Mais sa structure narrative, avec un éclatement de la temporalité et des chronologies usuelles, fait du bien à un récit qui ne peut dès lors plus se contenter de jouer sur des ressorts diégétiques convenus.


logan.jpgPour Hugh Jackman, en revanche, la fatigue se fait sentir, au propre comme au figuré. Troisième et probablement dernier volet de la saga Wolverine, Jackman ayant déja fait savoir qu'il n'apparaîtrait plus dans ce rôle, Logan se déroule en 2029, et Wolverine, Logan pour le civil, jouit désormais d'une retraite dont le scénario va le faire sortir. James Mangold, qui joue la carte du film d'action et de super-héros standard, paraît s'accomplir de sa tâche avec un savoir-faire routinier dont il n'y a rien à penser. Devant sa caméra, comédiens et doublures font ce qu'ils peuvent, avec mention insuffisante pour la jeune Dafne Keen, fille de Logan, catapultée ici par on ne sait quel incompétent directeur de casting. La gamine doit au bas mot posséder une expression et demi. Nettement moins intéressant et distrayant que les deux premiers volets. Il s'agit du dixième volet de la franchise X-Men. Mais pas du dernier.

17:49 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |